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Et si la décennie perdue lors de la crise avait pulvérisé le potentiel de croissance économique des pays développés

Publié le 18 Avril 2016, 14:02pm

Catégories : #ECONOMIE

Et si la décennie perdue lors de la crise avait pulvérisé le potentiel de croissance économique des pays développés

Olivier Blanchard avait proposé il y a quelques années de passer à un objectif d’inflation temporairement supérieur, à 4%/an, pour en finir rapidement avec la crise (cela supposait en effet une vigoureuse détente monétaire) puisque les effets dits d’hystérèse dépendent crucialement de la durée de la crise (on pense en particulier à la perte de qualification des chômeurs), pour ne pas se laisser piéger par le poids des dettes, et en quelque sorte pour re-crédibiliser l’objectif autour de 2%/an car après la déflation de 2008-2009 la symétrie supposait un régime monétaire temporairement plus laxiste, un peu dans l’esprit dit du price level targeting.

 

 

 

 

Bien entendu, cette proposition était assez maladroite, très inférieure à l’idée de Scott Sumner d’une cible de croissance du PIB nominal : car elle donne l’impression que l’on traite l’inflation comme une chose positive (alors que c’est l’activité que l’on souhaite, les revenus, et non la hausse des prix par elle-même), car on ne sait jamais très bien ce que signifie « temporaire » (avec le risque qu’il s’inscrive dans l’éternité du provisoire qui dure), et aussi au passage car avec cette idée nous resterions tous les prisonniers d’une mesure dysfonctionnelle, viciée et vicieuse, de l’inflation (en zone euro, l’indice des prix à la consommation, la plus foireuse mesure possible du phénomène, qui se situait encore à près de 4% sur douze mois à la fin de l’été 2008, quand la crise faisait déjà rage).

>>> A lire aussi : Croissance en berne, stagnation des revenus, angoisses et populisme en hausse… et si l'explication était limpide : le monde a trop de travailleurs (mais voilà ce qu'on peut faire)

 
 

Mais au moins Blanchard provoquait le débat, de même que d’autres économistes que l’on ne peut pas accuser de dérives pro-inflation, en particulier Ken Rogoff : le champion du monde des banquiers centraux conservateurs (son article de 1985 fait froid dans le dos quand on le relit de nos jours dans un monde sans inflation…) appelait lui aussi à une inflation de 4%/an pendant quelques années, pour ne pas entraver le processus nécessaire de désendettement. Ces auteurs à l’époque ont tous été moqués, dénoncés et à vrai dire descendus en flammes par tout ce que le monde des apparatchiks du central banking compte de séides, d’idiots utiles et de journaleux aux ordres : souvenez vous de la réaction épidermique de la Bundesbank et de la BRI et de certaines officines parisiennes (réaction que l’on retrouvera par exemple en 2011 pour monter les taux BCE et provoquer ainsi une méga-crise, et que l’on retrouvera en 2012 contre les initiatives « hétérodoxes » de la Hongrie puis du Japon, initiatives que la BCE devra ensuite bien prendre une trentaine de mois plus tard). Aujourd'hui, on s’aperçoit que les économistes avaient raison et que les bureaucrates, nos Gamelin de la politique monétaire, avaient tort. Avec un QE plus précoce et plus massif, et/ou une dévaluation plus franche, nous n’en serions pas là, pas avec une inflation nulle sur l’ensemble de 2015 ET de 2016 en zone euro (et au fond très loin de l’objectif depuis 8 ans), pas avec des banques en pleine japonisation, pas avec autant de chômeurs et avec autant de dettes. Blanchard devrait donc enfoncer le clou, poursuivre dans sa logique victorieuse, et aller jusqu'au bout : réclamer une refonte statutaire et managériale de la BCE, militer pour une remise des dettes, raccrocher aux idées de Scott Sumner, débattre de la « monnaie hélicoptère ».


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