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En Afghanistan, l'année 2016 s'annonce particulièrement sanglante

Publié le 21 Avril 2016, 13:55pm

Catégories : #GUERRE, #PAIX

En Afghanistan, l'année 2016 s'annonce particulièrement sanglante

En menant à Kaboul le 19 avril l’attentat le plus meurtrier depuis ce début d’année en Afghanistan, les talibans marquent le premier acte de leur «offensive de printemps», annoncée une semaine plus tôt. Le pire est à venir.

Au moins soixante-quatre morts et 347 blessés: c’est le bilan de l’attaqueperpétrée le 19 avril par les talibans dans la capitale afghane de Kaboul. Une semaine après avoir annoncé le lancement de l’habituelle «offensive de printemps», les combattants font état de leur retour en force, au plus haut depuis quinze ans et la chute de l’Émirat islamique d’Afghanistan dont ils avaient le contrôle. Et laissent entrevoir leur stratégie de combat pour l’année 2016.

Si Kaboul avait la réputation d’être une ville assez sûre comparée aux contrées rurales en prise à de violents affrontements entre forces gouvernementales et insurgés, c’en est désormais fini. Mais quel est le but de ce qui semble être le premier d’une longue série d’attentats? «La réponse évidente est que les talibans veulent démontrer aux Afghans l’incapacité du gouvernement à les protéger. Ils ont définitivement raison sur ce point», peut-on lire dans les colonnes de The New Yorker.

Opération Omari

L’opération Omari, nommée ainsi en hommage au mollah Omar –dont la mort n'avait été officialisée qu'à l'été 2015–, doit marquer un tournant. À en croire le communiqué diffusé le 12 avril, les insurgés nourrissent de grandes ambitions pour les mois à venir, notamment gagner du terrain dans les régions rurales et prendre le contrôle de quelques centres urbains, comme l’indique Le Temps.

Pour y arriver, les talibans comptent sur les populations civiles, dont ils espèrent gagner le soutien. Une récente analyse de l’Afghanistan Analysts Network expliquait l’engagement des talibans à observer certaines règles dans les localités potentiellement contrôlées:

«Dans les régions, notamment les villages et les villes, où l’Émirat islamique établira son gouvernement, les vies et les propriétés des habitants seront protégées comme il se doit, souligne leur message. Nous appelons en conséquence les habitants de ces endroits […] à ne pas se laisser piéger par la propagande ennemie et à ne pas se sentir menacés par les moudjahidine.»

«L'armée nous a laissés tomber»

L'opération séduction a notamment visé les militaires, les policiers et les familles. Les talibans ont libéré davantage de soldats qu’auparavant, leur payant même parfois leur billet de retour chez eux. Certains ont alors déserté leurs propres rangs pour remplir ceux des islamistes. C’est le cas de l’un d’eux, qui s’est exprimé sur la chaîne américaine CNN:

«J’ai suivi un entraînement au maniement des armes pendant dix-huit mois et j’ai juré de servir ce pays. Mais la situation a changé. L’armée nous a laissés tomber. Nous nous sommes alors résignés à rejoindre les talibans, qui nous traitent, eux, comme des hôtes.»

L’armée afghane semble dépassée depuis que l’Otan a mis fin à son soutien, en 2014. Au cours de l’année 2015, quelque 5.500 soldats locaux ont perdu la vie, contre 3.500 soldats de l’Otan en une décennie d’intervention. Et il y a peu d'espoir que la situation s'arrange. «On peut s’attendre à une des pires années pour l’Afghanistan en termes de violence et de sang versé», prévient déjà l’analyste politique Haroun Mir dans les lignes de Libération.                                     source

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