Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Croissance - Afrique : 2016, au ralenti ?

Publié le 20 Avril 2016, 11:08am

Catégories : #ECONOMIE

Croissance - Afrique : 2016, au ralenti ?

Le Fonds monétaire international annonce une baisse de la croissance des économies africaines avec d'énormes divergences à l'intérieur d'une même zone. Les explications sont à la fois conjoncturelles et macroéconomiques.

Vue aérienne sur Abidjan. 
 
Vue aérienne sur Abidjan.  © REUTERS/Thierry Gouegnon
Agandir le texteRéduire le texteImprimerCommenterEnvoyer par mailFacebookTwitterGoogle +Linked InViadéo
Par 

 

Les perspectives de croissance en Afrique subsaharienne pour l'année 2016 ont été revues à la baisse par le Fonds monétaire international (FMI), passant de 3,5 % à 3 %, selon une présentation faite vendredi par Mme Antoinette Sayeh, responsable du département, dans le cadre des Assemblées générales de printemps des institutions de Bretten Woods, qui se déroulent actuellement à Washington. Cette révision à la baisse des perspectives de croissance s'explique par : la baisse persistante des prix des produits de base (pétrole et autres matières premières), la sécheresse en Afrique australe et en Afrique de l'Est (Afrique du Sud, Malawi, Zimbabwe, Éthiopie), le problème de l'insécurité liée au terrorisme dans l'Afrique sahélo- saharienne et en Afrique centrale (actions terroristes de Boko Haram au Nigeria, au Cameroun, au Niger et au Tchad), la chute des cours internationaux du pétrole et des autres matières de base, qui ont des répercussions négatives sur les premières économies du continent à l'image du Nigeria et de l'Afrique du Sud.

Les pays exportateurs de pétrole durement impactés

« De manière générale, tous les pays africains exportateurs d'autres matières premières hors pétrole ressentent également la chute des cours internationaux », a relevé Mme Sayeh. Il est maintenant prévu que les pays exportateurs de pétrole d'Afrique subsaharienne enregistreront une croissance de 2,0 % en 2016 (une révision à la baisse de 2,1 points par rapport aux prévisions d'octobre 2015) et de 3,4 % en 2017. Au sein de ce groupe, la croissance en 2016 devrait tomber à 2,5 % en Angola (contre 3,0 % en 2015) et à 2,3 % au Nigeria (contre 2,7 % l'an dernier), où l'impact négatif de la baisse des prix du pétrole est aggravé par les perturbations de l'activité du secteur privé par l'intermédiaire de restrictions de change.

Nigeria : en janvier, le FMI prédisait encore une croissance supérieure à 4 % pour le pays cette année. Elle ne devrait finalement pas dépasser 2,3 %, selon l'institution. En cause : le faible cours de l'or noir, aggravé par les pénuries régulières de carburant en raison de restrictions sur les taux de change qui minent le secteur privé du pays le plus peuplé d'Afrique.

En Afrique du Sud, la croissance devrait être réduite de moitié, à 0,6 %, en 2016, à cause de la baisse des prix des exportations, de l'incertitude considérable, ainsi que du durcissement des politiques monétaire et budgétaire. Les indicateurs ne sont pas plus encourageants pour l'Afrique du Sud, économie la plus industrialisée du continent, avec une croissance de 0,6 % prévue pour 2016 et de 1,2 % l'année suivante. Le pays ne profite pas de la baisse des cours du pétrole et cet exportateur d'or et de platine paie de plein fouet l'allègement de la facture des cours des matières premières. Le FMI pointe également « l'incertitude politique » qui règne en Afrique du Sud, où le président Jacob Zuma est fragilisé par plusieurs scandales, pour justifier ces chiffres en berne.

Au Ghana, la croissance devrait passer à 4,5 % en 2016, contre 3,5 % l'an dernier, lorsqu'elle avait été freinée par des pénuries d'électricité et l'assainissement des finances publiques. Dans beaucoup d'autres pays importateurs de pétrole, les tensions inflationnistes résultant de la répercussion d'un dollar américain vigoureux (qui a limité notablement la baisse des prix des carburants en monnaie nationale) et des prix élevés des produits alimentaires (en raison de la sécheresse en Afrique australe et orientale) ont compensé aussi dans une certaine mesure les gains tirés de la baisse des prix du pétrole. Néanmoins, les investissements en cours dans les infrastructures et la vigueur de la consommation dans des pays tels que la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie devraient porter la croissance à 6–7 % ou plus cette année et l'année prochaine.

La sécheresse freine la croissance à l'est du continent

« Il y a également le problème de la sécheresse qui touche plusieurs pays d'Afrique australe et de l'Est à l'image du Malawi, du Zimbabwe, de l'Éthiopie. En Éthiopie, l'économie est freinée par une sécheresse, et la croissance devrait ralentir considérablement pour atteindre 4,5 % (contre 10,2 % en 2015). En Zambie, l'impact de la sécheresse sur la production d'électricité accroît la pression à la baisse résultant du bas niveau des prix du cuivre, et la croissance restera modérée, à 3,4 % (légèrement au-dessous des 3,6 % de 2015).

Et le Maghreb ?

Le contraste observé en Afrique subsaharienne reste valable pour le Maghreb, également confronté à l'équation sécuritaire et au sein duquel les pays non exportateurs de pétrole et dont les économies sont plus diversifiées devraient se montrer plus résilients. Le FMI anticipe une croissance de 2,3 % au Maroc en 2016. Les aléas climatiques sont en premier à l'origine de la chute de la croissance par rapport à 2015 (4,5 %). Mais la reprise toujours lente en Europe affecte aussi le pays.

Les recommandations du FMI

Pour faire face à cette situation, les responsables du FMI recommandent aux États d'agir au moyen de trois leviers “qui se renforcent mutuellement”. Il s'agit “d'un accompagnement budgétaire reposant sur des mesures génératrices de croissance concernant tant les recettes que les dépenses, une relance budgétaire en cas de besoin si les marges de manœuvre le permettent et des mesures de politique monétaire”. Par ailleurs, dans un tel contexte, “il est possible et même nécessaire d'amplifier les réformes structurelles”, estime le responsable du FMI.

Les champions de la croissance en 2016 sont...

Cependant, plusieurs pays du continent parviennent à tirer leur épingle du jeu, selon les prévisions du FMI. La Côte d'Ivoire, le Kenya, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie devraient tous afficher des taux de croissance entre 6 et 7 %, grâce “aux investissements dans les infrastructures et la forte consommation” de leurs populations. Au-delà de l'année 2016, une amélioration du climat des affaires pourrait avoir un effet positif sur le taux de croissance, estime le FMI. Dans ce contexte de faible croissance, “les finances sont devenues plus vulnérables”. Pour faire face à la situation et redonner de la vigueur aux perspectives de croissance, Mme Sayeh recommande “une adaptation de la politique budgétaire, une hausse du ratio des impôts, une politique monétaire mieux adaptée et des réformes structurelles”.

Quid de 2017 ?

La publication annonce que les croissances des économies africaines devraient s'accélérer avec la récente “découverte du gisement géant de Zohr, au large des côtes de l'Égypte, et, plus récemment, de gaz au large du Sénégal, qui auront à terme des retombées sur les cours en Europe, dans la région méditerranéenne et en Afrique de l'Ouest. En outre, de nombreux autres lieux où l'exploration des ressources naturelles est désormais possible offrent un potentiel significatif”. Ce qui pourrait accélérer la croissance économique de quelques pays producteurs de l'or noir, mais aussi de nouveaux acteurs comme le Sénégal.                                                                source

Commenter cet article

Archives