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Ce que disent de vous les citations que vous partagez sur Facebook

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Avril 2016, 16:16pm

Catégories : #RELATIONS, #HEUREUX, #DEVELOPPEMENT

Ce que disent de vous les citations que vous partagez sur Facebook

On les utilise depuis la nuit des temps, et avec les réseaux sociaux elles circulent plus que jamais. Quel est le pouvoir des citations et que représentent-elles?

Regardez autour de vous. Vous trouverez sans peine des citations d’Einstein ou d’Aristote sur des sacs à commission, des phrases de Nelson Mandela sur des tasses de thé, et surtout des milliers de citations (souvent non signées) sur les réseaux sociaux. «Faites que vos rêves dévorent votre vie afin que la vie ne dévore pas vos rêves» (Saint-Exupéry), «La beauté est dans les yeux de celui qui regarde» (Wilde), «L’amour, c’est comme le latin. On le croit oublié et puis il nous revient» (Joe Dassin) etc. Oui, on trouve de tout.

Mais au fond, quelles sont les fonctions de ces petites phrases auxquelles on se raccroche un instant ou que l’on partage à tours de bras? «L’une des fonctions sociales de la citation est l’argument d’autorité, explique Laurence Kaufmann, professeure en sociologie de la communication à l’Université de Lausanne. Elle renvoie à l’autorité de grands auteurs ou de politiciens, souvent morts. Citer une autorité est aussi une manière de se déresponsabiliser: ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais j’y adhère. Evidemment, l’autorité en question doit être reconnue, sinon cela ne fonctionne pas.»

 

Déclaration d’appartenance à une communauté

Les citations sont également une déclaration d’appartenance à une communauté, à une pensée. Et pour le professeur en sociologie de l’image Gianni Haver, le choix d’une citation postée sur Facebook est une manière de démontrer que l’on maîtrise. «J’ai posté ça, je suis donc un mec cool et intelligent, j’ai envie que vous me disiez que c’est top. Et si je cite Lamartine, c’est parce que je connais.» Oui, sauf qu’à l’époque, on se permettait de citer après avoir lu un livre, en connaissant le contexte de la phrase. «Maintenant, il existe des banques de données, dans lesquelles on ne sait même pas si les citations sont correctes, qui ne mentionnent ni la date ni l’origine» déplore Stéphanie Pahud. Et la linguiste de souligner que «le principe de la citation colle bien avec notre époque. Il faut des phrases qui claquent, ce sont des ressources sexy qui impactent tout de suite!»

 

«Sur Facebook, il y a deux signatures»

Pourtant, la signature a une importance majeure. On ne considérera pas une phrase de la même manière selon son origine. Gianni Haver raconte une expérience vécue lors d’un de ses cours à l’université: «J’avais montré une citation, avec trois signatures à choix: Woody Allen, Hitler, et Mireille Matthieu. Dans les trois cas, cela fonctionnait, mais cela avait trois significations différentes! Sur Facebook, il y a clairement deux signatures. Celle de l’auteur, et celle de la personne qui poste la phrase.» Quelqu’un que vous admirez citant votre auteur préféré aura plus d’impact qu’une vague connaissance qui remplit son mur à longueur de journée avec les pensées de Nabila, c’est sûr.

 

Un aveu d’infériorité

Toujours est-il que pour Gianni Haver, il existe une réelle dérive. «La citation est passée du domaine du discours savant à ceux qui ne savent pas parler eux-mêmes.» Un aveu d’infériorité, en quelque sorte. Le sociologue est atterré par cette tendance à lier des citations à des images prétexte (souvent des couchers de soleil ou des chatons), ces images bricolées qui sont «faites pour survivre dans cette téléréalité permanente qu’est Facebook».

Ces citations, qui transmettent la plupart du temps une bien-pensance, une petite morale, ou une incitation à aimer la vie, ont-elles tout de même le pouvoir de modifier notre perception? «Ce sont plutôt des clins d’œil, répond Laurence Kaufmann. De petits principes que l’on peut adopter. Plus les citations laissent une marge d’interprétation, plus elles circulent, car pour les comprendre, il faut mener des micro-enquêtes.»

 

Piquer la curiosité de son entourage

Les citations, pour Stéphanie Pahud, c’est une manière de graver des lectures qui l’ont marquée. Elle les partage régulièrement, parfois pour piquer la curiosité de son entourage, et en utilise certaines comme des mantras. «J’ai un extrait de «Résurrection» de Christophe Tison dans mon sac, dans mon porte-monnaie, sur mon bureau…» Quant à Gianni Haver, il estime que le seul vrai support qui se prête à porter une devise, c’est notre corps. «Se faire tatouer une citation représente un côté définitif. On suppose que la personne y a réfléchi!» 

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