Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Cancer de la thyroïde : bien peu d'effet Tchernobyl en France

Publié le 28 Avril 2016, 16:07pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE

Cancer de la thyroïde : bien peu d'effet Tchernobyl en France

Le cancer de la thyroïde, relativement rare il y a 25-30 ans, a beaucoup augmenté partout dans le monde, mais avec d'importantes variations géographiques, y compris dans notre pays (le taux moyen annuel de progression dépasse les 6 % par an entre 1982 et 2012). Pourtant, l'accident de Tchernobyl n'explique pas tout. Classé au niveau 7, donc le plus élevé à l'échelle des événements nucléaires, il avait entraîné la légitime évacuation de la population aux alentours, ainsi qu'une grande inquiétude dans tous les pays susceptibles d'être survolés par le nuage radioactif. Les études publiées ce matin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), consacré pour l'occasion à l'épidémiologie de ces cancers, montrent que, même si ce nuage ne s'est pas miraculeusement arrêté à nos frontières, il n'a pas eu l'effet néfaste redouté.

« Bien que l'accident de Tchernobyl se soit produit il y a maintenant 30 ans, l'idée selon laquelle ses retombées radioactives seraient en partie responsables de l'accroissement de ce type de cancer en France, en l'occurrence très éloignée des territoires fortement contaminés (en Biélorussie, en Ukraine et en Russie), reste solidement ancrée dans de nombreux esprits », écrivent François Bourdillon et Jacques Repussard* en introduction du BEH. Mais « l'analyse descriptive de l'incidence du cancer de la thyroïde à partir des données des registres des cancers sur la période 1982/2012 en France », réserve des surprises : la principale est qu'elle n'est pas dégressive d'est en ouest.

Marc Colonna (du registre du cancer de l'Isère) et les autres signataires, notent une incidence élevée de cette maladie dans les registres de cancer de l'Isère, de la Gironde et de la Vendée, alors que cette incidence est faible dans ceux du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Manche. Ces fortes disparités régionales contredisent l'hypothèse d'un effet Tchernobyl. Pour les auteurs de ce travail, « cette augmentation résulte en grande partie des pratiques médicales ». On redoute les centrales nucléaires alors que c'est dans les comportements médicaux qu'il faudrait rechercher la principale origine de nos maux !

On dépiste trop !

En pratique, la première cause d'augmentation de ces cancers serait liée à la volonté de les dépister. Pour être sûrs de ne pas « passer à côté », les médecins prescrivent des examens qui aboutissent au diagnostic de cancers de petite taille, de stade précoce, dont la plupart ne provoqueront jamais de symptômes. La glande thyroïde est de plus en plus surveillée, « notamment lors d'examens réalisés au niveau de la région cervicale pour d'autres indications, et les technologies utilisées sont de plus en plus performantes », notent même François Bourdillon et Jacques Repussard.

Mais ce n'est pas tout. « L'exposition aux rayonnements ionisants durant l'enfance, qu'ils soient externes (rayons X ou gamma) ou internes (dus à des particules d'iode-131, relarguée dans l'atmosphère lors d'accidents ou d'essais nucléaires, qui sont inhalées ou ingérées), reste aujourd'hui le principal facteur de risque connu de ce cancer », notent Agnès Rogel de l'InVS et ses coauteurs. « Les examens médicaux et dentaires ont beaucoup augmenté l'exposition de la thyroïde aux rayons X, principalement les examens au scanner ». Dans ce domaine, la prévention semble facile puisqu'elle dépend des prescriptions de nos professionnels de santé. C'est finalement rassurant.

Respectivement directeur général de l'Institut de veille sanitaire et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé et directeur général de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.                                                                                                                                  source

Commenter cet article

Archives