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"Ça va (un peu) mieux", mais ce n'est pas la croissance ou le chômage qui le prouvent

Publié le 30 Avril 2016, 13:52pm

Catégories : #ECONOMIE

"Ça va (un peu) mieux", mais ce n'est pas la croissance ou le chômage qui le prouvent

ÉCONOMIE - Il arrive quand même à François Hollande d'avoir de la chance. Dans la même séquence, il a pu se féliciter d'un contrat d'armement "historique", des bons chiffres du chômage et d'une croissance meilleure que prévue au premier trimestre.

Alors, "ça va mieux", comme il s'en était vanté lors de ses Dialogues Citoyens sur France 2? Eh bien, tout dépend de la manière d'aborder le sujet. Si l'on se place dans la perspective de ces dernières semaines, voire de ces derniers mois, le président a raison.

Pour le comprendre, il vaut mieux sortir des chiffres du PIB ou du chômage, toujours difficiles à interpréter tant ils sont irréguliers. Il existe des indicateurs économique plus pointus, et plus fiables qui démontrent mieux l'embellie de notre économie.

Mais attention aux excès d'enthousiasme, ils risquent de vous faire tomber de haut si ces bonnes nouvelles ne se confirment pas dans la durée. La comparaison avec nos voisins européens montre que l'économie française est encore dans un triste état...

  • Les carnets de commandes se remplissent, surtout dans les services
 
 

Dans ce domaine, ce sont les indicateurs "PMI" qui servent de référence. Quand cet indice synthétique est inférieur à 50, l'activité se contracte, quand il est supérieur, elle se développe.

Selon le cabinet d'analyse économique Markit, l’indice PMI de l’Activité Globale en France s'est redressé à 50,5 en avril, contre 50 en mars, "un plus haut de 5 mois". Cette progression est due au dynamisme de services (50,8 en avril contre 49,9 en mars). Au contraire, l’indice PMI de l’industrie manufacturière est au plus bas depuis huit mois (48,3 contre 49,6 en mars).

  • Les entreprises sont plus rentables
 
 

Oui, la politique de baisse des charges sur les entreprises porte ses fruits. Entre le CICE et le Pacte de responsabilité, cumulés avec la baisse des prix du pétrole, le taux de marge des entreprises augmente à nouveau.

Ainsi au quatrième trimestre 2015, le taux de marge des entreprises non financières a atteint 31,4 % de la valeur ajoutée, soit son plus haut niveau depuis début 2011.

 

Résultat, la capacité d’autofinancement des entreprises est en hausse 10 points sur un an. Fin 2015, 86,6 % des entreprises étaient capables d’autofinancer leurs investissements. Mis bout à bout, ces éléments expliquent que les défaillances d'entreprises soit en forte baisse (-10% en premier trimestre par rapport à 2015).

  • Le moral des ménages et des entrepreneurs retrouve des couleurs
 
 

Les ménages français ne sont pas convertis à l'optimiste, mais leur moral se stabilise. En avril, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle est stable pour le troisième mois consécutif. La proportion de ménages estimant qu'il est opportun de faire des achats importants n'a pas bougé non plus.

En revanche, l'opinion sur leur capacité d'épargne actuelle se redresse un peu, après avoir atteint le mois précédent son plus bas niveau depuis mars 2012.

En parallèle, l'indicateur de climat des affaires en France est aussi resté stable. Calculé à partir des réponses des chefs d’entreprise des principaux secteurs d’activité, il est un point au-dessus de son niveau de long terme (100). Le climat gagne deux points dans l’industrie et le bâtiment, tandis qu’il perd un point dans les services et deux points dans le commerce de détail.

 
  • Le BTP donne des signes encourageants
 
 


Selon l'Observatoire économique des régions, le nombre total de logements mis en chantier fin mars 2016 était de 338.700 unités sur un an, en progrès de +3,3% par rapport à mars 2015.

Ce rebond est dû à la construction de logements collectifs (immeuble) qui connait une croissance de +6,2% sur 12 mois. Les mises en chantier se fixent à 206.900 logements collectifs, au plus haut depuis 2012.

Le nombre total de logements autorisés est également en forte croissance (+8,2% sur un an) à 378.400 unités.

  • ... mais il est encore trop tôt pour crier victoire
 
 

Si l'amélioration de ces indicateurs doit réjouir les Français, elle ne peut pas faire oublier que l'économie française reste dans un triste état.

"L'amélioration des chiffres du chômage est essentiellement due à la baisse du chômage des moins de 25 ans. Mais la France reste 5 points au-dessus de la moyenne européenne dans ce domaine", avertit Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque. Ce que François Hollande semblait d'ailleurs ignorer...

 

Quant au taux de chômage global, il reste non seulement à un niveau historiquement élevé, mais il stagne alors que le reste de l'Europe a entamé sa descente depuis un, voire deux ans.

 

Enfin, le bon chiffre du PIB demande à être confirmé. "Le fort niveau de consommation est à relativiser parce que les Français ne s'attendent pas à des hausses de revenus, détaille Christopher Dembik. La forte hausse au premier trimestre peut être rééquilibrée au deuxième trimestre."

Lire aussi :

• La croissance au premier trimestre plus élevée que prévu

• Le top 10 des pires questions en entretien d'embauche

• Sous-marins, chômage... Premières victoires du pari "Ça va mieux" de Hollande

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