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Assurance chômage : l'indemnisation des seniors dans le viseur du patronat

Publié le 28 Avril 2016, 14:43pm

Catégories : #ECONOMIE

Assurance chômage : l'indemnisation des seniors dans le viseur du patronat

Le patronat souhaite réformer en profondeur les règles de calcul de l'indemnisation des chômeurs, à en croire un document transmis aux syndicats avant la réunion sur l'assurance chômage jeudi. Il propose notamment de relever de 50 à 59 ans l'entrée dans la « filière senior », en compensant par de la formation. La partie patronale (Medef, CGPME et UPA) souhaite aussi moduler la durée d'indemnisation selon le taux de chômage de l'Insee constaté sur deux trimestres consécutifs, explique-t-elle dans ce document dévoilé mercredi par L 'Opinion et l'agence AEF, et dont l'Agence France-Presse a eu copie.

Le ratio « jour cotisé = jour indemnisé » (actuellement de 1 pour 1) varierait ainsi à la hausse ou à la baisse en fonction de la « situation effective sur le marché du travail » : 1,2 jour indemnisé si le taux de chômage dépasse les 12 %, 0,8 jour indemnisé s'il passe en dessous des 9 %. Pour Éric Courpotin, négociateur CFTC, « ce système est inéquitable, car deux demandeurs d'emploi ne seraient pas indemnisés de la même façon en fonction du mois où ils s'inscrivent à Pôle emploi ». Le syndicaliste a également pointé l'« incertitude sur le financement » du régime. Autre proposition : « relever l'âge d'entrée » dans la « filière senior » à 59 ans « en adaptant progressivement la durée d'indemnisation et en sécurisant les parcours par un effort significatif en termes de formation ».

Sanctionner l'absence de recherche d'emploi

Actuellement, les demandeurs d'emploi de 50 ans et plus peuvent être indemnisés jusqu'à 36 mois, au lieu de 24 pour les autres actifs. Entre 50 et 55 ans, un salarié qui perd son emploi ne toucherait plus que 24 mois d'indemnisation maximum mais pourrait bénéficier « en parallèle » d'un abondement de 500 heures de son compte personnel de formation (CPF). La période d'indemnisation pourrait augmenter par palier de 6 mois en fonction des tranches d'âge (55-57 ans, 57-59 ans), uniquement en cas de formation. Pour le patronat, « il s'agit d'offrir une couverture adaptée au risque, tout en étant cohérents avec les récentes réformes des régimes de retraite ».

Il souhaite aussi sanctionner l'absence de recherche d'emploi par une dégressivité des allocations. « Au final, il n'y a que des reculs, car le patronat part de l'idée qu'il ne mettra pas un sou sur la table », a dénoncé Éric Aubin, de la CGT, regrettant que le texte n'aborde pas la question des contrats courts pourtant cruciale aux yeux des syndicats. Les propositions patronales ne sont pas un projet d'accord. Mais selon la CFTC, « délivrer un document écrit avant la négociation est un bon signe, montrant que le patronat n'est pas aussi fermé que pourrait le faire croire Pierre Gattaz ». Le numéro un du Medef a menacé de se retirer des négociations si « rien ne bougeait » sur le projet de loi travail.                                                source

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