Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


5 critères pour reconnaître une "fin de règne"

Publié par MaRichesse.Com sur 1 Avril 2016, 05:03am

Catégories : #5-TRUCS-A-SAVOIR, #POLITIQUE

5 critères pour reconnaître une "fin de règne"

"Président déchu", "fin de règne", "ambiance crépusculaire"… Les commentateurs et les adversaires politiques multiplient les prévisions apocalyptiques depuis que François Hollande a mis, mercredi, un coup d'arrêt à la réforme constitutionnelle qu'il avait engagée mi-novembre, après les attentats de Paris et de Saint-Denis.

Si la fin du quinquennat du président socialiste ressemble de plus en plus à un chemin de croix, François Hollande assure qu'il "tient bon" et croirait encore en la possibilité d'une réélection en 2017. Pour juger s'il est en "fin de règne" ou pas, voici quelques points de comparaison utiles avec ses prédécesseurs.

Je suis peut-être en "fin de règne" quand :

 

► Je loupe ma réforme constitutionnelle
Mercredi 30 avril, François Hollande a annoncé l'abandon de l'ensemble de la réforme constitutionnelle qu'il avait appelée de ses vœux au lendemain des attentats du 13 novembre, dans un esprit "d'union nationale". Confronté à l'hostilité d'une partie de sa majorité, puis à la résistance de la droite sénatoriale, il a échoué à mener la réforme de la déchéance de nationalité dans laquelle il s'était impliqué personnellement.

On se rappelle moins que ses prédécesseurs ont également connu des difficultés sur des réformes tout aussi, voire plus essentielles. En septembre 1992, à quelques mois de législatives qui ramèneront la droite au pouvoir, François Mitterrand, qui a mis tout son poids pour que les Français votent "oui" au traité de Maastricht, est passé juste à côté d'un échec majeur : les Français l'ont adopté, mais de justesse. 

En mai 2005, Jacques Chirac a eu moins de réussite en pesant pour le "oui" au référendum sur la Constitution européenne, et en récoltant à l'arrivée quasiment 55 % de "non".

 

A l'été 2011, enfin, Nicolas Sarkozy a dû mettre à la corbeille son projet de révision constitutionnelle visant à inscrire une forme de règle d'or budgétaire. Même assouplie, cette réforme retoquée par le Sénat n'a pu aller jusqu'au Congrès faute de majorité. La similitude avec la déchéance de nationalité est frappante.

 

► La conjoncture économique et/ou sociale est pourrie
Les fins de règne s'accompagnent souvent d'un très mauvais climat économique et social. Si l'on remonte à Valéry Giscard d'Estaing en 1981, la croissance était alors toujours au rendez-vous mais le franchissement du cap du million de chômeurs a hypothéqué sa réélection. En 1993 (avant la déroute aux législatives et la deuxième cohabitation), François Mitterrand a été confronté à une récession brutale (- 0.9 %) sur fond de crise du système monétaire européen. En 2012, la crise financière amorcée depuis 2007 a produit ses effets sur l'économie, plombant le bilan final de Nicolas Sarkozy avec une récession de 0.3%. En 2016, une timide reprise est au rendez-vous pour François Hollande, mais le taux de chômage bat tous les records, avec 3.59 millions de demandeurs d'emploi.

 

► Je ne tiens plus ma majorité
La fin de règne, c'est traditionnellement le moment des grandes divisions dans la majorité. En 1993, les socialistes sont coupés en deux, entre les tenants du mitterrandisme et le courant de Michel Rocard, devenu patron du PS. Ce dernier échouera lourdement aux élections européennes à cause d'une liste concurrente menée par Bernard Tapie avec l'assentiment (machiavélique) de François Mitterrand. Ce qui mettra fin aux ambitions nationales de l'ancien Premier ministre.

 

En 2006, après onze ans de règne, Jacques Chirac, sur le départ, est éclipsé par la violente rivalité entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, sur fond d'affaire Clearstream. En 2012, Nicolas Sarkozy laisse sa majorité écartelée entre les tenants de la ligne très droitière de Patrick Buisson et les libéraux, comme Nathalie Kosciusko-Morizet. Nicolas Sarkozy doit également faire face à l'hostilité du centriste François Bayrou, qui finira par se rallier à François Hollande au second tour de la présidentielle. Quant à François Hollande, il se heurte en 2016 à la fronde d'une partie de son propre camp, et notamment les partisans de l'éternelle rivale, Martine Aubry, qui réclament "une autre politique".

 

► Ma réforme est bloquée, la jeunesse est dans la rue
C'est un critère qui rapproche François Hollande de Jacques Chirac. L'actuel président est engagé dans une réforme du Code du travail fortement contestée dans la rue et qui risque de ne pas trouver de majorité pour la voter. Début 2006, le gouvernement de Dominique de Villepin a violemment trébuché sur le Contrat première embauche (CPE), contraignant Jacques Chirac à enterrer la réforme. Dans les deux cas, la jeunesse était aux premières loges.

 

► Je ne pèse plus grand-chose dans l'opinion
La popularité des présidents s'étiole au fil de leur mandat, pour sombrer à quelques mois de l'alternance. Selon les archives TNS Sofres, François Mitterrand était à 31% de cote de confiance en mars 1993, avant les législatives qui ont conduit à la victoire de la droite. En mars 2007, avant sa retraite, Jacques Chirac était à 29%. En mars 2012, Nicolas Sarkozy était à 26%. Et en mars 2016… François Hollande explose tous les scores d'impopularité avec un cote de confiance de… 15%. 

 Source

 

Commenter cet article

Archives