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Pourquoi craque-t-on sur le gras après une trop courte nuit?

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Mars 2016, 14:45pm

Catégories : #SCIENCE, #SOMMEIL, #SANTE-BIEN-ETRE, #NUTRITION, #ALIMENT

Pourquoi craque-t-on sur le gras après une trop courte nuit?

Les lendemains de veille sont souvent synonymes de fringales incontrôlables. Loin de lorgner sur une petite salade, carottes, tomates pour nous retaper, ce qui nous fait vraiment rêver, c'est le gras! Cookies, burgers, pâtisseries deviennent soudain autant d'aliments irrésistibles et notre légendaire volonté n'y changera rien, pourquoi?

Que l'on ait un petit peu trop picolé la veille ou simplement cédé à l'appel de netflix jusqu'à 5h du matin, les lendemains de veille ont un point en commun: ils nous donnent envie de gras. Une pensée nous obsède, nous rendre dans le fast food le plus proche et se jeter sur un burger ou un milkshake histoire de nous requinquer. Loin d'un simple manque de discipline ou de volonté, la cause de nos fringales est bien réelle, la faute à notre cerveau.

C'est une étude menée par l'université de médecine de Chicago et publiée dans la revue Sleep qui est venue éclairer notre lanterne. "Nous avons trouvé que le manque de sommeil déclenche un signal qui va augmenter l'aspect hédoniste de la prise de nourriture, le plaisir et la satisfaction qui en est tirée", révèle l'un des auteurs de la recherche, Erin Hanlon, chercheuse en endocrinologie, diabète et métabolisme.

Un constat auquel les chercheurs sont parvenus après avoir mené une expérience auprès de 14 jeunes, hommes et femmes, confrontés à deux situations différentes. D'un côté, pendant 4 jours, les jeunes ont passé 8h30 au lit et dormi en moyenne 7h30. De l'autre, de nouveaux participants ont quant à eux passé 4h en moyenne dans les bras de Morphée. Les deux groupes se sont ensuite nourris à raison de trois fois par jour, suivant un même horaire: 9h, 14h et 19h.

Pendant 8 jours, les chercheurs ont procédé à différentes analyses sur les jeunes dormeurs: ils ont mesuré leurs taux d'hormones de ghréline (hormone digestive qui stimule l'appétit) et de leptine (hormone de la satiété). Mais ils ont aussi, mesuré les niveaux d'endocannabinoïde (plus exactement, le 2-arachidonoyl glycérol), une première!

Endocannabinoïde? Kesako?
Le système endocannabinoïde est celui-même qui ordonne à notre corps "d'accroître notre désir de manger", explique Erin Hanlon. C'est lui aussi d'ailleurs qui est ciblé par les éléments actifs du cannabis, bien connu pour provoquer des fringales. Cet indicateur a dès lors recueilli toute l'attention de nos chercheurs.

Après seulement 4h de sommeil, les volontaires ressentaient une faim beaucoup plus importante qu'en temps normal et impossible pour eux de résister à des aliments gras tels que biscuits, bonbons ou encore chips, même quelques heures seulement après la prise d'un repas copieux, supposé fournir 90% de leurs besoins énergétiques. En moyenne, les chercheurs ont constaté qu'ils consommaient deux fois plus de gras que ceux qui avaient passé une nuit normale.

Cette envie irrépressible de manger est provoquée par ce fameux système endocannabinoïde mesuré par les chercheurs. Après l'avoir observé avec soin, on constate que lors d'une bonne nuit, son taux reste faible pendant notre sommeil, augmente après le déjeuner et diminue ensuite de manière progressive. En revanche, une nuit trop courte va augmenter ce taux de 33%. Le pic sera bien atteint après le déjeuner, mais ne diminuera pas autant qu'il ne le devrait au court de la journée et restera élevé jusqu'à 21h environ. 

Un taux 33% plus élevé
Voilà qui expliquerait nos envies de manger des cochonneries quand nous manquons de sommeil. Quant à comprendre pourquoi l'endocannabinoïde augmente ou diminue en fonction de notre dose de sommeil, les chercheurs avouent avoir encore du pain sur la planche. "Nous savons comment ils sont produits dans le cerveau, mais pas dans le corps. Le savoir est la priorité de ma recherche.", affirme Erin Hanlon.

Avec cette étude, nous parviendrons peut-être plus volontiers à nous pardonner notre manque de volonté. Et puis qui sait, un homme averti pourrait en valoir deux dans la lutte effrénée contre nos envies de grignotages. 

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