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Numérique au collège : et les parents, dans tout ça ?

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Mars 2016, 12:30pm

Catégories : #ENFANT, #ECOLE, #INTERNET, #ASTUCES

Numérique au collège : et les parents, dans tout ça ?

Quelques toiles au mur, une moquette à pois blanc sur fond bleu et une petite vitrine dans un coin où stationnent des voitures miniatures. Voici le bureau de Christian Garcia, le principal du collège Sonia Delaunay, un établissement de 490 élèves située en Zone d’éducation prioritaire (Zep), entre le bassin de la Villette et les Buttes Chaumont, à Paris.

Depuis la rentrée 2015, il fait partie des 500 établissements chargés d’expérimenter en avant-première le plan numérique – dans la capitale, douze collèges sont concernés [PDF]. Quelles questions soulèvent l’arrivée de cartons de tablettes pour les parents ? Que faire de ceux qui sont mal-connectés ? Trois histoires pour en parler.

Des élèves travaillent à l'aide de tablettes, à l'école anglaise de Paris, en décembre 2012
Des élèves travaillent à l’aide de tablettes, à l’école anglaise de Paris, en décembre 2012 - FRED DUFOUR / AFP
 
Seulement 10% de parents inscrits au cahier de liaison en ligne

 

Début 2015, des permanences ont été organisées au collège. Le mardi soir et le samedi matin, dans un bureau proche de l’entrée du bâtiment recouvert de céramiques beiges, des parents en aidaient d’autres à s’inscrire à l’Espace numérique de travail (ENT).

L’ENT Paris classe numérique est un service mis à disposition gratuitement par l’académie et la mairie. Il permet de consulter le cahier de texte d’un élève, ses évaluations, ou encore de suivre en temps réel les retards et les absences. C’est en quelque sorte la version libre et publique du logiciel payant Pronotes.

« Il n’y a pas eu de demande considérable », se souvient Christian Garcia, le principal. Malgré ces permanences, seuls 10% des parents ont initialisé leur compte pour accéder aux services connectés. La fracture numérique peut-elle se lire dans la manière dont les parents d’élèves se connectent aux ENT ?

15 à 20 minutes de tâtonnement

10%, c’est peu. La faute entre autres à un système d’inscription laborieux (« 15 à 20 minutes de tâtonnement ») qui a sans doute poussé certains parents de Sonia Delaunay à se connecter avec les identifiants de leurs enfants. Pour eux, l’inscription est bien plus simple : 64% des collégiens ont activé leur compte.

Et puis tous les parents ne sont pas égaux devant les outils numériques. « Si fracture numérique il y a, il ne faut pas oublier la fracture culturelle », souligne Christian Garcia. Ce qui comprend la maîtrise de la langue, très « variable » d’une famille à l’autre.

Christian Garcia, principal du collège Sonia Delaunay à Paris, dans son bureau le 21 mars 2016
Christian Garcia, principal du collège Sonia Delaunay à Paris, dans son bureau le 21 mars 2016 - Emilie Brouze/Rue89
 
 
Les tablettes à la maison : « Ça nous fait un peu peur »

 

Avant la fin du mois, le collège Sonia Delaunay doit recevoir de nouveaux cartons de tablettes. En tout, 150 appareils équiperont les profs et les élèves de cinquième.

Certains enseignants commencent déjà à en utiliser en français, en SVT, en maths ou en sport. Christian Garcia espère débuter réellement l’expérimentation après les vacances du printemps. Reste pour cela à équiper le bâtiment de routeurs wifi supplémentaires.

« Notre volonté est de prêter les tablettes aux familles et non aux élèves. Le bien reste au collège, c’est un prêt : il faut donc que la famille aide à faire en sorte que le bien reste accessible, en bon état et que les enfants pensent à les recharger... Ça nous fait un peu peur. »

« Des heures de connexion dantesques »

Pour leur faire signer le bon de prêt, les familles vont êtres reçues au collège. Le principal compte en profiter pour aborder la question des usages :

« Par le biais de l’introduction des tablettes dans les milieux familiaux, on a l’intention de revenir à des notions de coéducation parfaitement classiques. Parler de l’heure à laquelle il faut arrêter les écrans, le fait qu’il est préférable de ranger la tablette dans le cartable et le cartable loin de la chambre et aussi parler des autres écrans, notamment les portables, avec lesquels s’endorment certains enfants. »

Quand un conflit entre élèves implique des embrouilles sur les réseaux sociaux, Christian Garcia voit passer des captures d’écran où apparaissent des « heures de connexion dantesques ».

Pour autant, chez eux, les élèves pourront-ils connecter les tablettes à un réseau wifi ? Pour le principal, difficile de savoir comment sont équipés les foyers :

« On fera peut-être au moment du prêt un questionnaire sur le taux d’équipement, mais on ne peut pas y remédier. »

Service après-vente

« On a des élèves qui, dans leur milieu familial, n’ont pas d’accompagnement », explique Christian Garcia. Au moment des devoirs, certains parents travaillent – les assos de quartier qui proposent de l’aide aux devoirs sont fortement sollicitées. Elles vont elles aussi devoir prendre en compte la présence du nouvel outil dans les cartables.

Pour le ministère de l’Education, le numérique à l’école pourrait « aider les parents à suivre et à accompagner le travail de leurs enfants » [PDF], en facilitant la compréhension des démarches pédagogiques et en associant mieux les parents à la vie scolaire. Mais qu’est-il prévu pour ceux qui ne sont pas à l’aise avec l’outil ?

« Il faudra à assurer un peu de service après-vente et d’accompagnement » à destination des parents, souligne le principal. Aucune formation n’est pour l’instant programmée au collège Sonia Delaunay (par ailleurs, des associations à Paris en proposent).

« La maîtrise du numérique, c’est naturel pour des familles de cadres ou d’enseignants qui ne représentent que 15% de notre public...

Le rôle des parents est néanmoins essentiel : on a besoin d’eux dans la phase d’accompagnement scolaire. »

Ce qui implique, pour ne pas creuser les inégalités, d’inclure les parents dans l’utilisation de l’outil.

 
Comment communiquer avec les parents ?

 

Quand l’absence d’un élève n’a pas été signalée à l’établissement, les surveillants appellent les familles. Il arrive que les profs ou le principal fassent de même en cas de problème avec un élève. En général, le coup de téléphone aux parents n’est pas annonciateur de bonnes nouvelles.

Christian Garcia en convient : le téléphone, « chargé d’affect », ce n’est pas l’idéal. Le coup de fil peut tomber au mauvais moment ou la pression peut se retourner contre le surveillant. Un SMS, « moins stressant qu’un appel », pourrait être le bon compromis mais le service a un prix.

Et l’e-mail ? « On ne l’utilise pas encore de manière conséquente », balaie le principal. Tous les parents n’en ont pas, d’abord. Et sa fiabilité reste incertaine : des parents donnent de plus en plus leur adresse personnelle à l’administration, mais la saisie finale est souvent bourrée d’erreurs.

En septembre dernier, à l’inscription des sixièmes, changement de technique : les parents pouvaient eux-mêmes taper leur e-mail ou le faire avec les surveillants, en vérifiant l’orthographe sur l’écran. 

 Source

 

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