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Lycées: A quoi servent les indicateurs du ministère?

Publié par MaRichesse.Com sur 30 Mars 2016, 04:07am

Catégories : #ECOLE, #FRANCE

Lycées: A quoi servent les indicateurs du ministère?

Le ministère de l'Education publie ce mercredi son évaluation des établissements qui est certes riche en renseignements précieux, mais qui recèle des effets pervers...

C’est un rituel depuis 23 ans. Chaque année, le ministère de l’Education publie les  indicateurs de valeur ajoutée des lycées (IVAL). La mouture 2016 est parue ce mercredi et est consultable sur le site du ministère. Ces indicateurs apprécient non seulement la réussite au baccalauréat des élèves de terminale d’un établissement, mais également sa capacité à accompagner le maximum d’élèves de seconde jusqu’à l’obtention du diplôme (en prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques et scolaires des élèves), ainsi que la différence entre les résultats obtenus dans l’établissement et ceux qui étaient espérés. 20 minutes analyse les effets bénéfiques et négatifs de ces données, tant pour le grand public que pour les équipes éducatives.

Un outil d’évaluation du système scolaire pour l’Education nationale

«Les IVAL sont des outils pour rendre compte des résultats du système éducatif. Ils permettent de fournir une photographie, un diagnostic des actions de nos lycées», explique Fabienne Rosenwald, directrice de l’évaluation, de la prospective et de la performance au ministère de l’Éducation nationale. «Ils sont aussi un outil de pilotage à destination des recteurs (..)», ajoute-t-elle.

«L’importance de la communication autour de ces indicateurs est le signe de la montée de la culture de l’évaluation et de l'efficacité dans l’Education nationale depuis les années 2000»,  estime de son côté, la sociologue de l’éducation, Marie Duru-Bellat. Reste à savoir si ces constats sont réellement utilisées au final... «Si la transparence a du bon, ces données  ne permettent pas d'améliorer le système scolaire. Car ces évaluations ne sont pas accompagnées en aval et les établissements problématiques restent seuls avec ce diagnostic», poursuit la sociologue.

>> A lire aussi : Etre élève dans un lycée mal noté, un handicap pour la scolarité ?

Une manière pour les chefs d’établissements de faire le point sur leurs priorités

Les indicateurs des lycées alimentent la réflexion des proviseurs. «Ils leur permettent d’avoir un retour sur leurs actions et d’améliorer leur efficacité», affirme Fabienne Rosenwald. «Les chefs d’établissements sont particulièrement attentifs au taux de réussite attendu dans leur lycée comparé aux résultats finalement obtenus. Et ils comparent ces données d’une année sur l’autre. Cela peut conforter une stratégie d’établissement ou l’influencer, même si les Ival ne sont qu’un élément d’éclairage parmi d’autres», confirme Joël Lamoise secrétaire général du SNPDEN (syndicat des personnels de direction).

«Ces données peuvent permettre aussi à certains établissements qui ronronnent de se rebooster», ajoute Valérie Marty, présidente de la  Peep. D’ailleurs, chaque année, des établissements progressent, souvent sous l’impulsion d’un chef d’établissement dynamique qui a mis en œuvre des initiatives pédagogiques efficaces et des cours de soutien pour les élèves en difficulté.

>> A lire aussi : Classement des lycées: L'établissement ZEP Romain Rolland de Goussainville a d'excellents résultats

Un moyen pour certains médias de faire du buzz

Chaque année, plusieurs médias se servent des Ival pour effectuer des classements des 4.300 lycées de France, qui sont très consultés. C’est le cas de Linternaute.com, de L'Etudiant, de L’Express, du Monde, du  Point et du Figaro. Mais chacun utilise sa propre méthodologie. Des palmarès qui sont loin de faire plaisir à tous les établissements : «alors que les Ival prennent plusieurs critères détaillés, les palmarès de la presse manquent parfois d’explication et aboutissent à comparer des établissements qui n’accueillent pas du tout le même type d’élèves et évoluent dans des environnements très différents», critique Joël Lamoise.

 

Une mine d’informations pour les parents d’élèves

Selon Fabienne Rosenwald, les indicateurs des lycées sont des éléments d’appréciation des établissements pour les parents d’élèves, qui peuvent ainsi savoir comment ces derniers «accompagnent leurs élèves jusqu’à l’obtention du bac». Un avis que partage Valérie Marty : «Les parents d’élèves regardent avec attention ses indicateurs. Et il est très intéressant de mesurer la capacité des établissements à mener leurs élèves jusqu’au bac, notamment pour ceux qui accueillent un public jugé difficile».

Mais certains parents ne se contentent pas d’être informés. «Ils utilisent ces données pour choisir le meilleur établissement pour leurs enfants en tentant de contourner la carte scolaire», constate-t-elle. «Ces indicateurs ou plutôt les classements qui en sont fait, généralise en effet l’idée dans l’esprit des parents que l’on choisit un lycée comme un produit de consommation, alors même que la carte scolaire est assez rigide et que peu de dérogations sont acceptées», estime de son côté la sociologue de l’éducation, Marie Duru-Bellat.

 

Des données qui réjouissent ou dépriment les profs

Selon Valérie Marty, les Ival peuvent avoir des effets positifs sur les équipes éducatives «car certains établissements créent la surprise et sont mis en avant, ce qui les revalorise tant auprès des parents qu’auprès des enseignants». Un avis que partage Marie Duru-Bellat : «ces données peuvent détruire le fatalisme, car ils prouvent l’efficacité de certains lycées qui ne bénéficient pourtant pas d’un environnement privilégié. A contrario, lorsque  les indicateurs sont mauvais pour un établissement, ils peuvent être mal vécus par l’équipe enseignante : «Cela peut crée un climat délétère d’autant que ces résultats fluctuent une année sur l’autre», note Marie Duru-Bellat. «Après la parution des Ival, les enseignants ont souvent l’impression que leur énorme travail pour aider les élèves en difficulté n’est pas reconnu.

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