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Comment fait-on pour justifier la guerre s’il n’y a pas d’ennemi qui nous menace ?

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Mars 2016, 06:22am

Catégories : #GUERRE, #PAIX

Comment fait-on pour justifier la guerre s’il n’y a pas d’ennemi qui nous menace ?

Comment fait-on pour justifier la guerre s’il n’y a pas d’ennemi qui nous menace ? C’est simple, il suffit de l’inventer ou de le fabriquer. C’est ce que nous enseigne le général Philip Breedlove, le chef du Commandement européen pour les Etats-Unis qui va passer à un autre général étasunien le bâton de Commandant suprême allié en Europe.

 

Dans sa dernière audition au Pentagone, il prévient qu’ « à l’Est l’Europe a en face d’elle une Russie résurgente et agressive, laquelle pose une menace essentielle à long terme ». Il renverse ainsi la réalité : la nouvelle guerre froide en Europe, contraire aux intérêts de la Russie, a été provoquée avec le putsch de la Place Maïdan par la stratégie USA/Otan, qui continue à alimenter les tensions pour justifier le déploiement croissant de forces en Europe orientale.

En Ukraine, a été constitué un Commandement conjoint multinational pour l’entraînement « jusqu’en 2020 » des forces armées et des bataillons néonazis de la Garde nationale, dont s’occupent des centaines d’instructeurs de la 173ème Division USA transférés de Vicence (Vénétie), flanqués de Britanniques et de Canadiens. Le Commandement européen des Etats-Unis, souligne Breedlove, travaille avec les alliés pour « contrecarrer la Russie et se préparer au conflit si nécessaire ».

Au Sud, prévient le Commandant suprême allié en Europe, « l’Europe a en face d’elle le défi de l’émigration de masse provoquée par l’écroulement et par l’instabilité d’Etats entiers, et de l’Isis (Etat islamique) qui se répand comme un cancer menaçant les nations européennes ». Il soutient ensuite que « l’intervention de la Russie en Syrie a compliqué le problème, car il a fait peu pour s’opposer à l’Isis et beaucoup pour soutenir le régime d’Assad ».

Il renverse à nouveau la réalité : ce sont les Etats-Unis et l’Otan qui ont provoqué avec la guerre l’écroulement de l’Etat libyen et l’instabilité de celui de Syrie, et l’émigration de masse qui s’ensuit, en favorisant la formation de l’Isis fonctionnel à leur stratégie, qu’ils ont fait semblant de combattre, alors que l’intervention russe en Syrie en appui des forces gouvernementales a durement frappé l’Isis en le faisant reculer.

Maintenant que la Russie, ayant atteint son premier objectif, redimensionne son engagement en Syrie, l’Otan sous commandement étasunien étend sa présence militaire au Moyen-Orient.

Le 29 février, le secrétaire général de l’Otan Stoltenberg a signé avec le Koweit un accord qui permet de créer la première escale aéroportuaire de l’Alliance atlantique dans le Golfe, à la fois pour la guerre en Afghanistan et pour « la coopération de l’Otan avec le Koweit et d’autres partenaires », surtout l’Arabie Saoudite soutenue par le Pentagone dans la guerre qui fait des massacres de civils au Yémen.

Le 2 mars à Abu Dhabi, Stoltenberg a renforcé « la coopération avec les Emirats Arabes Unis pour affronter les défis communs à la sécurité ».

Le 17 mars, il a reçu à Bruxelles le roi Abdullah II, pour renforcer le « partenariat de l’Otan avec la Jordanie ».

Le 18 mars, il a reçu Al Zayani, secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahrein, Emirats Arabes Unis, Koweit, Oman, Qatar), pour « approfondir la coopération entre les deux organisations ».

En Afrique -tandis que se prépare l’opération qui, sous le prétexte de les libérer de l’Isis, vise à occuper les zones de la Libye économiquement et stratégiquement les plus importantes- est en cours, du Sénégal au Golfe de Guinée, l’exercice Obangame/Saharan Express, auquel participent dans une fonction « antiterrorisme et antipiraterie », des forces navales USA, Europe, Afrique et même Brésil. Dirigé depuis le quartier général de Naples des U.S. Naval Forces Europe-Africa, dont la mission est de « promouvoir les intérêts nationaux étasuniens, la sécurité et la stabilité en Europe et en Afrique ».

Manlio Dinucci

Edition de il manifesto
(lien indisponible au moment de cette diffusion)
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Source

 

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