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Conseils, science, sante et bien-être


Après un hiver si doux, comment va la nature ?

Publié par MaRichesse.Com sur 23 Mars 2016, 09:02am

Catégories : #HIVER, #ENVIRONNEMENT

Après un hiver si doux, comment va la nature ?

Le printemps est de retour... Sauf qu’on n’a pas vraiment eu d’hiver. Comment la faune et la flore vivent-elles cette douceur exceptionnelle ? Le point avec la Ligue pour la protection des oiseaux

C'est officiel, depuis ce dimanche 20 mars, c'est le printemps ! A 5h30 du matin,l'équinoxe du printemps a lancé l'arrivée de la "belle saison", au sens astronomique du terme. Le hic, c'est qu'on n'a pas senti passer l'hiver et que les spécialistes du climat considèrent que le printemps a réellement commencé le… 21 février.

A Mimizan dans les Landes, le 8 novembre 2015.© PHOTO ARHIVES AFP

Après une année 2015 inscrite dans les annales, la planète vient de vivrel'hiver le plus chaud depuis le relevé des températures, au début du XXème siècle. Et, n'en déplaise aux amateurs des frimas d'antan : les modèles météorologiques des super-calculateurs toulousains de Météo France, ne voient venir rien d'autre qu'une douceur persistante en avril et mai.... Avec des conséquences inéluctables pour la faune et la flore. Reste à savoir lesquelles.

Pluie mondiale de records de chaleur

En France, +2,3°C par rapport à la normale saisonnière

Le bilan climatique hivernal est sans équivoque : en France, avec unetempérature nationale moyenne de 8° C, l'hiver 2016 dépasse de 2,3°C la normale saisonnière. Selon les données de MétéoNews comme celles de Météo Francec'est l'hiver le plus chaud jamais observé en France depuis les premiers relevés météorologiques en 1900.

 

Le 19 décembre2015, à Biarritz, on se baignait dans l'océan.© PHOTO ARCHIVES SUD OUEST / EMILIE DROUINAUD

 

Au-delà de l'Hexagone, le phénomène est européen et mondial. Indices duchangement climatique en cours, après une année 2015 inscrite dans les annales, les records climatiques de chaleur continuent de tomber depuis le début de l'année 2016, a averti ce lundi l'Organisation métrologique mondiale (OMM), une agence de l'ONU basée à Genève. Selon la Nasa, qui s'en est émue, le mois de février 2016, notamment, est le plus chaud des 136 dernières années.

Exceptionnelle, la douceur hivernale bouleverse la nature

  • La faune sauvage est désorientée
Le chant des oiseaux, "indicateur du changement climatique"

N'incriminez pas vos acouphènes et non, vos oreilles ne vous ont pas joué un joli tour. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et les scientifiques du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), le confirment : cette année, les chants de certaines espèces d'oiseaux qui annoncent la saison des amours et le printemps, sont réellement parvenus à vos oreilles très en avance.

Une mésange bleue.© PHOTO ARCHIVES AFP

C'est le cas de la mésange charbonnière et bleue, de la grive musicienne, du pouillot véloce, de la fauvette à tête noire et même du pinson des arbres et du merle noir, dont les premières nichées ont eu lieu début mars, alors qu'elles s'effectuent généralement en avril. Un phénomène qui perturbe vos grasses matinées mais qui constitue surtout, selon l'association, "un indicateur de premier ordre du changement climatique."

 

 

  • Évolution des phénomènes migratoires

Les oiseaux ont multiplié les comportements inhabituels cet hiver. Ainsi, analysent les spécialistes, c'est peut-être la douceur hivernale en Europe de l'ouest qui a inciténombre de canards hivernants à stationner plus au nord sans se préoccuper de devoir descendre jusqu'en France, qui servait jusqu'alors de refuge climatique pour leurs quartiers d'hiver.

De jeunes hirondelles rustiques.© PHOTOPHILIPPE VAN DORSSELAER

A contrario, au lieu voler en Afrique, un nombre important d'hirondelles rustiques ont préférer hiverner en France cet hiver. Ce phénomène encore imperceptible l'an passé, semble s'être particulièrement accentué ces derniers mois. Tel est le constat que fait Philippe-Jacques Dubois, spécialiste auprès de la LPO de l'avifaune et du changement climatique, au travers des données collectées par le programme de sciences participatives Visio Nature.

Un rouge-gorge.© PHOTO BERNARD MUGICA

Quant aux oiseaux traditionnellementsédentaires (pinson, rouge-gorge, merle), ils se reproduisent plus tôt et se nourrissent des graines des plantes, elles-mêmes en avance. Au risque de priver de nourriture lesespèces migratrices qui, ayant respecté la tradition, sont tout juste de retour au pays.

  • Les ours contents, les chauves-souris beaucoup moins

La poignée d'ours qui peuplent les Pyrénées, auraient plutôt bien profité de la douceur de l'hiver. Si leur hibernation a été courte, les ursidés ne devraient pas souffrir de la faim, la nature, elle aussi en avance sur son calendrier, ayant suffisamment pourvu à leur nourriture.

Tous les animaux ne sont pas logés à la même enseigne. Pierre Zagatti, de l'Office pour les insectes et leur environnement (OPIE), estime que les chauves-souris, qui se sont beaucoup agitées cet hiver en dehors de leur grotte et on dépensé beaucoup d'énergie, pourraient avoir des difficultés à s'alimenter, leur régime étant constitué d'insectes, potentiellement victimes en grande majorité de cet hiver si doux.

Il est plus difficile d'évaluer les conséquences que la chaleur hivernale inhabituelle aura sur leur future reproduction, puis sur l'ensemble de leur écosystème et de la chaîne alimentaire. La LPO pointe d'autres possibles effets collatéraux de cet hiver hors norme : la reproduction des petits rongeurs forestiers (mulots, campagnol roussâtre) est dépendante de la fructification des arbres. Qu'en sera-t-il cette année ?

  • Heureux comme une abeille en plein hiver

 

Les abeilles apprécient la douceur hivernale.© PHOTO ARCHIVES SUD OUEST

 

Les insectes pollinisateurs, et tout particulièrement les petites ouvrières des champs et des jardins, apprécient, semble-t-il la clémence des températures. Cette année, après des années de baisse, la production de miel est enfin repartie à la hausse, malgré la  persistance de la forte mortalité des abeilles, due, pour partie, aux pesticides. Selon l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF), qui se réjouit del'interdiction des insecticides néonicotinoïdes inscrite depuis le 18 mars dans la loi de la biodiversité, la douceur des conditions météo n'est pas étrangère à cette reprise.

  • La flore déphasée
Janvier et février, ont été assez bien arrosés.Météo France

La grande douceur hivernale s'est accompagnée de fortes précipitations en janvier et février. Avec la chaleur et des nappes phréatiques bien remplies, notamment dans le bassin Sud-Ouest, comme le constate le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), le cycle végétatif des plantes est bouleversé et la reprise printanière des plantes est également intervenue plus tôt que d'habitude.

 

La carte de France de l'état des nappes d'eau au 1er mars 2016.© PHOTO BRGM

 

Les arbres fruitiers, comme les pommiers, ont fleuri plus tôt. "On a vu des cerisiersqui fleurissaient sans une abeille sauvage pour les féconder, déjà ou pas encore sorties !" note la LPO. En ville, les délicats coloris des primevères illuminent les jardins depuis le mois de janvier. A Bordeaux, des plantes méditerranéennes comme leplumbago, qui, sous cette latitude, gèle l'hiver, sont ressorties indemnes d'un hiver sans gel et les pots de géraniums à l'abri arborent déjà leurs premiers boutons.

Bon pour le porte-monnaie des jardiniers

Une certitude, l'hiver 2016 fait des heureux chez les jardiniers qui n'ont pas besoin de racheter des plants pour refaire toutes leurs plate-bandes  et refleurir leurs potées.

 

Premiers achats de fleurs de la saison dans une jardinerie à Saint-Paul-lès-Dax (Landes), février 2010.© PHOTO ARCIVES SUD OUEST / PHILIPPESALVAT

 

Mais il pourrait bien rendre rend moroses les jardineries, d'autant que les températures actuelles ne sont pas vraiment propices aux plantations, habituelles en cette saison, des arbres et des arbustes. Après un recul de 1% des ventes de plantes d'extérieur en 2015, cette année encore, le marché des jardineries pourrait avoir du mal à doper ses ventes.

Attention à l' "effet papillon sur l'écosystème"

Pour l'homme, s'il peut inquiéter et désorienter les personnes les plus sensibles au rythme des saisons, et s'il est favorable à l'accroissement des allergies (acariens), un hiver doux a plutôt des avantages. L'organisme humain redoute les grands froids,qui, comme les fortes chaleurs, peuvent tuer les personnes les plus fragiles (personnes âgées, malades, sans domicile fixe...).

La douceur exceptionnelle de l'hiver est susceptible de déséquilibrer l'ensemble des écosystèmes qui interagissent.La LPO

Les impacts sur la nature d'une séquence climatique aussi inhabituelle que celle de cet hiver sont ambivalents. S'ils pressentent qu'ils sont plutôt négatifs, pour les mesurer plus précisément, les scientifiques vont devoir observer à la loupe les comportements d'adaptation qu'adopteront la faune et la flore durant ce printemps tout neuf. Ce qui est certain en revanche, soulignent les spécialistes de  la LPO, c'est qu'"une modification du comportement d'une espèce, à priori bénéfique à court terme, entraîne un effet papillon sur le reste de son écosystème".

Parfois bénéficiaires mais souvent victimes, les espèces vivantes sont directement impactées par le réchauffement climatique, dont nous commençons tout juste à en mesurer les effets.

 

 

La planète toute entière est soumise au même régime : Arctique, Russie, Etats-Unis, Allemagne... l'hiver a été chaud.

Aux Etats-Unis, selon les météorologues américains, l’hiver qui vient de se terminer a été le plus chaud jamais enregistré depuis 1880. Tout pareil en Russie, où les températures relevées ces trois derniers mois étaient même de 4 à 5°C supérieurs à la moyenne.

En Allemagne, elles ont été de 3,6°C plus élevées que la moyenne enregistrée de 1961 à 1990. Même scénario en Europe, où, de décembre 2015 à février 2016, le mercure est resté 2°C  au dessus de la norme climatique pour faire de l’hiver qui s’achève le plus chaud jamais connu sur le Vieux Continent depuis les débuts de l’ère industrielle.

Dans l'Arctique, l'étendue des glaces de mer a atteint un minimum record en janvier et février. "Quant aux concentrations de gaz à effet de serre, elles ont franchi le seuil, symbolique, de 400 parties par million", a souligné ce lundi l'OMM.  

 Source

 

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