Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Une avocate grenobloise contrainte de retirer son soutien-gorge pour rencontrer un détenu

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Février 2016, 04:35am

Catégories : #INSOLITE, #JUSTICE

Une avocate grenobloise contrainte de retirer son soutien-gorge pour rencontrer un détenu

Les faits remontent au 18 décembre, mais n'ont été révélés que mercredi. Ce jour-là, une avocate du barreau de Grenoble - qui souhaite garder l'anonymat - se rend à la prison de Villefranche-sur-Saône, dans le Rhône, pour s'entretenir avec l'un de ses clients, un détenu, afin de préparer une audience. Avant d'accéder au parloir, l'avocate doit d'abord passer le portique de sécurité. Ce dernier sonne lors de son premier passage. À la demande du surveillant, elle enlève son manteau, ses bijoux et ses chaussures. Mais le deuxième essai n'est toujours pas concluant. Le soutien-gorge de l'avocate est en cause. Le surveillant le sait, lui fait remarquer, mais ne la laisse toujours pas entrer, explique Me Elsa Ghanassia, membre du bureau de l'association Avocats pour la défense des droits des détenus (A3D).

Le surveillant décide alors de faire appel à sa supérieure hiérarchique qui la laisse passer, non sans lui glisser une remarque: «La prochaine fois, mettez une brassière. (...) Si vous ne voulez pas porter de brassière, je suis libre de ne pas vous faire entrer». Un brin agacée par la situation, l'avocate lui rétorque qu'un «avocat est un auxiliaire de justice et qu'à ce titre elle est de confiance pour ne rien fournir à son client au parloir». La surveillante n'apprécie pas la remontrance, selon Me Elsa Ghanassia, et refuse finalement de la faire entrer dans l'établissement pénitentiaire.

L'avocate est ensuite contrainte par le chef de la détention à retirer son soutien-gorge et à le déposer dans sa voiture si elle veut pouvoir s'entretenir avec son client. Pour Me Ghanassia, jointe par Le Figaro, ce procédé relève de «la pure humiliation» et est «une atteinte à la dignité de la profession et de la personne». La scène a duré plus d'une heure, réduisant le temps de parloir, déplore-t-elle. D'autant que les surveillants ont indiqué à l'avocate que si elle sonnait de nouveau à l'avenir, «elle ne sera pas autorisée à entrer, quand bien même il s'agirait de son soutien-gorge», soutient l'association A3D. La Direction de l'administration pénitentiaire contactée par Le Figaroaffirme pour sa part que «le règlement intérieur de l'établissement s'applique à tous, y compris les avocats». «On peut parfois nous reprocher nos conditions fermes, mais on pourrait également nous reprocher de ne pas les appliquer, notamment en période de plan Vigipirate», poursuit la Direction.

 

«Des pratiques récurrentes»

Pour des raisons de sécurité, les avocats doivent passer par des portiques de sécurité avant de s'entretenir avec leurs clients au parloir, selon le droit pénitentiaire. Ils ne peuvent pas y accéder avec leurs propres téléphones portables ou avec une clé USB, par exemple par crainte de voir les conseils fournir des éléments prohibés aux détenus. «Cela est déjà arrivé, bien entendu, mais ce sont quand même des cas isolés. On ne peut pas présumer que les avocats enfreignent la loi», s'indigne Me Elsa Ghanassia. L'association A3D souligne qu'un «auxiliaire de justice dans l'exercice de sa fonction de défenseur n'a pas à se voir imposer par l'administration pénitentiaire une manière de se vêtir alors que les règles de sécurité avaient été respectées par celui-ci et que cela révélait surtout un règlement très sensible d'un portique».

Au-delà de ce cas précis, Me Elsa Ghanassia entend «inciter le ministère de la Justice à faire une circulaire de bonne pratique pour que les personnels pénitentiaires traitent les avocats avec un peu plus de respect». A3D, qui travaille en collaboration avec l'Observatoire international des prisons, attend d'avoir recueilli suffisamment de témoignages de ce type pour écrire formellement au Garde des Sceaux. «D'autres avocats ont eu des difficultés de ce type en France, ce sont des pratiques récurrentes, et il faut se pencher sur ces abus», conclue cette Elsa Ghanassia. 

 lefigaro

 

Commenter cet article

Archives