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Pourquoi la France n'arrive pas à créer des emplois

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Février 2016, 11:53am

Catégories : #EMPLOI, #FRANCE

Pourquoi la France n'arrive pas à créer des emplois

La France a créé 47.000 postes de travail seulement sur l'année 2015 dans ce qu'on appelle le secteur marchand, c'est-à-dire l'économie privée (hors agriculture) sur un total de 15,9 millions. On est donc à zéro plus. Cette croissance légèrement positive est due aux deux derniers trimestres de l'année, positifs eux aussi, alors que l'économie française n'avait pas créé d'emploi depuis la mi-2012. La "job machine" française s'est arrêtée juste au moment de l'élection de François Hollande, et elle redémarre timidement depuis six mois. Enfin une courbe qui s'inverse dans le bon sens, même si c'est encore insuffisant pour faire baisser le chômage.

Ces 47.000 sont un solde entre les destructions d'emplois encore importantes dans l'industrie et dans la construction, et les créations de postes dans trois secteurs : la restauration, les activités scientifiques et techniques, et la gestion. Il faut noter aussi une progression significative de l'intérim.

100.000 emplois créés par mois outre-Manche

Tous les grands pays voisins recréent de l'emploi bien davantage que nous. Sans même parler de l'Allemagne, qui a vu son chômage baisser pendant la crise. L'Italie est à près de 250.000 créations de postes sur un an. L'Espagne a créé, quant à elle, 525.000 emplois sur un an. C'est le Royaume-Uni qui détient le record, avec 100.000 emplois par mois sur les derniers trimestres. D'ailleurs, la quasi-totalité des pays d'Europe ont vu leur taux de chômage diminuer en 2015.

Comment expliquer que nous soyons la lanterne rouge de l'emploi ? Il y a d'abord un écart de croissance économique, avec l'Angleterre par exemple, qui est en reprise depuis plusieurs années maintenant. Il y a aussi la politique conduite. L'Italie a, par exemple, créé une sorte de deuxième marché du travail avec, pour tous les nouveaux emplois créés, des salaires plus faibles, des charges sociales plus légères et des protections moindres. C'était le "job act" du premier ministre Renzi, voté au printemps dernier.L'Espagne a fait à peu près la même chose.

En réalité, bon nombre de pays se sont alignés sur le fonctionnement de l'Allemagne, qui a depuis longtemps un marché du travail à deux vitesses, l'un avec les salariés en CDI, bien protégés, qui ne varie que peu durant les crises, et un volant de précaires qui subit les ajustements.

Second marché de l'emploi

C'est sur ce second marché que se font la plupart des créations d'emplois. Sur ces marchés du travail parallèles, créations et destructions d'emplois se font beaucoup plus facilement. La peur d'embaucher n'existe pas. La contrepartie, c'est l'insécurité pour les salariés concernés. On peut y voir en bonne partie l'explication de l'écart de performance avec la France.

Pour être complet, il faut aussi ajouter les effets d'optique, en particulier dans le cas de l'Espagne. L'Espagne a donc créé 500.000 emplois en 2015, c'est énorme. Mais il faut le rapporter aux quelques 4 millions d'emplois qu'elle a supprimés depuis 2007. Ce qui explique du reste le très haut niveau de chômage qui subsiste au-delà des Pyrénées. Alors que sur la même période, la France n'en a supprimé que 550.000, c'est-à-dire près de huit fois moins que l'Espagne. En somme, la France est moins réactive à la reprise, mais aussi moins réactive à la récession. 

 RTL

 

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