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Erreur 53 : quand Apple bousille volontairement vos téléphones

Publié par MaRichesse.Com sur 15 Février 2016, 12:45pm

Catégories : #TECHNOLOGIE, #APPLE

Erreur 53 : quand Apple bousille volontairement vos téléphones

C’est la capsule de cyanure des iPhone. Ce qui les rend complètement inutilisables, à l’insu de leurs propriétaires. Le tout sur simple décision d’Apple, des mois parfois après leur acquisition.

 

Ce poison, intitulé « erreur 53 », fait frémir des consommateurs du monde entier depuis des semaines – une simple recherche sur Twitterou les forums spécialisés permet de s’en assurer. Jusque là néanmoins, seules les victimes de ce sabotage intentionnel et les amateurs de bidouilles high-tech étaient au courant.

En révélant l’histoire ce 5 février, le journal britannique The Guardian a inquiété des millions de possesseurs du dernier téléphone d’Apple, l’iPhone 6 – qui s’est vendu comme des petits pains : 10 millions d’exemplaires rien que les trois premiers jours de sa sortie.

Quand le téléphone se transforme en brique

Dans la majorité des cas, la mésaventure débute après une mise à jour. L’installation, sur le dernier-né de la gamme d’iPhone, de la version récente du système d’exploitation de la marque : iOS 9. S’en suit la réception du message fatal : « error 53 ».

Impossible alors d’utiliser le téléphone. Sur les forums d’experts, l’appareil est dit « bricked » : aussi utile qu’une brique pour appeler, envoyer des messages ou aller sur Internet. Bref, un poids mort.

Erreur 53
Erreur 53 - Capture iCracked

A en croire le Guardian, qui a collecté de nombreux témoignages, la paralysie intervient avant tout sur des téléphones dont le bouton principal (en bas au centre de l’appareil) a été réparé dans une boutique non agréée par Apple. Y compris des mois après avoir été tripatouillé, le téléphone s’arrête net une fois iOS 9 installé. Témoignage d’Antonio Olmos, un photographe s’avouant « Apple addict », sur le site du journal britannique :

« J’étais dans les Balkans pour suivre la crise des réfugiés en septembre, quand j’ai fait tomber mon portable. J’en avais vraiment besoin pour le boulot donc je l’ai fait réparer par une boutique locale, vu qu’il n’y a pas d’Apple Store en Macédoine. Ils ont réparé l’écran et le bouton principal, et ça marchait très bien. »

Jusqu’à la mise à jour logicielle. Et l’erreur 53.

« Raisons de sécurité »

Peu loquace sur ce problème (comme souvent), Apple a été obligé de sortir du bois après les révélations du Guardian. La firme ne nie pas être à l’origine de cette panne volontaire, et affirme même l’activer pour des raisons de sécurité.

Pommes empoisonnées
Pommes empoisonnées - torange.us/CC

La faute au système d’identification des empreintes (fonction « touch ID ») qui est associé, depuis l’iPhone 5S, au bouton principal des iPhone. Plus besoin de code secret pour déverrouiller les appareils récents : il suffit d’apposer son pouce, et laisser le bouton vous identifier.

Critiquée pour sa capacité à ficher les empreintes de millions de personnes, la fonctionnalité a également été très vite piratée. Du coup,Apple joue la carte de la sécurité dans sa réponse officielle au Guardian :

« Nous protégeons les empreintes digitales par une enclave sécurisée, qui est couplée avec un unique capteur touch ID. Quand un fournisseur Apple autorisé, ou un magasin de la marque est chargé d’effectuer des modifications sur ce capteur touche ID, le couplage est une nouvelle fois validé.

Sans cette combinaison unique, un capteur malveillant pourrait être placé et avoir ainsi accès à l’enclave sécurisée. Quand iOS détecte l’échec du couplage, touchID, y compris pour Apple Pay, est désactivé afin que l’appareil demeure sûr. »

Atteinte aux droits des consommateurs ?

A en croire les victimes pourtant (ici un rédacteur de The DailyDot, là un blogueur de d’iCracked), les conséquences sont autrement plus simples. Et radicales : l’appareil demeure bloqué et la seule solution préconisée est... d’en racheter un ! Or difficile de trouver un iPhone neuf en dessous de 600 euros. Quant à l’occasion, comment savoir si des revendeurs autres qu’Apple ont retouché l’appareil dans sa vie antérieure ?

La facture est donc très salée pour un produit déjà onéreux. Apple, très critiquée pour sa propension à enfermer sa clientèle dans un univers cher et limité (passage obligatoire sur iTunes, chargeurs spécifiques,voire obligation de télécharger le dernier U2 ! ), se voit une nouvelle fois taclé. Le Guardian s’interroge carrément : ne s’agit-il pas ici d’une pratique anti-concurrentielle ?

Le journal brandit l’exemple des équipementiers automobiles qui n’ont pas le droit, au Royaume-Uni, de forcer leurs clients à faire réparer leurs véhicules chez eux. En France, si l’Autorité de la concurrence s’est penchée sur le sujet en 2012, en appelant à une ouverture du marché de la réparation, la situation est loin d’être aussi claire.

Néanmoins, des règles existent, ici et en Europe, pour empêcher les marques de garder un contrôle absolu sur leurs produits après achat. Le principe de vente liée, notamment, interdit de forcer un client à acheter un produit avec un autre produit ou service, pour peu que la pratique soit considérée comme déloyale. Le cas de l’erreur 53, qui force à aller quérir les services de réparation d’Apple, peut-il entrer dans cette catégorie ?

On attend avec impatience l’éclairage de la DGCCRF, ainsi que des conseillers juridiques spécialisés dans le droit de la concurrence, contactés pour l’occasion - pour le moment, sans succès. 

 rue89

 

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