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Conseils, science, sante et bien-être


La pire saison de tous les temps

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Janvier 2016, 23:35pm

Catégories : #ANIMAUX

La pire saison de tous les temps

vous avez l’impression que la dernière saison de chasse au chevreuil a été peu productive, vous avez totalement raison. Nous ­venons effectivement de connaître la pire performance de tous les temps!

C’est le malheureux constat qui ressort à la suite de la publication des statistiques de prélèvement pour la saison 2015, que le ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs (MFFP) vient de rendre ­publiques.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les chiffres sont ­alarmants.

Ainsi, on y apprend que les chasseurs ont capturé un maigre total de 46 133 cerfs de Virginie en 2015, soit le pire résultat des

17 dernières années, depuis que le ministère compile les données.

C’est aussi une baisse de 9179 chevreuils par rapport à l’année précédente, alors qu’il s’en était récolté 55 312.

Baisse presque partout

Quand on vous dit que les chiffres sont décevants: des 27 zones de chasse au Québec, seulement deux ont affiché une hausse de capture par rapport à 2014.

Il s’agit des zones 26 est (zec ­Tawachiche) et 27 ouest – la région de Québec –, qui font effectivement cavalier seul avec des augmentations de 4,2 % et 1,2 %.

Partout ailleurs, les résultats sont à la baisse, et de façon ­dramatique à certains endroits.

Les pires performances ont été enregistrées dans les zones 12 (Hautes-Laurentides), 13 (Abitibi-Témiscamingue), 11 est (Réservoirs Baskatong et Kiamika), 11 ouest (Zec Petawaga), 9 est (Lanaudière), 2 est (Rimouski/Bas-Saint-Laurent) et 15 ouest (Rouge-Matawin/ Zec Maison-de-Pierre), qui ont essuyé des pertes variant de 31 à 55 %.

Des résultats ont été aussi très décevants dans les zones 2 ouest (Témiscouata/Rivière-du-Loup), 3 est et ouest (Pays-de-l’Érable), 4 (Beauce), 5 est (Knowlton), 6 nord (Saint-Nicéphore/Valcourt), 8 est (Saint-Pie/Acton Vale), 9 ouest (Laurentides), 10 ouest (Outaouais) et 20 (Anticosti), où le rendement a chuté de 10 à 30 %.

En fait, les endroits les moins touchés ont subi une baisse de 10 % ou moins, soit les zones 1 (Gaspésie), 5 ouest (Cowansville), 6 sud (Windsor/Coaticook), 7 nord (Nicolet/Laurier-Station) et 7 sud (Victoriaville), 8 nord (Montréal Métropolitain/Montérégie) et 8 sud ­(Huntingdon).

Ajustements à prévoir

Devant la situation, le ministère analyse les faits et pourrait apporter des ajustements au cours des prochains mois afin de ­résoudre le problème.

Il pourrait par exemple raccourcir certaines saisons de chasse, mettre fin au double abattage dans quelques secteurs, interdire certains types d’armes dans des zones précises, fermer des zones pour une ou deux saisons, le temps que les troupeaux reprennent du poil de la bête, limiter le nombre de permis dans une zone et les offrir par tirage au sort, introduire la loi des cinq pointes et plus, limiter le prélèvement de femelles avec les flèches et la poudre noire.

Une histoire à suivre.

♦ C’est dans l’île d’Anticosti qu’il s’est récolté le plus de chevreuils, soit 5886. Sur le continent, les trois zones les plus productives ont été la 6 sud avec 5297 cerfs prélevés, la 4 avec 4952 et la 10 ouest avec 3728.

♦ Il existe plusieurs types de permis, ce qui n’empêche pas une majorité de chasseurs d’essayer de récolter les plus gros mâles possible. De ce côté, 2015 a également été carrément décevante puisqu’elle se classe l’avant-dernière des 17 dernières années avec ses 25 798 chevreuils.

Il s’en était récolté seulement 24 141 en 2009.

♦ Du côté du Nouveau-Brunswick, la situation n’a guère été meilleure puisque nos voisins ont également connu la pire saison de chasse au chevreuil depuis 2001. Après une chute des récoltes de 15 % en 2014, il y en a eu une autre de 37,8 % cette année. Seulement 4313 cervidés ont été déjoués dans ce coin de pays en 2015. Les biologistes soutiennent que l’hiver 2014-1015 fut l’un des pires pour les jeunes cerfs depuis la fin des années 1990. Près de 22 % du troupeau provincial aurait péri selon leurs analyses.

RÉCOLTE PAR ZONE DES SAISONS 2015 ET 2014

Zones 2015 2014 % différence
1 1723 1877 -8,2%
2E 67 136 -50,7%
2O 585 823 -28,9%
3E 442 562 -21,4%
3O 2225 2547 -12,6%
4 4952 5791 -14,5%
5E 570 718 -20,6%
5O 3005 3240 -7,3%
6N 2499 3232 -22,7%
6S 5297 5734 -7,6%
7N 2270 2475 -8,3%
7S 2743 2868 -4,4%
8E 2305 2622 -12,1%
8N 2187 2351 -7,0%
8S 1407 1491 -5,6%
9E 224 453 -50,6%
9O 515 705 -27,0%
10E 1183 1740 -32,0%
10O 3728 5028 -25,9%
11E 738 1168 -36,8%
11O 9 15 -40,0%
12 26 38 -31,6%
13 20 29 -31,0%
15O 61 136 -55,1%
2O 5886 8087 -27,2%
26E 74 71 4,2%
27O 1392 1375 1,2%
Total 46 133 55 312 -16,6%
 

PAS À CAUSE D’UNE MALADIE

Devant les piètres résultats de chasse obtenus l’automne dernier, plusieurs chasseurs ont évoqué la possibilité qu’une maladie quelconque ait pu décimer la population de chevreuils. Les nemrods peuvent se rassurer. Cette théorie a été rejetée du revers de la main par plusieurs biologistes que nous avons interrogés tout au long de la saison de chasse. Gaétan Laprise, qui est technicien de la faune à l’île d’Anticosti depuis 1982, est catégorique. «Toutes les études effectuées ont démontré que les cerfs de Virginie ne souffraient pas d’une maladie quelconque, de la présence d’un parasite dévastateur ou d’effets causés par la consanguinité, que ce soit sur un territoire où la population est aussi dense qu’à Anticosti ou ailleurs sur le continent.»

Gaétan Laprise
PHOTO COURTOISIE
Gaétan Laprise

5 RAISONS QUI EXPLIQUENT LE PHÉNOMÈNE

Une période du rut anormale

La période habituelle du rut a été interrompue pour reprendre après la saison de chasse, et de façon saccadée. La saison des amours débute normalement lors de la pleine lune quand le thermomètre est à la baisse et que la durée du jour, soit la photopériode, raccourcit. La température a été beaucoup trop clémente au cours de la saison de chasse. On a eu droit à des pluies abondantes et des vents forts. Ce déséquilibre des écosystèmes a bousculé les habitudes du chevreuil.

Des hivers rigoureux et des prédateurs affamés

Il faut également tenir compte du fait que certains de nos derniers hivers ont été très rigoureux avec des froids intenses. Ajoutons à cela des couverts de neige importants et on comprendra que ce sont les prédateurs comme le coyote et le loup qui en ont été les principaux bénéficiaires, ce qui pourrait expliquer en partie la diminution du troupeau.

Le satané verglas

Certaines régions ont aussi connu des épisodes de verglas ces dernières années, qui ont eu pour effet d’augmenter le taux de mortalité. Résultat: les chevreuils, en plus d’avoir de la difficulté à se déplacer avec leurs fins sabots, se sont épuisés plus rapidement et ont pu se blesser les pattes, en plus de voir la glace recouvrir le peu de nourriture qui leur restait au sol. Dans bien des cas, il s’agit d’une épreuve supplémentaire de trop, qui coûte la vie à plusieurs bêtes.

Moins de chasseurs dans les bois

Moins d’adeptes ont pris le chemin de la forêt en 2015, ce qui pourrait aussi expliquer qu’il se soit abattu moins de cerfs. Il s’est vendu l’automne dernier le plus petit nombre de permis des 14 dernières années (158 382 contre 185 300 lors de la meilleure saison en 2007). Le pourcentage de récolte en fonction du nombre de permis a aussi été désastreux; 29 % en 2015 contre 40 % en 2007 et 38 % en 2000, 2002, 2003, 2004 et 2006.

Les accidents de la route

Les accidents de la route pourraient aussi expliquer la diminution du troupeau dans certains secteurs périurbains. En 2013, pas moins de 6383 cerfs de Virginie ont été frappés par des véhicules sur les routes du Québec. Comme le dit si bien la publicité sur le réseau routier, le chevreuil n'est pas seulement sur les panneaux!

 

Année Nombre de permis Bêtes récoltées
Comparatif de récoltes par rapport aux permis délivrés
       
 1999  144 047  46 136  32 %
 2000  150 238  57 346  38 %
 2001  158 048  53 100  34 %
 2002  165 748  63 605  38 %
 2003  170 947  65 078  38 %
 2004  175 905  67 692  38 %
 2005  176 180  65 809  37 %
 2006  181 907  68 907  38 %
 2007  185 300  74 939  40 %
 2008
 181 682
 58 117  32 %
 2009  171 956  50 764  30 %
 2010  165 374  52 489  32 %
 2011  160 581  49 579  31 %
 2012  163 551  58 543  36 %
 2013  165 170  61 067  37 %
 2014  163 452  55 312  34 %
 2015  158 382  46 133  29 %

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