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10 choses à savoir sur Frédéric Sicard, le nouveau bâtonnier de Paris

Publié par MaRichesse.Com sur 13 Janvier 2016, 06:24am

Catégories : #JUSTICE, #FRANCE, #PEOPLE

10 choses à savoir sur Frédéric Sicard, le nouveau bâtonnier de Paris

Il est le nouveau patron des 25.000 avocats parisiens. Elu en juin dernier, Frédéric Sicard, le bâtonnier de Paris, vient de prendre ses fonctions et présidera le 5 janvier la première séance du conseil de l'ordre.  

1 - Le 219ème bâtonnier de Paris

A 55 ans, ce spécialiste du droit du travail, ayant prêté serment en 1985 et actuellement avocat associé au sein du cabinet La Garanderie & Associés, devient le 219ème bâtonnier de Paris, une institution dont l’origine remonte à 1274. Ce profil janséniste, mariée à une avocate, père de deux enfants, succède au très médiatique pénaliste Pierre-Olivier Sur.

2 - Un fin connaisseur des instances 

Candidat malheureux au même poste en 2012, où il fut battu au deuxième tour face à Pierre-Olivier Sur, Frédéric Sicard s’est aussitôt mis en lice pour la prochaine élection. Soutenu notamment par Jean Veil, Henri Leclerc, Jean-Louis Borloo et plusieurs anciens bâtonniers, il fut élu en juin dernier au terme d’une élection aussi mouvementée que peu mobilisatrice - le taux de participation fut de 44 % -.

L'homme n’a rien d’un petit nouveau au sein des institutions de la profession. Sous le règne du bâtonnier Christian Charrière-Bournazel (2008-2009), il fut le secrétaire du Conseil de l’ordre, une sorte de vice-roi. Il exerça également des fonctions au sein du Conseil national des barreaux. Une ancienneté au sein des instances qui amène certains à douter de sa capacité à mettre en œuvre les réformes annoncées.

3 - Un bâton très prisé

A la fois porte-parole et patron des avocats parisiens, le bâtonnier de Paris est l’interlocuteur privilégié des pouvoirs publics. Il exprime l’avis de la profession dans les débats publics, gère la vie du barreau, arbitre les différends entre robes noires, traite les réclamations des clients contre les avocats du Barreau. Il se retrouve aussi à la tête d’une petite PME, l’ordre des avocats de Paris, avec ses 170 salariés et un budget annuel qui avoisine les 27 millions d’euros.

Mais le fauteuil promet aussi des indemnités qui ne sont pas à négliger : autour de 220.000 euros annuels, auxquels s’ajoutent la voiture et le gyrophare de fonction, les appartements privés place Dauphine, l’une des plus belles places de Paris, et une prime de départ de 90.000 euros au terme de son mandat.

4 - Des avocats à la diète

Lors de sa campagne, Frédéric Sicard avait promis d’en finir avec le train de vie dispendieux de l’Ordre des avocats. Un engagement qui va se traduire par des coupes franches dans certains postes du prochain budget. "On doit vivre avec notre temps. Et les temps sont économes", confie-t-il à "L’Obs". Les frais de communication devraient ainsi connaître une baisse de 10%, les frais de voyage et de mission de 24%.

Les honoraires des avocats missionnés par l’ordre seront également sérieusement revus à la baisse : moins 20 %. Un poste budgétaire important (entre 4 et 5 millions d’euros) qui fait naître beaucoup de suspicions car une certaine opacité règne autour des noms des avocats ou des cabinets concernés. Par ailleurs, le bâtonnier s’est engagé à baisser les cotisations des avocats de 10%.

5 - Des débats désormais filmés

C’était une autre de ses promesses électorales : instaurer davantage de "démocratie ordinale" pour en finir avec l’accusation récurrente d’"entre-soi" adressée par une partie des robes noires aux membres de l’ordre. Lors de la première séance du conseil, le bâtonnier de Paris devrait donc que les débats soient désormais filmés et accessibles à tous les avocats. "Nous en finirons ainsi avec les accusations d’omerta ordinale", assure-t-il.

6 - Etat d’urgence

Ce sera l’un des ses premiers sujets brûlants : l’Etat d’urgence et la future révision constitutionnelle. "Je ne sais pas si nous avions besoin de plus d’état d’urgenceconsidère le nouveau bâtonnier. Mais je suis sûr en revanche que nous avons d’urgence besoin de plus d’Etat. La situation actuelle est le fruit de décennies où justice et police ont été les parents pauvres du budget. Les parlementaires qui ont voté l’état d’urgence sont les mêmes que ceux qui ont voté il y a quelques semaines les budgets des ministères de la Justice et de l’Intérieur."

7 - Troisième du genre

Frédéric Sicard est seulement le troisième spécialiste du droit du travail à décrocher le précieux bâton. Le premier, Philippe Lafarge, élu en 1987, fut son patron et mentor. La deuxième, Dominique de La Garanderie, première femme élue bâtonnier de Paris en est son associée.

8 - Un rôle de pacificateur

Le bâtonnier aime à se présenter comme un rassembleur. Tant mieux. Car  il ne devrait pas manquer d'occasion de faire montre des qualités qu'il avance. Il y a d'abord les tensions internes au sein des robes noires parisiennes entre le barreau d'en haut et le barreau d'en bas. Il y a aussi les relations teintées de méfiance avec les barreaux de Province et le Conseil National des Barreaux, ces derniers accusant le bâtonnier de Paris de vouloir représenter la profession dans son ensemble.

Quant aux relations avec la Chancellerie, les sujets de discorde n'ont pas manqué ces derniers mois : réforme de l'aide juridictionnelle, affaire des écoutes des conversations entre Me Thierry Herzog et son client Nicolas Sarkozy, débats autour du statut d'avocat en entreprise...  

9 - Temple babylonien

Le bâtonnier ne s’en cache pas : le futur palais de justice des Batignolles imaginé par Renzo Piano – "le nouveau temple babylonien", comme il le surnomme - ne suscite chez lui qu’un enthousiasme des plus mesurés. "La justice n’a besoin que de peu de beauté. Elle a surtout besoin d’humanité. L’immense salle des pas perdus imaginée par Piano est censé faciliter les rencontres entre avocats et clients. Mais tous les avocats savent que l’endroit où on calme son client, c’est dans un petit recoin intime à côté de la porte de la salle d’audience. Par ailleurs, ce palais tout en verre pose des soucis de sécurité. Il a été initialement conçu pour protéger les magistrats mais il faut aussi que les avocats puissent voir les juges, les greffiers…"

10 - Plaidoyer pour le vieux palais

Alors qu’en juin 2017, le tribunal de grande instance doit migrer vers le nouveau palais des Batignolles, le bâtonnier plaide pour le redéploiement du palais historique. "Le plus ancien lieu de justice connu du monde ne doit pas devenir un simple musée", clame Frédéric Sicard. Ce dernier a plusieurs idées pour combler les mètres carré laissés vacants. "Le conseil des prudhommes gère une misère absolu, considère-t-il. 88 % de son budget concerne le loyer. A partir de juillet, le tribunal doit demander des rallonges budgétaires car le papier manque pour les convocations. On pourrait envisager son transfert au sein du vieux palais. Remettre la justiceéconomique et sociale au cœur de la ville, cela pourrait être un joli symbole. Et autrement plus de souffle qu’un énième musée !"

Vincent Monnier

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