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Xavier Duportet, un chercheur innovateur à l'ADN d'entrepreneur

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Décembre 2015, 06:06am

Catégories : #PEOPLE, #SCIENCE

Xavier Duportet, un chercheur innovateur à l'ADN d'entrepreneur

Sacré jeune innovateur de l'année, le chercheur Xavier Duportet, ...

Sacré jeune innovateur de l'année, le chercheur Xavier Duportet, 28 ans, voudrait «arriver à changer le monde avec la technologie» en développant une nouvelle génération d'antibiotiques intelligents. Un biologiste à l'ADN entrepreneurial très prononcé.

«On va devenir les snipers du microbiome pour pouvoir sauver la vie des gens». Un condensé d'enthousiasme et d'idéalisme pour «faire marcher les choses qui ont du sens» et «montrer aux jeunes qu'on peut faire autre chose que du commerce électronique en France, ou qu'une application pour ses chats», confie-t-il à l'AFP.

La mission de sa start-up Eligo Bioscience (anciennement PhageX), hébergée à l'Institut Pasteur, à Paris, consiste à «tuer de façon extrêmement sélective les bactéries résistantes aux antibiotiques actuels ou les bactéries virulentes, sans toucher au reste de la flore microbienne». D'où Eligo, qui signifie «choisir» en latin. Sa technologie a fait ses preuves sur les souris, et elle se donne deux ans pour développer une application humaine.

Une houpette blonde qui évoque celle de Tintin, un parcours qui suit les bonds prodigieux de la carrière du professeur Tournesol. Et comme eux, un voyage en Amérique d'où il rentre en 2014 pour finir sa thèse en biologie de synthèse entre le MIT (Institut de technologie du Massachusetts) et l'Inria. Avec la fièvre de promouvoir «un écosystème interdisciplinaire»: «dommage qu'en France les formations soient ultra-cloisonnées, que les scientifiques ne discutent pas avec le business, les ingénieurs, les designers».

D'origine lyonnaise, ce petit gabarit à l'iris étrangement couleur paille accumule une quinzaine de récompenses depuis 2010. Rien que cette année, il est le lauréat du concours mondial d'innovation 2030 et du Tremplin Entreprises Sénat-Essec, récompenses auxquelles s'ajoute le prix du MIT TR35, revue de la prestigieuse université de Boston.

Symptôme probable de son expérience américaine, il fait fi des étiquettes et «n'aime pas trop la hiérarchie». Ses collègues sont des «amis». Il prône «moins de barrières entre le privé et le public» et déplore «qu'on soit traité de prétentieux quand on pitche (quand on fait une présentation, ndlr) en anglais», la langue de référence dans son secteur.

- «transformer l'innovation en produit» -

Celle de rigueur aussi lors des rencontres organisées par son association «Hello Tomorrow», lancée en 2011 et dédiée aux innovations technologiques. L'édition 2015 de ce vivier de jeunes entrepreneurs avait fait déplacer pas moins que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et 2.500 personnes à la Cité des Sciences et de l'Industrie. Celle de 2016 «est en train de devenir énorme», confie celui qui prépare en plus une version africaine de l'événement en Mauritanie pour le printemps.

«Plus on multiplie les initiatives, plus on est visible», explique le décideur-chercheur. Et plus les portes s'ouvrent: grâce aux 2 millions d'euros levés cet été auprès du fonds Seventure, il vient de recruter 4 chercheurs supplémentaires -- tous ont moins de 30 ans-- et de parfaire l'équipement de son laboratoire.

Posé et pas vraiment pressé, Xavier Duportet, est surtout précoce. Bachelier à 16 ans, il fait ses premiers pas dans l'entreprenauriat avant sa thèse. Il lance son premier projet de start-up en 2011, Omeecs, qui développe une molécule antifongique découverte en Nouvelle-Zélande.

Son leitmotiv: «transformer l'innovation en produit». Son fonctionnement: «s'entourer de gens brillants». Il cite d'emblée David Bikard, co-fondateur et directeur scientifique d'EligoBioscience et d'autres «personnes qui mériteraient d'être célébrées comme des rock-stars» pour régler des problèmes d'énergie ou de santé par la technologie.

Dans son bureau flambant neuf, qu'il vient d'inaugurer en présence de la ministre de la Santé, Marisol Touraine, il n'abrite plus qu'une seule colonie de fourmis, nostalgique du temps où il collectionnait les phasmes et bien d'autres insectes.

L'évocation de cette enfance sonne comme un hymne à sa mère qui a «laissé libre cours à sa curiosité» et «stimulé» son éveil.

Il voue aussi une reconnaissance extrême au scientifique Bernard Mauchamp, celui qui lui a inoculé le virus de la recherche, sa vocation. Il a alors 12 ans et effectue son stage de 3ème (il a un an d'avance en plus d'être né en fin d'année) dans une unité de génie génétique sur... les vers à soie. 

 20minutes

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