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Conseils, science, sante et bien-être


Les humains sont-ils vraiment plus nocifs que Tchernobyl ?

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Décembre 2015, 03:17am

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #POLLUTION, #ENVIRONNEMENT, #SCIENCE

Les humains sont-ils vraiment plus nocifs que Tchernobyl ?

Dans la BD «  Un printemps à Tchernobyl  » (Futuropolis, 2013), Emmanuel Lepage part en reportage vers ce qu’il reste des villes, villages et paysages frappés par la catastrophe nucléaire en 1986.

On s’attend à voir des friches, du métal, de la désolation, mais c’est la nature luxuriante que le dessinateur nous présente. On voit des cerfs, des oiseaux et des arbres, beaucoup d’arbres. Certaines pages sont pleines de couleurs, comme si la nature se portait mieux que jamais.

Cette impression a été confirmée par une étude publiée en octobre dernier dans la revue américaine Current biology. Elle indiquait que le nombre de sangliers, d’élans, de chevreuils, de renards, de loups et même de lynx et d’ours bruns a beaucoup augmenté dans ces zones abandonnées par les humains, y compris dans les zones contaminées et très contaminées.

 

 
Un renard mange un sandwich à Tchernobyl

L’être humain est nocif

Dans un texte publié vendredi dernier, l’un des auteurs, Jim Smith, revient sur les conclusions de son étude et se demande si les humains «  sont pires que Tchernobyl  ». Il répond par l’affirmative en expliquant ceci :

«  Certes le fait que les animaux prospèrent à Tchernobyl ne signifie pas que les radiations sont bénéfiques pour la faune. Le rayonnement endommage l’ADN et aux niveaux actuels nous ne pouvons pas exclure des effets sur la reproduction de certains animaux. Mais une comparaison avec ce qui s’est produit à l’extérieur de la zone affectée est instructive. [...]

Quels que soient les dégâts causés par les radiations, les effets de la présence d’êtres humains semblent avoir été bien pires. Le site nous remémore avec force à quel point la simple présence physique d’êtres humains dans un habitat est plus préjudiciable que l’une des pires catastrophes environnementales du XXème siècle.  »

C’est un constat terrible, glaçant, que faisait déjà le documentaire « Tchernobyl, une histoire naturelle » sorti en 2009. On y apprenait que de nombreux scientifiques travaillent dans la région pour comprendre comment la nature évolue dans la gigantesque zone interdite.

Nichés sur le sarcophage radioactif

On y voyait surtout une nature étonnante. Par exemple, des chevaux de Przewalski y trottent en liberté. Cette espèce n’a jamais été domestiquée par l’homme mais a été beaucoup chassée, si bien qu’elle a disparu à l’état sauvage.

En 1998, 21 des chevaux les moins vaillants et les plus vieux d’un parc limitrophe ont été envoyés dans la zone interdite de Tchernobyl. Ils se sont adaptés, se sont reproduits, et là cinquantaine d’individus présents semblent être en parfaite santé. De même, de nombreuses souris ont montré des mécanismes de résistance à la radioactivité et prospèrent.

Sauf que la présentation de Jim Smith est contestée. En effet, on constate des répercussions dramatiques sur certaines espèces. Le documentaire diffusé en 2009 montrait des branches de pins malformées, sur lesquelles on voit des aiguilles de tailles extrêmement différentes. Certains arbres adoptent une forme de boule, sans parvenir à trouver la lumière.

Quand on étudie le sperme des hirondelles, on voit que leurs spermatozoïdes sont en majorité défaillants. L’un des chercheurs interrogés estimaient même que la population d’oiseaux pourrait être maintenue uniquement par l’arrivée de nouvelles hirondelles attirées par l’espace libre et inconsciente du danger, par nature invisible.

Pour certaines espèces, l’Eden serait en fait un mouroir.

Interrogé par France Inter en octobre, Thierry Lengagne, chercheur en écologie comportementale au CNRS, confirmait que certaines espèces viennent à Tchernobyl pour y mourir et livrait un constat plus nuancé que celui de Jim Smith sur le retour du sauvage dans la zone interdite :

« Ça suggère fortement [...] que l’action de l’homme [...] est très forte, puisque dès qu’on la relâche les animaux sont capables de revenir, même si ce sont des environnements qui ont d’autres contraintes, comme les radiations.

Des catastrophes comme Fukushima ou Tchernobyl, même si ce sont des catastrophes en terme humain et économique, ça peut être des portes ouvertes pour la science pour comprendre comment certaines espèces peuvent s’adapter à certains types de radiations » 

Rue89

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