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Euro 2016: cinq équipes à suivre pour les hipsters du football

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Décembre 2015, 16:59pm

Catégories : #5-TRUCS-A-SAVOIR, #EUROPE, #SPORTS, #FOOTBALL

Euro 2016: cinq équipes à suivre pour les hipsters du football

L'Islande, le Pays de Galles, l'Irlande du Nord et l'Albanie effectueront leurs débuts dans la prestigieuse compétition, tandis que la Hongrie fera son retour au haut niveau après une éclipse de trente ans.

La décision de Michel Platini de faire passer le nombre de participants à la phase finale de l'Euro 2016 de seize à vingt-quatre n'a pas que des avantages. Elle rend la phase éliminatoire un peu moins intéressante, avec quasiment une équipe qualifiée sur deux (23 sur 53, en plus du pays organisateur). Elle oblige à adopter le système de qualification bâtard des «meilleurs troisièmes» de poule. Elle pourrait diluer le niveau d'un tournoi souvent décrit comme plus relevé que la Coupe du monde.

Mais ne boudons pas totalement notre plaisir: un Euro à vingt-quatre, c'est aussi le plaisir de la découverte, celui de voir sur les pelouses françaises des équipes qu'on est peu habitués à croiser lors des tournois internationaux. Parmi les six équipes rangées dans le quatrième chapeau (supposément le plus faible) lors du tirage au sort du 12 décembre, on en compte ainsi deux qui n'ont jamais disputé l'Euro ni la Coupe du monde (Islande, Albanie), deux qui n'ont jamais disputé l'Euro et n'ont pas joué la Coupe du monde depuis au moins trente ans (Pays de Galles, Irlande du Nord) et une ancienne gloire du football mondial qui avait elle aussi disparu des compétitions internationales depuis trois décennies (Hongrie).[1] Si vous voulez vous distinguer de vos amis conformistes qui supporteront le champion du monde allemand ou l'ex-ogre espagnol, ou des patriotes qui se rangeront derrière les Bleus, voici une petite antisèche basique pour mieux connaître ces cinq équipes promises à l'adoration des hipsters du football.

1.Islande

Un joueur à suivre: Eidur Gudjohnsen

C’est probablement le seul joueur que vous connaissez de la sélection islandaise (à partsi vous êtes supporter nantais). Un joueur qui, comme Ryan Giggs, aurait mérité de participer à plusieurs Coupes du monde et Euros, mais qui a presque failli ne jamais y arriver. Presque, car si l’ancien de Chelsea et Barcelone avait annoncé sa retraite internationale, il a finalement fait son retour pour la campagne qualificative et inscrit un but face au Kazakhstan (3-0).

Aujourd’hui âgé de 37 ans, l’attaquant du Shijiazhuang Ever Bright (Chine) n’est plus un titulaire indiscutable en sélection mais reste le joueur le plus célèbre de cette équipe islandaise et son meilleur buteur. Un joueur qui a réussi à dépasser son père dans la mémoire collective islandaise après l'avoir remplacé en 1996 lors d’un match en Estonie.


Pensez donc à bien apprendre à prononcer son nom correctement avant qu’il ne claque un autre retourné acrobatique pour envoyer les siens en quarts de finale.


L'exploit à connaître

L’Islande, c’est une nation de 330.000 habitants, soit moins que Paris, Marseille, Lyon, Toulouse ou Nice et à peine plus que la Corse, qui a réussi à finir devant la Turquie et les Pays-Bas et se qualifier pour l’Euro 2016. Au passage, elle a battu à deux reprises les Néerlandais, troisièmes du dernier Mondial. Après avoir déjà manqué d’un rien la qualification pour la Coupe du monde 2014, les coéquipiers d’Eidur Gudjohnsen ont réalisé le plus bel exploit footballistique du pays.

Avant cela, les Islandais n’étaient pas passés très loin, en 2000, dans un groupe composé notamment de la France, la Russie et l’Ukraine. Ils avaient terminé à la quatrième place, accrochant au passage les récents champions du monde chez eux avant que David Trezeguet ne les qualifie.

2.Hongrie

Un joueur à suivre: Zoltan Gera

Certes, Zoltan Gera n’est pas Ferenc Puskas. Il n’a pas marqué, comme ce dernier, 84 buts en 85 sélections. Mais le milieu offensif de la sélection, passé par Fulham et surtout West Bromwich Albion, possède des capacités techniques que n'aurait pas moqué le défunt «Major Galopant». Ce n’est pas pour rien qu’il a fait partie de l’équipe de Fulham arrivée en finale de la Ligue Europa et est capable de marquer des buts comme celui-ci, contre Liverpool en 2012.

 

En plus, il est le seul joueur hongrois à avoir joué dans une publicité de Pepsi, aux côtés de David Beckham, Thierry Henry ou Roberto Carlos. Quand même. Et son prénom est prononçable sans trop de problèmes, à l’inverse de Balázs Dzsudzsák.

L'exploit à connaître

À un match près, on aurait pu citer la campagne victorieuse lors de la Coupe du monde 1954, qui a vu les Magyars échouer en finale face à l’Allemagne de l’Ouest, lors de ce qu’on a appelé le «Miracle de Berne». Cette rencontre signa d’ailleurs la fin de la période dorée du football hongrois, frappé deux ans plus tard par la répression sanglante de l'insurrection de Budapest.

Mais s’il y a bien un seul match à retenir, c’est celui du 25 novembre 1953. L’occasion de dire à un ami: «Quoi? Mais tu connais pas le “Match du Siècle”?». Lors de cette partie, l’Angleterre reçoit à Wembley, devant 100.000 personnes, «le Onze d’or hongrois». L’Angleterre, confiante malgré les résultats adverses, est invaincue à domicile face à une équipe du continent. La Hongrie va pourtant la laminer 6-3. Au-delà du score, c’est surtout l’impressionnante démonstration technique et tactique (la Hongrie évolue dans un 4-2-4 qui rappelle le «football total» que développeront trente ans plus tard les Pays-Bas de Rinus Michel) qui marque les esprits. Quelques mois plus tard, la revanche, organisée en Hongrie, voit une nouvelle victoire du «Onze d’or», cette fois sur le score de 7-1. 

3.Pays de Galles

Un joueur à suivre: Aaron Ramsey

On aura pu opter évidemment pour Gareth Bale, devenu à l'été 2013 le deuxième plus gros transfert de l'histoire du foot lors de sa signature pour 91 millions d'euros au Real Madrid, mais va pour Aaron Ramsey. Plus jeune capitaine de l’histoire du Pays de Galles, ce dernier justifie son statut par sa polyvalence et sa lucidité sur un terrain de football. Un terrain qu’il n’a d’ailleurs pas toujours foulé, le milieu de terrain de 24 ans ayant d’abord été un joueur de rugby à XIII dans un club situé à quelques kilomètres de Cardiff. En 2010, il est victime d’un tacle très mal contrôlé de Ryan Shawcross, un joueur de Stoke City, qui lui brise le tibia. Sorti sous assistance respiratoire, il reste loin des terrains pendant neuf mois. Malgré cette absence et la concurrence, il finit par s’imposer et est depuis un membre indéboulonnable de l’équipe.

Ramsey possède en plus un curieux don/malédiction (rayez la mention inutile): très souvent, lorsqu’il marque un but, une personnalité de renommée mondiale décède. Voyez plutôt: Oussama ben Laden a été tué le lendemain d'une de ses réalisations contre Manchester United, le 1ermai 2011. Steve Jobs meurt des suites d'un cancer alors que Ramsey a marqué contre Tottenham trois jours plus tôt. Et la liste s'allonge: Mouammar Kadhafi, Paul Walker, Robin Williams ou encore Whitney Houston sont tous décédés peu après un but du Gallois.

L'exploit à connaître

Avant l’Euro 2016, le Pays de Galles ne s’était qualifié que pour une seule phase finale de compétition internationale: la Coupe du monde 1958 (les «Dragons» étaient présents au Championnat d’Europe en Yougoslavie, en 1976, mais les phases finales ne commençaient alors qu’en demies).

Lors de ce Mondial, les Gallois réussissent à se hisser jusqu’en quarts de finale en battant la Hongrie, finaliste de la précédente édition. Ils rencontrent le Brésil où évolue un certain Pelé, 17 ans. Malgré l’absence d’un de ses meilleurs joueurs, John Charles, le Pays de Galles procure quelques frayeurs aux Brésiliens, touchant les poteaux et la barre à trois reprises. Le Brésil, dans la douleur, finit par s’imposer 1-0 –dans un article du Guardian, Mel Charles (le frère de John) affirme que le but de Pelé est «chanceux». La Seleçao gagnera son premier titre mondial dix jours plus tard, après une demi-finale remportée contre la France.

4.Irlande du Nord

Le joueur à suivre: Kyle Lafferty

Evidemment, en Irlande du Nord, personne n'arrive à la cheville de la légende locale: George Best, ailier fantasque de Manchester United, aussi brillant sur le terrain qu'en boîte de nuit –il fut surnommé, comme d’autres, le «cinquième Beatle». Mais celui que la Fédération de Belfast a désignécomme «le plus grand joueur à avoir jamais porté le maillot vert de l’Irlande du Nord» n’a jamais porté sa sélection jusqu’à un Euro ou une Coupe du monde. Un trou impardonnable sur un CV.

Tout le contraire de Kyle Lafferty, nouveau héros de la «Green and White Army», qui a marché presque à lui seul sur le groupe F lors des éliminatoires en plantant sept pions, dont une magnifique reprise de volée –que l'on qualifierait volontiers de zidanesque– face à la Finlande. Une performance qui a largement contribué à la première place de l’Irlande du Nord, qui a devancé la Roumanie et la Hongrie pour s’offrir sa première qualification pour l’épreuve par la grande porte. En toute objectivité, même dans un Euro à huit, cette équipe avait sa place.

Âgé de 28 ans, Kyle Lafferty sait briller quand il faut. Pas terrible en club, il n'a jamais vraiment explosé, de Sion à Palerme en passant par Norwich –pourtant pas le haut du panier.

Alors, ce n’est pas le joueur le plus talentueux de l’histoire footballistique nord-irlandaise, ni même du onze actuel, où le capitaine Steven Davis présente mieux du haut de ses 78 sélections et de sa place de titulaire incontournable chez les Saints de Southampton, en Premier League, mais Lafferty est le genre de farceur qui ferait la joie de George Best. Comme lorsqu’il a déclaré en interview vouloir affronter l’Argentine ou le Brésil à l’Euro 2016. L'humour nord-irlandais.

L’exploit à connaître

L’Irlande du Nord n’a jamais participé à un Euro, mais a soulevé les foules en Coupe du monde. À deux reprises, la sélection de Belfast s’est extraite de la phase de poule, la première fois en 1958 en éliminant la Tchécoslovaquie et l’Argentine, avant de se faire éliminer par la France. Mais LE match référence de la sélection date de 1982. Lors de la dernière journée de poule, l’Irlande du Nord avait battu l’Espagne, pays hôte, grâce à un but de son attaquant-star de l’époque, Gerry Armstrong, qui avait exploité une bévue… de Luis Arconada, le portier espagnol maudit de la finale de l’Euro 1984. Elle avait ensuite été éliminée lors du tour suivant par la France de Michel Platini (1-4).

5.Albanie

Un joueur à suivre: Lorik Cana

Concrètement, vous arriverez difficlement à faire croire aux meilleurs spécialistes (comme @footalitaire et @footballskiFR) que vous êtes vraiment fans de l’Albanie depuis que vous êtes tout petit, mais si vous mentionnez Lorik Cana, vous aurez peut-être moyen de négocier. Lorik Cana, vous en avez sûrement déjà entendu parler. Les Parisiens le considèrent comme un traître, malgré une victoire en Coupe de France, les Marseillais, eux, l’ont plus souvent vu comme un héros. Il évolue aujourd’hui du côté de Nantes, après –entre autres– un passage du côté de la Lazio Rome. Il est aussi le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection albanaise (90 sélections), dont il est également le capitaine.

L'exploit à connaître

Comme l’Islande, l’Albanie va participer à sa première phase finale d’une compétition majeure. Jusque-là, on peut signaler un succès en Coupe des Balkans, en 1946. Mais c’est lors de ces dernier éliminatoires que les Albanais ont fait forte impression. Alors que l’on attendait le Danemark ou la Serbie, les coéquipiers de Lorik Cana sont allés chercher une deuxième place qualificative directement pour l’Euro. Ils sont même allés battre les Portugais chez eux (1-0), lors de la première journée des qualifications, avant d’accrocher la France chez elle en amical puis de la battre à domicile. Loin, très loin de l'époque où les mêmes Albanais venaient essuyer une déroute au Parc des Princes et perdaient au passage deux joueurs venus demander l'asile en France, désireux de quitter ce qui était alors un des régimes communistes les plus fermés au monde.

1 — La Slovaquie est aussi une débutante à l'Euro, mais loin d'être une découverte: elle avait disputé la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, et s'était même qualifiée pour les huitièmes de finale. Retourner à l'article

Camille Belsoeur et Grégor Brandy et Christophe-Cécil Garnier

 
 
 
Slate

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