Reste que, cette fois, la coupe est pleine. Il a annoncé, dans un long billet publié le 24 décembre, son intention de se mettre « en retrait » du parti. En cause la décision de François Hollande de maintenir la déchéance de nationalité dans le projet de révision de la Constitution.

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« Je me mets en congé du PS avec le sentiment que je ne peux plus rien apporter à l'actuel parti. Ma présence n'offre aucun intérêt et en plus je ne supporte plus les gouttes successives accumulées ces derniers temps dans un vase qui vient de déborder. Le liquide ressemble à de la ciguë pour ma conscience », écrit l'élu de 68 ans. En illustration de son coup de gueule, sa carte de militant. Elle porte le numéro 15 199.

 

 

 

 

Une « course absurde au populisme »

« J'abandonne le champ de bataille. Je choisis d'être indépendant et ne plus avoir de comptes à rendre à personne. Petit-fils et fils d'immigrés, je ne supporte pas que l'on mette en cause un tant soit peu le droit du sol sans lequel ma famille n'aurait jamais pu construire ce que je suis devenu, sans lequel je ne serais jamais... socialiste », ajoute-t-il.

Enfonçant le clou, l'élu ajoute qu'il « ne supporte plus cette course nationale absurde au populisme facile au nom de la rentabilité électorale. Tant que cette proposition émanant d'un président et d'un gouvernement se réclamant d'idées humanistes ne sera pas rapportée, je suspends mes 40 ans d'appartenance au PS. Et si cette mesure est adoptée, ce serait la fin du chemin pour moi et j'en tirerai les conséquences », poursuit-il.

« Je sais que ça ne bouleversera pas les équilibres politiques et que personne à Paris ne s'en émouvra, mais au moins je me regarderai dans la glace en me rasant », conclut-il