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Ces jeunes qui ont vraiment quitté Facebook

Publié par MaRichesse.Com sur 31 Décembre 2015, 14:28pm

Catégories : #INTERNET, #FACEBOOK, #JEUNESSE

Ces jeunes qui ont vraiment quitté Facebook

Certains devenaient paranoïques, surveillant à chaque instant la vie des autres. D’autres n’avaient plus de temps pour leurs vrais amis...Ils ont désactivé ou supprimé leur compte à tout jamais. Et s’en disent très heureux. 

 

C’est un sujet dans l’air du temps: les jeunes n’aimeraient plus Facebook. Des études américaines affirment que l’enthousiasme s’érode, que beaucoup filent vers d’autres réseaux moins surveillés par les adultes. Mais au jour le jour, tout le monde semble bel et bien sur Facebook. Sauf eux. Ils ont vraiment quitté le réseau. On ne sait pas combien ils sont. Facebook ne communique pas ces chiffres. Mais tous racontent comment un jour ils ont étouffé, écoeurés par ces heures de vagabondage sur les profils des autres et de posts censés les mettre en valeur.

FAN DE FACEBOOK JUSQU’À L’ÉCOEUREMENT

Il était “Facebook Ambassador”. Converti avant tout le monde au réseau social, Nicolas se fait repérer alors qu’il étudie à Berlin en 2009. Facebook peine à percer en terre germanique et a besoin d’utilisateurs avertis pour stimuler le buzz. Nicolas se souvient de cette réunion de briefing avec Mark Zuckerberg himself et trente autres recrues. «C’était impressionnant. Il avait mon âge et voulait conquérir l’Allemagne, raconte-t-il. Moi, j’avais déjà beaucoup d’amis et j’étais bien actif. Quand j’y repense, ça fait peur de savoir qu’ils ont tellement de choses sur toi qu’ils te contactent pour les représenter».

Des années plus tard, Nicolas vient de larguer Facebook. «J’avais mes amis, ma famille, mes collègues de travail sur Facebook. Je n’osais plus rien poster. Plus ton réseau grossi, plus tu stresses car tu perds le contrôle». Ses prétendus amis sont des connaissances lointaines qui l’abreuvent de posts insipides au «niveau pas très élevé». Effet boomerang: en étant connecté, Nicolas sent qu’il s’éloigne de ses vrais amis. «Les gens mettent leurs photos de vacances et racontent leur vie. Tu ne prends même plus la peine de les appeler. Alors je me suis dit que ça me rapprocherait de mes amis de quitter Facebook».

UN COMPTE DÉSACTIVÉ PEUT RENAÎTRE DE SES CENDRES À TOUT MOMENT

Pour rompre avec Facebook, il faut se débattre comme avec un amant hystérique: justifier son choix en sélectionnant un des dix motifs de rupture anticipés par le réseau. Le réseau essaie de proposer des solutions et égrenne, un brin inquiétant, ces centaines d’amis qui «ne pourront plus garder contact avec vous». Clou du spectacle, les cinq photos des profils d’amis récemment consultés surtitrées d’un «Vous allez leur manquer». «Ils te prennent par les sentiments. Leurs algorithmes sont vraiment très bien pensés», affirme Nicolas presque admiratif. Il faut ensuite confirmer son mot de passe, puis un code de sécurité...pour commettre son Facebook Suicide comme l’appelle les Américains.

Mais en réalité, rien ne meurt jamais vraiment sur le Net et surtout pas un profil Facebook. Votre compte n’est pas supprimé, juste «désactivé». Il suffit de rentrer son mail et mot de passe -l’équivalent d’une simple connexion- pour que renaisse le phénix de votre Moi Facebookien. En un clic, on peut replonger.

«VOIR SI TU AS PRIS DU POIDS DEPUIS LE LYCÉE»

Antoine s’en fiche: il a toujours «résisté» et n’y est jamais retourné depuis 2010. «On peut espionner la vie de tout le monde sur Facebook, raconte-t-il dégoûté. Quand on rencontre quelqu’un ,on va voir son profil, checker ses photos, les amis en commun... on “cerne” le profil de la personne. Les gens se basent là-dessus aujourd’hui pour aller plus loin avec quelqu’un. J’en ai bien profité aussi mais au final, c’est malsain».

Commenter, juger, évaluer «si tu as pris du poids depuis le lycée»... Ce sont les effets nocifs qu’a soulignés Ross Gardiner, jeune artiste américain pour inciter à quitter Facebook. Sa vidéo a tourné, même sur Facebook, jusqu’à récolter trois millions de vues.

«Mes vrais amis, je les ai gardés. Le reste c’était du voyeurisme». Scruter des profils pendant des heures, Thomas s’y connaît. Non pour tâter le terrain mais pour marquer son territoire. Jusqu’à virer à la paranoïa digitalo-amoureuse. «J’épiais tout ce que faisait mon copain: ses photos, ses amis, les amis de ses amis. Ça a causé des grosses engueulades. Après une de trop, je me suis désinscrit». Cela fait deux ans et demi qu’il a largué les amarres... et qu’il est toujours avec son bien-aimé .Ses heures perdues dans les méandres de Facebook, il les passe à faire des choses «concrètes».

FACEBOOK OU LE BAC

Merwane, lui, les a passées à réviser son bac l’an passé. Plus que Roland Garros ou l’appel du soleil printanier, Facebook était devenu l’ennemi numéro un. «Les 5 minutes de pause se transforment en deux heures. La fenêtre Facebook est toujours ouverte, dès qu’on est sur internet». Ses notes fléchissent au rythme éffréné des likes et commentaires.

Avec plusieurs copains, Merwane se desinscrit de décembre à août, le temps de réviser, passer et obtenir son bac .De retour sur Facebook, «tout avait changé». Depuis, il ne visite le réseau social qu’une fois toutes les trois semaines. «D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j’y suis encore», réfléchit-il à haute voix.

ROMPRE AVEC FACEBOOK: UN SUICIDE SOCIAL?

C’est vrai qu’on pourrait y réfléchir à deux fois. Car Facebook est devenue une source d’information majeure pour les jeunes. Antoine avoue que, sans ses amis qui le tiennent au courant des soirées et événements, «il serait un peu exclu».

Thomas, lui, s’en réjouit. Depuis le 1er janvier à minuit, il n’existe plus sur Facebook et sa vie sociale ne s’en porte pas plus mal. «J’aime bien apprendre les choses en retard de vive voix, c’est marrant». Inscrit depuis la 3ème, quitter Facebook a redonné un peu «d’authenticité» à ses relations. «Souhaiter les anniversaires n’est plus un devoir mais une pensée sincère. J’ai vraiment l’impression de ne plus être un mouton de panurge»...

«IL Y A EU MSN, FACEBOOK... AUJOURD’HUI, C’EST HAS BEEN»

S’ils restent marginaux dans leur vie sans Facebook, ils sentent que bientôt d’autres vont les rejoindre. Facebook «dérive» assurent les amis d’Antoine, «n’est plus ce que c’était». Même son de cloche dans la bande de Merwane. «Ma génération y va beaucoup moins. On s’est rendu compte de la perversité du réseau social. Il y a eu MSN, Facebook... Aujourd’hui c’est has been. On est retourné aux SMS .»

Ils ne sont pas fâchés avec les réseaux sociaux, juste Facebook. A l’unanimité, tous ne tarissent pas d’éloges sur Twitter .«Plus intelligent», sélectif, informatif et moins chronophage. Entre le mastodonte de Zuckerberg et le petit oiseau bleu, Florian a facilement choisi. «J’apprécie énormement de gens sur Twitter que je ne connais même pas contrairement aux personnes de la vraie vie sur Facebook!». 

  Lefigaro

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