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Les bienfaits du réchauffement climatique

Publié par MaRichesse.Com sur 19 Octobre 2015, 01:33am

Catégories : #ENVIRONNEMENT, #MONDE

Les bienfaits du réchauffement climatique

Nouvelle route maritime, extraction de ressources, moindres dépenses de chauffage : la hausse du mercure peut aussi avoir des effets positifs mais ils seront très minces et de courte durée.

La France engrange une récolte de blé record en 2015 », titraient « Les Echos » le 18 août dernier . « Vive le réchauffement », a-t-on aussitôt entendu dans les rangs des climatosceptiques et encore dernièrement par la voix de Philippe Verdier, le chef du service météo de France Télévision. Pas vraiment à bon escient. L’excellente performance agricole de nos céréaliers est due pour beaucoup à l’augmentation des surfaces cultivées, qui a compensé les effets de la sécheresse éprouvante de cet été. Le maïs s’en est beaucoup moins bien sorti. Ce premier bénéfice prêté au réchauffement par ceux qui ne croient pas un mot des scénarios du Giec (jusqu’à +4,8 degrés à la fin du siècle) a, certes, des chances de se vérifier, mais uniquement sous des latitudes plus élevées, là où le blé n’a encore jamais germé, notamment dans certaines régions de Russie.

Bénéfices

D’autres bienfaits à venir sont fréquemment mis au compte de la hausse du mercure. Exemples : le besoin de se chauffer sera moindre. Et, de fait, l’année 2014, marquée par un hiver particulièrement doux, s’est soldée par une baisse de près de 11 % de la facture des Français. Les transports maritimes vont également se trouver facilités. Les ports de la Baltique seront accessibles plus longtemps et la fonte des glaces ouvrira le passage du nord-ouest à la navigation . Tout comme elle rendra possible l’extraction de ressources naturelles jusqu’à présent piégées par le froid. Autre perspective : l’été sera plus long et plus chaud dans les zones tempérées comme la France, dont l’industrie touristique a tout à gagner.


 

« Les vendeurs de bière n’auront pas à se plaindre », ironise le climatologue Jean Jouzel, qui, sans nier ces aspects les plus rassurants du réchauffement, les juge d’un « intérêt limité ». La fonte des glaces permettra la circulation des navires pendant deux ou trois mois au maximum. « Trop cher et trop risqué », estime-t-il également en ce qui concerne l’accès aux ressources du Grand Nord. Et de rappeler que la compagnie Shell, après d’autres, vient d’annoncer l’arrêt de ses forages en Arctique, au nord de l’Alaska, deux mois après y avoir été autorisée par Barack Obama. Un renoncement d’autant moins déchirant que le gaz et le pétrole abondent par ailleurs.

 

Dans l’agriculture, le réchauffement va certes faire des gagnants, mais à court terme. Sur la durée et si rien ne vient contrecarrer le scénario du GIEC, les perdants seront légion. En France, où les rendements sur le blé stagnent depuis une dizaine d’années, et, surtout, dans l’hémisphère Sud, où chaque degré supplémentaire a un impact bien plus négatif. Enfin, la baisse des dépenses de chauffage mérite d’être relativisée par la hausse de celles de climatisation en raison d’été de plus en plus torrides.

Le discutable avantage de la Russie

« On peut réagir de façon égoïste face au réchauffement, mais ça ne réglera pas le problème, qui doit être considéré à une échelle globale », poursuit Jean Jouzel. C’est une évidence de l’écrire, tous les pays ne sont pas égaux devant ce phénomène. Les pays aussi vulnérables que le Mali et les petits Etats insulaires ne risquent pas de lui trouver des effets positifs et n’ont d’autre choix que de s’en remettre à la communauté internationale pour leur salut. En revanche, la Russie peut largement s’en passer, elle dont l’agriculture devrait profiter du dégel du permafrost. « Elle bénéficie d’un avantage. Mais celui-ci ne vaut que jusqu’à un certain niveau de réchauffement, 1 degré, voire 2 au plus. Or, il semble que l’on s’oriente plutôt vers 4 ou 5 degrés de plus », explique Stefan Aykut, chercheur au CNRS. L’ex-empire soviétique, lorsqu’il a rejoint le processus de Kyoto, l’a fait non par nécessité mais par pur opportunisme. « Parce que la Russie espérait vendre des crédits carbone », poursuit ce sociologue. Ses motivations pourraient changer.

 


http://www.lesechos.fr/

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