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Le capitalisme perd ses adeptes

Publié par MaRichesse.Com sur 24 Octobre 2015, 03:07am

Catégories : #ECONOMIE, #MONDE

Le capitalisme perd ses adeptes

Les succès de Jeremy Corbyn au Royaume Uni, de Syriza en Grèce, de Podemos en Espagne, ou même de Bernie Sanders, aux Etats Unis, en disent long sur le sentiment anti-capitaliste de plus en plus palpable dans nos économies, juge The Economist

 

Cet anti-capitalisme se fonde d’abord sur les comportements des grandes entreprises et de leurs dirigeants, copinant souvent allègrement avec les dirigeants politiques pour obtenir des faveurs ou des avantages fiscaux. Lorsqu’ils s’en vont, les CEOs modernes décrochent le jackpot, qu’ils aient réussi ou non au cours de leur mandat.

Les libéraux rétorqueront qu’il ne s’agit pas de capitalisme, mais de corporatisme, et que le meilleur moyen d’éradiquer les fléaux que sont les monopoles et le copinage (les symptômes du “mauvais capitalisme”) est de promouvoir un bon capitalisme, en favorisant la concurrence et l’innovation.

La bonne nouvelle, c’est que certaines pratiques du bon capitalisme sont effectivement en train de s’imposer. Ainsi, il est de plus en plus difficile pour les grandes entreprises de conserver leur place plus de 15 ans dans la liste Fortune 500 (Les 500 plus grandes firmes du monde); dans les années trente du siècle dernier, celles qui avaient réussi à s’y imposer y demeuraient 70 ans en moyenne. Le même sort attend les CEOs d’aujourd’hui: la durée moyenne de leur mandat est passée de 10 ans dans les années 2000 à seulement 5 ans aujourd’hui.

Toutefois, le capitalisme d’aujourd’hui est aussi responsable de son rejet actuel. Certes, la mondialisation et le numérique ont accéléré le rythme de la création destructrice. Des géants peuvent apparaître dans les coins les plus reculés de la planète (tels que Skype, en Estonie, ou Inditex en Galice, par exemple). De même, le temps n’est plus une contrainte inhérente à la croissance. Ainsi, WhatsApp a gagné 500 millions d’utilisateurs en même pas 5 ans.

Mais les effectifs, comme les équipements des firmes du nouveau monde, sont étonnamment faibles, grâce à l’automatisation et au recours à la sous-traitance. Ainsi, Gerald Davis de la business school Ross de l’Université du Michigan a calculé que les 1200 firmes qui ont fait leur entrée en bourse aux Etats Unis depuis 2000 ont créé chacune moins de 700 emplois en moyenne depuis. En outre, ces nouvelles firmes se restructurent constamment, pour éviter de vivre les débâcles d’anciennes vedettes telles qu’AOL et Nokia.

Les tenants du “bon capitalisme” affirment également que l’employabilité doit être privilégiée sur l’emploi. Mais est-ce encore un argument valable à une époque où les changements sont si rapides qu’aucune compétence n’offre plus aucune sécurité de l’emploi dans le temps?

Ils disent aussi, avec raison, que la partie “création” de la création destructrice compense celle de la “destruction”. Le moteur de recherche de Google nous donne instantanément accès à une mine d’informations; Apple nous a dotés de super-ordinateurs en format de poche; Uber et Task Rabbit nous permettent de travailler aux heures qui nous conviennent le mieux.

Mais les partisans du capitalisme devraient se souvenir que la plupart des gens ne voient pas ces choses, mais qu’ils subissent les nouvelles conditions d’un monde dans lequel une minorité de gagnants ont imposé aux autres une grande incertitude, où les machines politiques traditionnelles se dissolvent les unes après les autres, pour être remplacées par ceux de ces nouveaux chefs d’entreprise qui veulent faire de la politique.

“L’anti-capitalisme est de nouveau une force sur laquelle il faudra compter”, conclut The Economist. 

 Express

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