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10 choses étonnantes à savoir sur "Marignan - 1515"

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Septembre 2015, 16:31pm

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE

10 choses étonnantes à savoir sur "Marignan - 1515"

Comme tout le monde, vous prononcez "quinze-cent quinze" (et pas mille cinq cent quinze), et comme beaucoup, vous savez qu’il s’agit de la date d’une bataille, qui s’est déroulée à Marignan il y a pile 500 ans, en Italie, sous le règne de François 1er. Mais voici dix choses que vous ignorez peut-être sur une bataille dont la France n’a vraiment pas de quoi être très fière.

1 - François 1er avait tout juste 21 ans

La bataille a lieu les 13 et 14 septembre 1515. Le roi François 1er, présent sur place, a accédé au trône en janvier de cette année. Louis XI, surnommé "le père du peuple", est mort le 1er janvier sans héritier mâle. Il a d’abord songé à donner en mariage sa fille Claude à Charles de Luxembourg (futur Charles Quint, empereur du Saint Empire Germanique à partir de 1519) mais a finalement opté pour François d’Angoulême, jeune et lointain cousin, qui a fêté ses 21 ans le 12 septembre, veille de la bataille.

2 - Ce fut une opération de com’...

La légimité de François est fragile : il lui faut prouver sa valeur militaire. C’est l’époque des guerres italiennes, la couronne de France cherchant à recouvrer ses droits héréditaires sur divers duchés d’Italie. Louis XII a beaucoup guerroyé, mais il a perdu avant sa mort toutes les possessions qu’il avait acquises en Italie.

La jeune noblesse piaffe d’impatience pour y retourner. Sous leur pression, François décide de partir prendre Milan, laissant la régence du royaume à sa mère. 

 2 bis - ...doublée d'une opération à visée financière

 L’idée est avant tout de mettre la main sur une grosse tirelire. Les villes italiennes sont extrêmement riches. Le revenu annuel de Milan est du double de celui de Florence. La plaine de Pô est très fertile et la production textile florissante. Voici le palmarès des villes les plus prospères :

  • Venise: 1.200.000 ducats de revenu (dont 400.000 venus de ses possessions)
  • Milan : 600.000 ducats
  • Florence : 300 000 ducats
  • Etat pontifical : 120.000 ducats
  • Ferrare : 120.000
  • Gêne : 100.000
  • Sienne : 80.000

3 - Ce fut une sale boucherie

La bataille commence le 13 septembre et dure plus de 16 heures (avec une pause entre minuit et l’aube). C’est long pour l’époque. Ce fut aussi l’une des plus meurtrière de l’histoire du royaume : on estime aujourd’hui le bilan entre 14.000 et  20.000 morts, surtout dans les rangs milanais. Il faut dire que François a mis le paquet : en août, il a fait franchir les Alpes à 60.000 hommes et une soixantaine de canons : on vit les débuts de l’artillerie, c’est aussi cela, la "renaissance". Depuis l’antiquité, un tel carnage n’avait pas eu lieu. La bataille d’Azincourt, un siècle plus tôt, avait été trois fois moins meurtrière.

4 - Côté Milan, les combattants étaient suisses

Les cantons suisses (déjà organisés en confédération) se sont alliés à Milan. Ce sont eux qui ont fourni le gros des troupes défendant la ville.  Ils fournissent des mercenaires au plus offrant, en l’occurrence, ce sont cette fois le duc de Milan Massimiliano  et son allié le Pape Léon X. Une prime équivalente à plus d’un an de revenu du duché de Milan leur a été promise en cas de victoire. Les combattants suisses,  armés de longues piques (jusqu’à 5 mètres) et terrifiant leurs adversaires du son de leurs cornes de berger, sont alors réputés invincibles.

Entre 20.000 et 30.000 Suisses ont été mobilisés. Le 13 septembre, en début d’après-midi, alors que François négociait la reddition de la ville avec espoir, ceux-ci se lancent à l’assaut des troupes françaises.

5 - Côté français, il y avait beaucoup d’Allemands

 On estime l’armée française entre 30.000 et 40.000 personnes, dont  23.000 mercenaires,principalement des lansquenets allemands

6 - Bayard a encore brillé

C’est ce qui ressort des récits de la bataille. Bayard, de son nom complet Pierre Terrail de Bayard, surnommé le "chevalier sans peur et sans reproche" n’est pas le perdreau de l’année : il a 50 ans et c’est une véritable star. Il enchaîne les victoires avec une grande classe, respectant ses adversaires et protégeant les civils. Pendant la bataille de Marignan son cheval serait mort sous lui. Il en aurait monté un autre, qui se serait emballé et l’aurait entraîné vers les Suisses.  Il serait parvenu à s’en tirer et à rentrer à pied par les vignes.

7 - La victoire est venue du renfort des Vénitiens

Alliés de la France, ils ont envoyé des troupes qui sont arrivées le 14 septembre, alors que le camp français commençait à subir de sérieuses pertes sur son aile gauche.

8 - Il n'est pas certain que Bayard ait fait François chevalier

Après la bataille, se reposant à Saint Don, près de Milan, François 1er , blessé au bras, aurait demandé à Bayard de le faire chevalier, selon un rituel moyenâgeux (des coups du plat de l’épée sur l’épaule…).  Mais cette histoire n’a commencé à être contée par les chroniqueurs qu’à partir de 1525, un an après la mort de Bayard. Invention de la propagande ? Certains historiens le pensent. Le roi avait besoin de faire oublier l’homme qui l’a adoubé lors de son sacre : le connétable de Bourbon. Ce dernier l’a en effet trahi en 1523 pour se ranger aux côtés de Charles Quint…

9 - La bataille a permis de régler des comptes avec le Pape et les Suisses

Le Pape Léon X, qui disposait d’armées, était du côté du duc de Milan. Le climat entre la France et la papauté était détestable depuis des années. La bataille de Marignan a permis la reprise de négociations : en 1516 Léon X reconnait les possessions de François (Milan, Parme, Plaisance…) et signe avec lui un concordat qui autorise le roi de France à nommer les évêques dans son royaume.  A noter que François rencontre à l’occasion de ces négociations Léonard de Vinci, qu’il va enrôler.

Les cantons Suisses, de leur côté, se mettent au service de la France : ils  le resteront jusqu’à la révolution.

10- Marignan ne fut qu’une victoire éphémère

Après sa victoire, François installe à la tête du duché de Milan un de ses maréchaux, Lautrec, homme de poigne. En novembre 1521, les troupes de Lautrec se font déloger de Milan par celles de Charles Quint. Le Milanais est rendu au duc Sforza. En 1525, François 1er tente de le reprendre, mais est démis à Pavie et fait prisonnier. Le royaume de France paye une rançon et renonce à jamais à ses prétentions sur l’Italie.

Bref, François 1er  a gagné une belle bataille, celle de Marignan, mais a perdu la guerre. Les manuels scolaires, eux, se souviendront de 1515 pour mieux oublier 1525.

Pascal Riché. 

 Nouvel-Observateur

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