Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


10 choses à savoir sur Superdupont

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Septembre 2015, 00:25am

Catégories : #CINÉMA, #INSOLITE

Le 8e épisode des aventures de Superdupont est sorti en librairie le 11 septembre. Cette fois, François Boucq est aux manettes et l'Anti-France passe à la trappe.

10 choses à savoir sur Superdupont

Le héros imaginé par Gotlib ressuscite dans une version "dé-franchouillardisée".

1Renaissance

C’est le titre de l’album sorti la semaine dernière. Si Gotlib a apporté ses conseils, le maître d’œuvre en est François Boucq, virtuose du réalisme onirique, avec l’aide de Belkrouf pour le scénario. On y découvre les premiers exploits du fils de Superdupont : après avoir soulevé un Airbus avec ses petits bras potelés, le chérubin est évidemment kidnappé par une bande d’horribles méchants.

2Anti-France

La nouveauté, c’est que ces méchants n’appartiennent plus à la fameuse Anti-France. Rappelons que, dès ses premières aventures en 1972, Superdupont fut confronté à cette société secrète composée d’«étrangers jaloux de la prospérité de notre pays», qui «parlent étranger»(mélange très gotlibien d’allemand, anglais, italien…) et qui - sacrilège ! - mettent leur camembert au Frigidaire. D’une rare stupidité, leurs plans foirent les uns après les autres.

3Ironie

A l’époque, on pouvait lire au second degré. Plus aujourd’hui", estime Boucq. 

En ce temps-là, Le Pen faisait 0,75%, Giscard recevait des éboueurs africains, la gauche défendait les immigrés. De Renaud («Hexagone») à Yves Boisset («Dupont Lajoie»), se moquer de la France était un sport national. Personne n’imaginait qu’un jour l’identité du même nom serait perçue comme une valeur refuge.

4Récupération

Et puis un jour, le second degré a été récupéré par ceux dont il se moquait. C’était en 1984, au début de l’ascension du FN : en meeting, Jean-Marie Le Pen s’est présenté comme«Superdupont», un «Zorro des pauvres et des Français». Plus récemment, Soral et Dieudonné ont détourné l’image du héros à leur profit. Pour Gotlib, dont le père est mort en camp de concentration, c’en est trop.

Dieudonné et Alain Soral, en 2009 à Paris. (Olivier Laban-Mattei / AFP)

5Confusion

Gotlib et Boucq ont donc voulu «dé-franchouillardiser» le personnage. Comme il n’était pas question de lui enlever son béret ou son caleçon long retenu par une épingle à nourrice, l’Anti-France est passée à la trappe. Boucq assume :

Nous voulions l’enlever, il y a eu trop de confusion."

6République

Désormais, Superdupont ne défend plus la patrie en danger, mais les idéaux républicains.«On n’a plus envie de tourner en ridicule les valeurs de la démocratie. Il va plutôt en être le porte-flambeau.» Dans les prochains albums, le héros pourrait s’en prendre aux multinationales, aux banques, aux pollueurs. Altermondialiste ?«Pourquoi pas ?»

7Affadissement

Sauf que, dès lors qu’il cesse d’être ridicule, il perd son âme. Les gags tombent à plat et la trame narrative de «Renaissance» se résume à la traque d’un gang de méchants. Autant lire Superman… Certes, il y a les inventions graphiques et les splendides vues aériennes. Mais est-ce suffisant pour faire vivre un personnage ?

8Bercail

Le nouveau Superdupont sort chez Dargaud, éditeur historique de la «Rubrique-à-brac». Les précédents étaient édités par «Fluide glacial», le journal créé par Gotlib après sa rupture avec Goscinny et Dargaud dans les années 1970. Au début, «Fluide glacial» était un véritable temple du second degré. Mais aujourd’hui, Gotlib (qui l’a vendu à Casterman en 1995) ne s’y reconnaît plus. Le voilà revenu au bercail.

9Coparentalité

Imaginé par Gotlib et Jacques Lob, Superdupont est passé dans les mains de Solé, Goossens, Al Coutelis, Neal Adams, Lefred-Thouron et a été adapté au théâtre par Jérôme Savary. Mais celui qui l’a fait vraiment décoller, c’est le génial Alexis, auteur du premier album, mort brusquement en 1977.

Le dessinateur Gotlib dans son bureau au Vésinet, en 2005. (François Guillot / AFP) 

10Nostalgie

Ce come-back illustre la place prise par les héros des années 1960-1970 sur le marché de laBD. 20% des titres sont des rééditions et quand les créateurs sont fatigués, on fait appel à de nouveaux dessinateurs. Rien que cet automne, on pourra lire Iznogoud (dessiné par le fils de Tabary), Nestor Burma (par Nicolas Barral), Corto Maltese (par Canales et Pellejero) et «le Papyrus de César», le nouvel Astérix, du duo Ferri-Conrad. Hier mieux que demain? 

 Nouvel-Observateur

Commenter cet article

Archives