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Une découverte sur le cerveau des prématurés

Publié par MaRichesse.Com sur 5 Août 2015, 19:01pm

Catégories : #BEBE, #GROSSESSE, #CERVEAU

Une découverte sur le cerveau des prématurés

Le développement cérébral des nouveaux-nés prématurés serait-il plus rapide que celui des fœtus d’âge équivalent ?

C’est ce que laisse entrevoir une étude coordonnée par Julien Lefèvre, du Laboratoire des sciences de l’information et des systèmes (LSIS - CNRS/université Aix-Marseille, université de Toulon), et dont les résultats ont été publiés en juin dans la revue Cerebral Cortex.

Prématurés, mais avec un cortex plus plissé

L’étude s’intéresse au processus de plissement cortical, aussi appelé gyrification, qui commence au deuxième trimestre de grossesse. Au cours de la vie fœtale, le cortex passe d’un état lisse à un état fortement plissé. Ce processus – dont les mécanismes sont encore mal connus – correspond à la formation des sillons corticaux, caractéristiques du cerveau humain.

Pour la première fois, les chercheurs ont mené un travail de comparaison systématique entre des IRM de cortex de fœtus et d’autres de cortex de nouveaux-nés prématurés. Cela leur a permis de constater que les nouveaux-nés prématurés avaient un cerveau nettement plus plissé que celui des fœtus d’âge de conception équivalent.

Ce résultat paraît surprenant au regard d’autres études, qui avaient mis en avant une réduction du plissement chez les prématurés lors de leur développement ex utero, par rapport aux enfants nés à terme. Ainsi que l’indique Julien Lefèvre :

« L’étude suggère des modifications de plissement entre la vie in utero et ex utero. Il resterait à voir si cela est spécifique aux prématurés. »

Il est possible que le milieu ait une incidence sur le développement du cerveau de ces fœtus. Plusieurs hypothèses sont envisagées pour expliquer qu’il soit plus plissé. Parmi elles :

  • l’impact du stress de la mère sur le fœtus, via les hormones du stress ; 
  • l’administration prénatale, chez les femmes présentant un risque d’accouchement prématuré, de corticostéroïdes, afin d’accélérer le développement pulmonaire du fœtus.

Si les modifications de plissement constatées se révèlent propres aux nouveaux-nés prématurés, les conclusions de cette étude devraient surtout permettre une meilleure prise en charge de ces enfants.

IRM et reconstruction du modèle 3D de cerveaux pour des fœtus et des prématurés d’âge équivalent
IRM et reconstruction du modèle 3D de cerveaux pour des fœtus et des prématurés d »âge équivalent - CNRS

Les avancées permises par la 3D

Pour étudier le développement du cortex humain, les chercheurs ne peuvent pas se contenter de recourir à la neuro-imagerie – qui leur permet depuis les années 70 d’étudier la structure du cerveau et facilite la détection d’anomalies morphologiques – ils ont besoin de modèles.

Car si l’imagerie par résonance magnétique (IRM) surpasse l’échographie cérébrale dans l’appréciation de la maturation du cortex et fournit un outil particulièrement adapté à leurs investigations, il est difficile, à cause des mouvements du bébé et de la respiration de la mère, d’obtenir chez le fœtus des données de bonne qualité. C’est pourquoi l’étude coordonnée par Julien Lefèvre se révèle particulièrement précieuse.

Les chercheurs ont utilisé le logiciel BrainVISA qui, à partir d’IRM, permet, entre autres, de proposer des « modèles computationnels du processus de plissement ». C’est à partir de ces modèles que des mesures plus sûres ont pu être réalisées.

Avec le recours aux modèles 3D, les chercheurs disposent donc de nouveaux outils de cartographie cérébrale qui pourraient avoir prochainement des applications très pratiques. Par exemple, la détection précoce de pathologies liées à un développement anormal du cortex, comme l’autisme.

En effet, selon une étude réalisée par des chercheurs du King’s College de Londres et parue en mai [PDF] dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, les différences structurelles observables entre le cerveau des prématurés et celui des enfants nés à terme pourraient expliquer le taux plus élevé de sujets atteints d’autisme parmi les prématurés (5% contre 1% dans la population générale). 

 Rue89

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