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Retraite : 10 idées reçues passées au détecteur de mensonges

Publié par MaRichesse.Com sur 25 Août 2015, 21:29pm

Catégories : #ECONOMIE, #RETRAITE

Retraite : 10 idées reçues passées au détecteur de mensonges

Beaucoup d'idées reçues circulent sur l'avenir des retraites, les pensions des futurs retraités ou le niveau de vie des actuels retraités. Pour démêler le vrai du faux, Capital.fr a passé au crible les rapports du Conseil d'Orientation des Retraites (COR). Le point avec les 10 affirmations les plus courantes. 

 

1. Les jeunes générations n'auront pas de pensions de retraite : FAUX

Contrairement au discours alarmiste ambiant, notre système de retraite n'est pas en faillite. Les jeunes générations auront donc bien une pension de retraite, qui sera vraisemblablement plus élevée que celle de leurs aïeuls. Mais, attention, comparé à leur dernier salaire, le montant de leur pension sera plus faible que celui des retraités actuels. Cela s'explique en grande partie par le changement du mode de calcul du salaire de référence au régime général. Depuis la réforme Balladur de 1993, le montant des pensions de retraite est calculé sur la moyenne des salaires des 25 meilleures années et non plus des 10. Conséquence : le taux de remplacement de la pension par rapport au dernier salaire a fortement baissé à cause. Et il devrait encore baisser dans les années à venir, surtout si la croissance est au rendez-vous, et si les salaires augmentent. Le salaire moyen calculé sur les 25 meilleures années (sur lequel est basé le montant de la pension) sera alors bien plus faible que les derniers salaires perçus en fin de carrière. Autre conséquence si les salaires augmentent de 1% à 2% par an : leur salaire de fin de carrière sera donc bien plus élevé que la pension perçue, qui est, elle indexée, sur l'inflation et aura donc progressé moins vite que les rémunérations, explique un expert du COR. 

2. L'âge de la retraite va continuer à augmenter : VRAI

Malgré les réformes, la génération 1950 est partie en moyenne peu après 60 ans, soit à peu près au même âge que la génération 1930. Contrairement à bien des préjugés, les réformes entamées depuis 1993 n'ont pour l'instant contribué que faiblement à l'augmentation de l'âge moyen de départ en retraite, selon le dernier rapport du COR publié en juin 2015. Par contre, les générations nées en 1955 ou après vont devoir partir plus tard du fait des réformes : l'âge légal de la retraite a été repoussé de 60 à 62 ans lors de la réforme de 2010 pour tous ceux nés après le 1er janvier 1955 et la réforme de 2014 a allongé la durée d'assurance requise à 172 trimestres pour tous ceux nés après le 1er janvier 1973. Sans compter qu'ils sont entrés plus tard dans la vie active, du fait de l'allongement des études, ce qui va les obliger à travailler plus longtemps pour accumuler le nombre de trimestres nécessaires pour percevoir une retraite à taux plein. Selon le Conseil d'Orientation des Retraites, l'âge moyen de départ en retraite devrait donc s'élever à 62 ans et 5 mois pour les générations nées après 1955. Il devrait passer à 64 ans pour les générations nées à partir des années 80.

 

3. Il y aura bientôt plus de retraités que de cotisants : FAUX

Actuellement, les actifs sont plus nombreux que les retraités. Selon les dernières disponibles, on comptait 1,76 personne en emploi pour un retraité de droit direct (tous régimes confondus) en 2013. Dans certains régimes spéciaux comme celui de la SNCF ou des Mines, il y a effectivement plus de retraités que de cotisants. Mais tous régimes confondus, la situation n'a donc rien d'alarmant. Alors, oui, le nombre de départs en retraite va s'accélérer avec l'arrivée du baby-boom à la fin de leur carrière : entre 800.000 et 850.000 Français cesseront de travailler chaque année jusqu'en 2030. Mais la bonne nouvelle, c'est que le nombre d'actifs va aussi croître de 1,5 million pour atteindre les 30 millions à l'horizon 2025 et même les 31,2 millions en 2060, ce, grâce à notre natalité soutenue. Résultat : le nombre d'actif sera toujours plus élevé que celui des retraités même en 2060, comme le montre le schéma ci-dessous. Encore faut-il que le chômage ne soit pas trop élevé pour que tous ces actifs aient un emploi et puissent cotiser... 

4. Les pensions des retraités baissent : FAUX

Jusqu'à présent, les nouveaux retraités perçoivent une pension plus élevée que les générations précédentes tous régimes confondus, constate un expert du COR. Selon les dernières données de la DREES, le montant moyen des pensions était de 1.306 euros bruts par mois tous régimes confondus en 2013 (en hausse de 1,9% en euros courants et de 1,2% en euros constants par rapport à 2012). En euros constants (corrigés de l'inflation), les pensions continueront à augmenter. "Il ne devrait donc pas y avoir de dégradation absolue de leur niveau de vie, à moins d'une improbable réforme qui taillerait dans les pensions", rassure le COR. Ce qui est vrai, c'est que le taux de remplacement (c'est-à-dire le rapport entre le montant de la pension et celui du dernier salaire perçu) a diminué (-7 points entre les générations 1940 et 1950 pour les salariés du privé non-cadres).

5. Les retraités ont un moins bon niveau de vie que les actifs : FAUX

Détrompez-vous, leur niveau vie est supérieur à celui de l'ensemble de la population active, selon les estimations du COR (103%). Car il faut tenir compte de leurs revenus patrimoniaux plus élevés, de leur taux de prélèvement plus faible et surtout de la taille des ménages plus réduite. Le taux de pauvreté des retraités est d'ailleurs stable depuis 15 ans et bien plus faible que celui de la population française : 8,4% en 2012 contre 13,9% pour le reste de la population. Il est en léger recul depuis 2010 notamment, en raison des augmentations du minimum vieillesse entre 2008 et 2012. Mais attention, si la situation économique ne se redresse pas, le pouvoir politique serait contraint de décider d'une nouvelle réforme des retraites, qui pourrait, cette fois-ci, s'attaquer au montant des pensions jusqu'ici épargnées.

6. Les régimes de retraite ne reviendront jamais à l'équilibre si aucune réforme n'est décidée : VRAI et FAUX

Difficile de répondre à cette affirmation. Dans un régime par répartition comme le nôtre, tout dépend en effet de la conjoncture économique. Pour faire simple, quand la croissance est au ralenti, que le chômage augmente, moins de cotisations rentrent dans les caisses. Il devient donc difficile de financer les pensions des retraités actuels. Ainsi, si l'on prend la pire des projections économiques imaginées par le COR à savoir un taux de chômage de 10% et une croissance de 1% par an à partir de 2020, le déficit pourrait atteindre 0,9% du PIB au cours des 25 prochaines années. A l'inverse, si l'on se fie au scénario le plus favorable avec un taux de chômage de seulement 4,5% et une croissance de 2%, le COR prévoit un retour à l'équilibre budgétaire dès 2020. Dans le scénario intermédiaire du COR (chômage à 4,5%, croissance de 1,5%), l'équilibre financier de notre système de retraite serait de retour en 2030.

7. Les prélèvements pour financer les retraites  n'ont jamais été aussi lourds : VRAI

Pour la génération 1953, le taux de cotisation est en moyenne sur l'ensemble de leur carrière de 23,8% pour un salarié non-cadre du privé. "Il n'a jamais autant augmenté que sur la dernière décennie (ndlr, il est passé de 16,4% pour la génération 1932 à 28% pour la génération 1990)", commente un expert du COR. Si la situation économique ne s'améliore pas, le gouvernement aura alors trois options : augmenter les cotisations, baisser les pensions ou augmenter encore une fois l'âge légal de départ à la retraite. Pour garantir l'équilibre des régimes de retraite, le COR estime qu'il faudrait augmenter les cotisations de 1,5 point dès 2016. A l'opposé, si la crise est derrière nous, il serait possible de baisser le taux de cotisation de 0,4 point. Mais le plus probable est que la situation économique s'améliore mollement, le COR estime à 0,3% le taux de prélèvement sur les revenus d'activité nécessaire pour financer un déficit estimé à 0,1% du PIB (soit 2 milliards d'euros) et de garantir un retour à l'équilibre en 2030.

8. Les femmes retraitées gagnent moins que les hommes : VRAI

Les pensions des femmes (hors réversion) sont inférieures de 40% à celles des hommes (et de 25% si l'on prend en compte la réversion). A l'horizon 2060, cet écart pourrait tomber à 15% grâce à l'augmentation du taux d'activité des femmes, souligne le COR. Mais il subsisterait car les femmes continuent à percevoir des salaires inférieurs à ceux des hommes, et elles ont aussi plus d'interruptions de carrière, du fait notamment de la maternité. Comme davantage de femmes travaillent, on peut toutefois espérer qu'elles seront plus nombreuses à accumuler le nombre de trimestres nécessaires pour percevoir une pension à taux plein.

9. Les régimes complémentaires Arcco et Agirc sont en faillite : FAUX

Reconnaissons-le, la situation est loin d'être brillante. Le déficit s'élevait à 3,138 milliards d'euros en 2014. C'est deux fois plus que l'année précédente. Ces organismes peuvent compter sur une solide trésorerie pour financer les pensions complémentaires, mais le danger est de voir ces réserves s'épuiser dès 2018 pour l'Agirc et à partir de 2026 pour l'Arrco. C'est pour cette raison que les partenaires sociaux organisent des négociations depuis début 2015. Un accord devrait être trouvé d'ici la fin de l'année, vraisemblablement une fusion entre les 2 régimes complémentaires.

10. Les 25-35 ans ne pourront prendre leur retraite qu'après 70 ans : FAUX

Sauf nouvelle réforme des retraites, les jeunes d'aujourd'hui partiront en moyenne à la retraite au cours de leur 64ème anniversaire, et ce même, en tenant compte de leur entrée plus tardive dans la vie active et de l'allongement de la durée de cotisation nécessaire (à savoir, 43 ans), précise un expert du COR. Mais actuellement, l'âge minimal pour bénéficier d'une pension à taux plein, même sans avoir le nombre de trimestres requis, est de 67 ans. Comme expliqué plus haut, si l'économie redémarre et que le chômage diminue, notre système de retraite peut revenir à l'équilibre, voire excédentaire. Il y a donc aucune raison pour que les futurs gouvernements continuent à augmenter indéfiniment l'âge légal de leur départ en retraite.

Sandrine Chauvin

© Capital.fr

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