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Nagasaki: « J’ai vu la peau se décoller de leurs mains », témoigne un survivant

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Août 2015, 07:23am

Catégories : #GUERRE, #JAPON

Nagasaki: « J’ai vu la peau se décoller de leurs mains », témoigne un survivant

Yoshitoshi Fukahori, aujourd'hui âgé de 86 ans, se trouvait à quelques kilomètres du centre de l'explosion de la bombe atomique, le 9 août 1945...

De notre envoyé spécial à Nagasaki,

« Voici Nagasaki, deux jours avant l’explosion de la bombe atomique. » Sur la photographie aérienne de la ville, Yoshitoshi Fukahori montre écoles, églises et hôpitaux. Ce survivant du bombardement ou « hibakusha » (« exposé à la bombe » en japonais), avait 16 ans le 9 août 1945 à 11h02, quand la bombe atomique, larguée sur sa ville de Nagasaki, a tout anéanti dans un rayon de plusieurs kilomètres, tuant 40.000 personnes sur le coup.

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Au moment de l’explosion, il se trouve à environ 3,5 kilomètres de là, mobilisé comme tous les écoliers pour travailler, de l’autre côté d’une colline. Il se réfugie alors sous une table. « Le soir venu, alors que je gravissais les marches qui menaient au sommet pour revenir vers la ville, j’ai croisé beaucoup de gens blessés qui venaient en sens inverse, fuyant la zone de l’explosion. Ils me disaient : "Il n’y a plus rien là-bas, tout a brûlé, fais demi-tour !" ».

 

« J’ai vu la peau se décoller de leurs mains »

Yoshitoshi Fukahori, aujourd’hui âgé de 86 ans, poursuit, la voix claire, un récit maintes fois répété. « Les gens me suppliaient : "De l’eau, de l’eau !". Certains s’accrochaient à ma jambe. J’ai tenté de me dégager, et c’est là que j’ai vu la peau se décoller de leurs mains. » Effrayé, il fait demi-tour. Le lendemain matin, il reprend le chemin de la ville et découvre finalement l’inimaginable, le champ de ruines fumantes laissé par la bombe. Il avait bien entendu l’explosion mais ne pouvait imaginer qu’une seule bombe ait pu provoquer un tel carnage. Les maisons construites en bois, l'hôpital, la gare, jusqu’à la cathédrale sont détruits : « Je pensais être dans un autre monde », dit-il. Yoshitoshi Fukahori se met alors à la recherche de sa famille. De sa fratrie de neuf, seule sa sœur aînée, âgée de 18 ans, a trouvé la mort dans le bombardement. « Incinérer son corps a été la chose la plus douloureuse de ma vie. »

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Après la guerre, la bombe est un sujet tabou jusqu’en 1952, date du départ de l’occupant américain. Par la suite, Yoshitoshi Fukahori tente de partager son expérience, mais peu à peu réalise que le récit seul ne suffira pas. Il se met alors en quête d’un support visuel. « Les survivants vont disparaître, mais les photos restent. Alors, j’ai mis toute mon énergie dans la collection de photos. »

Plus de 6.000 photographies pour témoigner du bombardement

En 1979, il crée un groupe pour partager les photos du bombardement, l’Association de recherche de photos de la bombe atomique. Il se rend à plusieurs reprises aux Etats-Unis pour rassembler ce matériau. Aujourd’hui, plus de 6.000 clichés ont été rassemblés, pris pour la plupart par des photographes américains. « A l’époque, il était très difficile de prendre des photos. Même si l’on possédait un appareil photo, les pellicules étaient introuvables. Et l’armée impériale surveillait de très près les photos pour ne pas dévoiler des informations stratégiques. » Il faut attendre l’arrivée des alliés, en septembre 1945. Des journalistes qui accompagnent l’armée américaine photographient alors la ville en ruines.

Yoshitoshi Fukahori, qui s’est marié en 1954 et a eu deux filles, continue aujourd’hui à rassembler des photos et à témoigner de son expérience. Aux écoliers qui lui demandent pourquoi une bombe atomique a été lancée sur Nagasaki, il répond : « A cause de la guerre. Ne faites jamais la guerre. » 

 20minutes

 

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