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La pilule masculine : bientôt une réalité ?

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Août 2015, 18:40pm

Catégories : #SCIENCE, #SANTE-BIEN-ETRE, #MEDICAMENT

La pilule masculine : bientôt une réalité ?

Contrairement aux femmes, les hommes n’ont que peu d’options en ce qui concerne leur contraception. "A l’heure actuelle, l’offre est très insuffisante : il y a la vasectomie, qui est irréversible, et les préservatifs, dont le taux de grossesse est de 18% – ce qui est dû en majorité à une mauvaise utilisation", explique Aaron Hamlin, Directeur Général de la Male Contraception Initiative (MCI).

"Le préservatif a plusieurs inconvénients : il interrompt la relation sexuelle et ne garantit pas le même plaisir", poursuit-il. Si les hommes n’ont pour l’instant qu’un choix restreint, plus de la moitié d’entre eux affirment qu’ils prendraient volontiers la pilule s’ils le pouvaient, d’après un récent sondage mené par le quotidien britannique The Telegraph.

"Avant les années 60, quand la pilule est arrivée sur le marché, le préservatif était la méthode principale de contraception, ce qui en faisait une responsabilité partagée entre les deux partenaires", souligne Hamlin. Aujourd’hui, plusieurs recherches prometteuses, s’intéressant à différentes étapes de la fécondation, sont menées à travers le monde.

 Gendarussa, la pilule masculine à base de plantes
La Gendarussa (aussi appelée gandarusa) est un contraceptif masculin à base de plantes, fabriqué à partir d’un arbuste qui pousse en Indonésie. L’équipe menée par le Professeur Bambang Prajogo à l’Université Airlangga en Indonésie, qui travaille sur le gendarussa depuis une trentaine d’années, n’a fait état d’aucun effet secondaire.

"Le Gendarussa en est à la phase 2 des tests sur humains, ce qui est très prometteur, bien qu’aucune autre recherche ne le confirme", explique Dr David Sokal, président du conseil d’administration du MCI. "Le mécanisme exact d’action n’est pas connu mais puisque la quantité et la motilité des spermatozoïdes sont apparemment inchangées, l’hypothèse est que le produit doit interférer dans la faculté qu’à le spermatozoïde de féconder l’ovule". Des tests restent encore à mener pour définir plus précisément le dosage recommandé et les effets secondaires.

► EPPIN, un contraceptif non-hormonal 
Eppin Pharma, une entreprise basée en Caroline du Nord aux États-Unis, travaille de son côté sur un composant organique qui se lie à l’Eppin, une protéine à la surface du spermatozoïde, empêchant ainsi sa mobilité. "Quand notre contraceptif, EP007, s’attache à l’Eppin sur l’enveloppe du spermatozoïde, celui-ci arrête de nager", explique Michael O’Rand, Président d’Eppin Pharma Inc..

 

 

Une étude publiée en 2004 avait démontré que ce composant fournissait une contraception complète et réversible chez les singes mâles. L’équipe du Pr O’Rand estime pour le moment que le médicament non-hormonal sera administré oralement et à la demande, juste avant le début de l'acte sexuel. “Pour l’instant, nous essayons de déterminer la toxicologie du produit et commençons les tests sur les primates”, indique le scientifique.

► Kinase, un inhibiteur d'enzyme
Une recherche relativement récente s’intéresse à un composant identifié par Gary Flynn, chercheur en pharmacologie à l’Université de Stanford en Californie. Grâce à une technologie de dépistage avancée, le Dr Flynn s’est penché sur une famille de molécules appelée inhibiteur de kinase, un inhibiteur d’enzyme utilisé dans le traitement du cancer.

"Il pense avoir trouvé un nouvel inhibiteur de kinase qui n’a d’effet que sur les testicules et empêche la production de sperme", indique Dr Sokal, dont l’association a lancé uncrowdfunding pour soutenir ces recherches. "Nous en sommes à un stade très précoce et avons besoin de fonds pour continuer d’avancer dans les recherches", lance-t-il.

► Vasalgel, ou la vasectomie réversible
Contraceptif non-hormonal appartenant à la Parsemus Foundation, le Vasalgel est un polymère injecté dans les conduits éjaculateurs qui a pour effet de bloquer le sperme. Une injection pourrait agir pendant des années. "Le Vasalgel sera une méthode de contraception à long terme mais réversible, comme un stérilet ou un implant pour les femmes. L’idée est tout simplement d’offrir une vasectomie réversible", affirme Dr Sokal.

Les essais médicaux débuteront en 2016, mais "pour obtenir l’autorisation pour une utilisation de cinq ans, il faut faire une étude d’au moins cette durée. Et pour que le produit soit labellisé comme une vasectomie réversible, il faudra que suffisamment d’hommes ayant subi la procédure parviennent à procréer", précise-t-il. Si c’est le cas, le Vasalgel devrait arriver sur le marché à l’horizon 2020.

► Quand peut-on espérer l’arrivée de la "pilule masculine" ?
"Les gens disent 'dans dix ans' depuis les années 80. Je préfèrerais ne pas faire la même erreur, c’est trop difficile à dire", regrette Dr Sokal. "Je pense que cela dépend principale du financement : nous avons les technologies nécessaires pour développer des contraceptifs non-hormonaux mais sans ressources pour aider ces recherches, cela pourrait prendre encore 30 ou 50 ans", conclut-il, appelant à la générosité de riches philanthropes. 

 Metronews

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