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Après les Gafa, les nouveaux maîtres du monde sont les Natu

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Août 2015, 15:16pm

Catégories : #INTERNET, #TECHNOLOGIE, #ECONOMIE, #ENTREPRISE

Après les Gafa, les nouveaux maîtres du monde sont les Natu

Les Gafa, c’est tellement 2014... Voici venir l’ère des Natu. Natu, c’est l’acronyme de l’été 2015 ; celui qui réunit les quatre grande entreprises emblématiques de la « disruption » numérique : Netflix, Airbnb, Tesla, et Uber.

Les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont toujours bel et bien là, affichant une santé économique insolente et une surface financière plus importante que bien des Etats ; néanmoins ces entreprises font déjà figure de « vieilles » (pensez, Mark Zuckerberg va être papa...) face à l’émergence de la nouvelle génération des géants américains, qui surfent sur de nouveaux modèles.

Cette mutation d’une vitesse spectaculaire du capitalisme à l’heure numérique affecte l’économie mondiale, la création et la destruction d’emplois à l’échelle planétaire, l’évolution de nos systèmes sociaux et du salariat ; ne pas chercher à comprendre le phénomène, qui n’a plus grand chose à voir avec la part d’idéalisme de l’économie du partage, condamnerait à le subir.

Les Echos le rappelaient récemment, le quatuor des Gafa « pèse » désormais plus lourd que l’ensemble des entreprises cotées au CAC 40 français !

« L’indice CAC 40 vaut 1 131 milliards de dollars, alors que les Gafa affichent 1 675 milliards de dollars sur la balance ! »

Le poids des Gafa devenu déterminant à Wall Street
Le poids des Gafa devenu déterminant à Wall Street - SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Uber vaut plus de 50 milliards de dollars

Les Natu sont encore des nains à côté, mais ils montent vite. Prenez Uber, le service de VTC qui fait tant parler de lui en France et dans le monde par le séisme qu’il a provoqué dans l’univers figé des taxis : la société pèse désormais 51 milliards de dollars, à la faveur d’un investissement de 100 millions de dollars effectué par Microsoft (tiens, un acteur de la « nouvelle technologie » d’hier).

Par comparaison, Renault « pèse » seulement 24 milliards d’euros (26 milliards de dollars).

Il y a seulement six mois, Uber ne valait « que » 40 milliards de dollars ! Cette progression ultrarapide d’une société toujours considérée comme une start-up (elle a été fondée en mars 2009 et n’est pas cotée en bourse), a toute l’apparence de la bulle, comme internet en a généré à intervalles réguliers.

Pourtant, Uber peut afficher une présence mondiale d’autant plus spectaculaire qu’elle est en passe de réaliser ce que les Gafa ont raté (à l’exception d’Apple) : une réussite en Chine, où, à coups de milliards de dollars et d’une alliance avec le géant national Baidu, elle s’est faite une place « sous le ciel ».

Dans la même veine, Uber vient d’annoncer un investissement d’un milliard de dollars en Inde, bientôt le pays le plus peuplé au monde.

Protestation des taxis parisiens contre UberPop en juin 2015
Protestation des taxis parisiens contre UberPop en juin 2015 - LOIC VENANCE / AFP

Le risque est transféré vers le travailleur

La progression d’Airbnb est tout aussi spectaculaire : il suffit de voir comment Paris est devenu la ville du monde qui propose le plus de logements ou de chambres à louer sur la plateforme, au point qu’au mois d’août l’offre est telle qu’elle fait baisser les prix ; le 3eme arrondissement compte désormais plus de nuitées Airbnb que d’habitants.

Rien que dans mon immeuble parisien, j’assiste au défilé des « Airbnbiens » là où les étés précédents étaient largement déserts.

Ces deux acteurs de la (pas si) nouvelle économie ont en commun d’avoir développé une plateforme technique innovante, un service apprécié par la génération web, sans pour autant investir dans du « dur » : Uber ne possède pas de voitures et n’emploie pas de chauffeurs ou de mécaniciens, et Airbnb n’a pas d’hôtels ni de salariés dans le monde entier.

L’un comme l’autre ont déplacé le centre de création de valeur, et transformé les salariés en autoentrepreneurs, pour le meilleur ou pour le pire.

  • Le meilleur c’est la possibilité de travailler à son rythme, selon ses besoins, parfois pour un complément de revenu comme pour la majorité de l’offre Airbnb composée de résidences principales ;
  • le pire, c’est la précarité et le transfert du risque vers le travailleur, comme pour une bonne partie des chauffeurs Uber.

Disruption dans l’industrie à l’ancienne

Elon Musk, en janvier 2015 à Sundance (Etats-Unis)
Elon Musk, en janvier 2015 à Sundance (Etats-Unis) - Lily Lawrence / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Telsa et Netflix sont d’une autre nature. Tesla, le fabricant de voitures électriques haut de gamme appartenant à l’entrepreneur Elon Musk, qui possède par ailleurs SpaceX, le principal lanceur de fusées privé, a appliqué la « disruption » à l’industrie à l’ancienne.

Elon Musk est l’une des figures emblématiques de la nouvelle génération d’entrepreneurs du numérique (il n’avait que cinq ans lorsque Steve Jobs et Steve Wozniak fondaient Apple en 1976), ambitieux, prédateur, mégalo, une personnalité controversée qui lui a permis d’émerger en quelques années dans la jungle des start-up.

Netflix, c’est encore une autre histoire, l’un des rares acteurs de l’ancienne économie -il diffusait son catalogue de films en bonnes vieilles cassettes VHS- à avoir réussi à devenir un leader de la nouvelle avec une plateforme de streaming payante, et désormais producteur de contenus (House of Cards, Orange is the new black, et demain Marseille, une série made in France), devenu incontournable.

Netflix compte déjà 65 millions d’abonnés dans le monde, et s’est donné pour objectif d’atteindre les 180 millions d’abonnés dans quelque 200 pays et territoires d’ici la fin de la décennie... Certains pronostiquent déjà que Netflix deviendra le premier « network » au monde, même si en nombre d’heures visionnées, YouTube reste le roi.

Le siège de Netflix à Los Gatos, Californie
Le siège de Netflix à Los Gatos, Californie - JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Autres acronymes autres disruptions à venir

L’émergence rapide des Natu donnera naissance dans les prochains mois, les prochaines années, à d’autres acronymes, d’autres « disruptions ». On voit ainsi monter celle qui va toucher le monde de la finance, avec les FinTech, ces applications qui échappent au monde de la banque traditionnelle.

Lorsque j’ai montré à ma banquière l’annonce, fin juillet, que Orange, vieil acteur s’il en est mais étranger au monde de la banque, créait en 2016 sa proprebanque en ligne susceptible de faire des prêts immobiliers, elle n’a pu cacher son étonnement et son choc.

D’autres secteurs se préparent également au choc, dans la santé, l’éducation, et d’autres encore qui se croient à l’abri de l’« ubérisation ».

Que ce soit avec les Gafa qui restent d’une santé insolente (Apple fait des bénéfices record, l’action Google est à un niveau historique, Amazon vient de surprendre Wall Street avec des bénéfices plus élevés que prévu...), ou les Natu qui montent, ce sont des entreprises américaines qui règnent aujourd’hui en maître dans une bonne partie du monde (la Chine échappe à une partie d’entre eux, la Russie tente de se dégager de leur emprise).

Absence de débat

Ce n’est pas seulement une question de domination économique : c’est aussi une question de modèle social, voire simplement de survie. L’absence de vrai débat public sur ces questions suscite incompréhensions, peurs et colère comme dans le cas d’Uber et des taxis.

Les Européens, trop longtemps passifs voire complaisants, se tromperaient de combats s’ils cherchaient uniquement à préserver le statu quo social face à cette déferlante. La montée en puissance de ces nouvelles logiques vient bousculer un vieux monde qui ne sait plus où se situe son avenir : il serait temps que le débat devienne aussi politique.  

 

Rue89

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