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Que disent les médecins généralistes à leurs patients anti-vaccins ?

Publié par MaRichesse.Com sur 10 Juillet 2015, 03:37am

Catégories : #VACCIN, #SANTE-BIEN-ETRE

Que disent les médecins généralistes à leurs patients anti-vaccins ?

Rougeole, diphtérie, tétanos, hépatite B : pour combattre, voire éliminer ces maladies infectieuses, la vaccination est le moyen de prévention le plus efficace. Toutefois, ces dernières années, les pouvoirs publics ont constaté une augmentation d’opinions défavorables vis-à-vis des vaccins dans la population française, contribuant à une insuffisance de certaines couvertures vaccinales. La France est loin d'être le seul pays concerné puisque le mouvement des anti-vaccins a trouvé sur le web un espace d'expression important. À l'instar de l'acteur américain Jim Carrey, qui a récemment qualifié le gouverneur de Californie de "fasciste à la solde des entreprises" parce qu'il a ratifié une loi qui rend la vaccination obligatoire pour les enfants en Californie.

Or le médecin généraliste, du fait de sa proximité avec les patients, peut jouer un rôle majeur en matière de prévention et d’information. Le fait-il ? De quelle manière ? C'est ce qu'a voulu savoir une équipe de sociologues et d'épidémiologistes, menée par Pierre Verger de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dans une étude parue dans la revue Ebiomedecine. Pour se faire, elle a questionné plus de 1.500 médecins généralistes français entre avril et juillet 2014, sur les réponses qu'ils donnaient aux patients réticents vis-à-vis de la vaccination. Voici leurs conclusions.

Des certitudes et... des doutes

En premier lieu, un fait rassurant : 96 % des médecins interrogés sont confiants dans leur capacité à expliquer l’utilité des vaccins à leurs patients. Néanmoins, seuls 43 % savent justifier l'utilisation des adjuvants quand le sujet est abordé. Au niveau des recommandations vaccinales, ils sont 83 % à conseiller souvent, voire automatiquement, aux adolescents et jeunes adultes le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), mais seulement 57 % conseillent le vaccin contre les infections à méningocoques de type C aux enfants et aux jeunes, âgés de 2 à 24 ans, alors que celui-ci est inscrit dans le calendrier vaccinal (voir ci-dessous). Or"leur hésitation à vacciner pourrait ainsi renforcer celle des patients, et contribuer à l’insuffisance des couvertures vaccinales, en particulier celles des vaccins controversés", estiment les auteurs de l'étude.

© InVs

DOUTES. Les chercheurs ont d'ailleurs constaté que certains médecins expriment des doutes à l’égard des risques d’effets secondaires graves de certains vaccins, et ce même lorsque ces doutes sont infirmés par les résultats de pharmacovigilance et des études épidémiologiques. Ainsi, 6 % des médecins interrogés considèrent probable, voire très probable, l’existence d’un lien entre le vaccin contre le papillomavirus et l’apparition de maladies neurodégénératives telles que la sclérose en plaques, alors que ce lien n'est pas scientifiquement prouvé. On pourrait s'en douter : certains médecins sont aussi réticents vis-à-vis du vaccin contre l'hépatite Bqui a fait l'objet de controverses en France.

Un quart des médecins jugent certains vaccins inutiles

Mais, de manière plus surprenante, une partie des généralistes hésite à recommander des vaccins dont l’innocuité et l’efficacité n’est plus à prouver : le vaccin contre le méningocoque C et la rougeole. Ces hésitations ne touchent, pour le moment, qu’une part minoritaire des médecins généralistes (de plus, variable selon le vaccin), mais "constituent un frein supplémentaire dans le maintien d’une couverture vaccinale de la population suffisante pour la protéger contre des maladies infectieuses qui restent dangereuses", affirment les auteurs de l'étude. Cerise sur le gâteau : 26 % des médecins interrogés considèrent par ailleurs que certains vaccins recommandés par les pouvoirs publics sont inutiles, et 20 % estiment même que les enfants sont vaccinés contre trop de maladies ! Aucun doute selon les chercheurs, ces travaux soulignent "le besoin de formations et d’outils pour aider les généralistes à répondre aux patients hésitant à se vacciner". Et pour dissiper définitivement leurs doutes sur la vaccination.

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