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Etre noir aux Etats-Unis : les craintes d’un correspondant britannique

Publié par MaRichesse.Com sur 6 Juillet 2015, 01:11am

Catégories : #RACISME, #POLICE, #MORT

Etre noir aux Etats-Unis : les craintes d’un correspondant britannique

L'été 2015 portera-t-il le nom d'un jeune défunt noir ? Après Trayvon Martin et Michael Brown, un journaliste du Guardian explique que chaque été prend désormais le nom d'un homme noir abattu par un policier aux Etats-Unis. Comme un ouragan. Dans un long témoignage, Gary Younge, journaliste britannique noir en poste aux Etats-Unis depuis douze ans, évoque sa crainte d'une telle mort à l'approche de "la saison des émeutes". Une certitude qui ne reflète pas le désir du journaliste, précise-t-il, mais son pressentiment.

"Nous le savons parce que ce n'est pas simplement la façon dont fonctionne l'Amérique ; c'est la façon dont l'Amérique a été construite. Comme un ouragan, nous savons que cela approche – nous ne savons juste pas encore où et quand et combien de dégâts il va faire."

Le long récit de Gary Young en rappelle d'autres, et nous avons donc choisi de le relater en l'agrémentant de liens vers d'autres articles, témoignages ou analyses.

Elever un enfant noir aux Etats-Unis – Cet été sera celui du départ des Etats-Unis pour Gary Younge. Après douze années en tant que correspondant duGuardian, le journaliste va rentrer à Londres. Un retour qui n'est pas lié aux "événements" actuels, mais à des raisons personnelles. Mais tout de même, confie-t-il, les tensions raciales et policières de ces dernières années ont contribué à ce qu'il n'ait aucun doute sur ce départ.

>> Dans un article, le Washington Post montre à l'aide d'un graphique comment la communauté afro-américaine est, de loin, la plus touchée par les crimes de haine.

Et le journaliste du Guardian de raconter que lors d'un reportage dans le Mississippi en 2003, il s'est arrêté pour demander sa route à un couple de vieux Blancs, qui ont menacé de lui tirer dessus. Lui pensait à une blague. Lui, le Britannique, le journaliste, regardait alors les Américains comme un anthropologue. Depuis, il est devenu un membre de cette société : ses deux enfants l'y ont fait entrer.

"Le jour où on a ramené mon fils de la maternité à la maison, un article du New York Times expliquait qu'un homme noir qui arrête l'école au lycée a 60 fois plus de risque de se retrouver en prison que celui qui a le bac."

>> Lire l'article du New York Times en question

>> Voir aussi la vidéo de Clint Smith, qui raconte à quel point il comprend mieux, adulte, les réactions de ses parents face à ses jeux de petit garçon noir américain. Il raconte notamment un souvenir qui remonte à ses 12 ans. Le soleil se couchait et le jeune garçon s'était lancé dans une bataille à coups de pistolets à eau. Son père était alors sorti et lui avait attrapé le bras avec "une force inhabituelle""Avant même que je ne puisse lui expliquer que j'avais eu l'air stupide devant mes amis, il m'avait regardé dans les yeux, le visage rempli de peur et m'avait dit 'fils, je suis désolé, mais tu ne peux pas te conduire de la même façon que tes amis blancs'."

>> Lire aussi l'article du New York Times : "La condition d'un noir aux Etats-Unis est d'être en deuil". Dès l'entrée en matière, l'auteure y raconte qu'une amie lui a raconté qu'en accouchant de son fils, avant de lui donner un prénom ou même de l'allaiter, sa première pensée a été : "Je dois le sortir de ce pays".

Le facteur Obama – "Obama va changer ça", entend le journaliste du Guardianau moment de l'arrivée au pouvoir du premier président noir dans l'histoire des Etats-Unis. Gary Younge n'y croit pas : "Une seule personne ne peut pas défaire des siècles de discrimination, peu importe son pouvoir." Néanmoins, lorsque son fils est revenu en lui expliquant qu'un enfant de quatre ans lui avait dit "tu es noir", il a pu lui répondre : "C'est vrai, comme le président". Un symbole important, mais qui ne suffit pas. Car l'éducation ne résout pas toutes les discriminations, l'ascenseur social non plus.

Si appartenir à une classe sociale plus aisée aide, elle ne protège pas de tout, explique notamment Gary Younge :

"Pour ne serait-ce qu'essayer d'avoir le genre de vie noire dorée à laquelle des détracteurs ont fait allusion, nous aurions à faire beaucoup plus que simplement profiter de nos comptes bancaires et tirer parti de notre capital culturel. Nous aurions à vivre dans une zone avec peu d'autres noirs, puisque les quartiers noirs sont sécurisés avec un respect insuffisant pour la vie ou la liberté ; envoyer nos enfants dans une école avec peu d'autres étudiants noirs, puisque les écoles de la majorité noire sont sous-financées ; leur dire de ne pas porter ce qui pourrait les associer à la culture noire, car cela les rendrait plus vulnérables au profilage."

Et la liste est encore longue.

>> Lire l'article de The Atlantic sur l'histoire de la ségrégation raciale dans les piscines américaines. Ou celui des Inrocks, en français. Début juin, un policier blanc texan a plaqué violemment au sol une jeune fille noire de 14 ans en maillot de bain à l'entrée d'une fête dans une piscine privée [voir la vidéo]. Selon l'historien Jeff Wiltse, cité par The Atlantic"si de nombreux Blancs ont abandonné les piscines publiques déségréguées, la plupart n’ont pas arrêté de nager. A la place, ils ont construit des piscines privées (...) plutôt que de financer des piscines publiques, parce que les privées leur permettaient de contrôler la composition des nageurs en fonction de leur classe et de leur race, contrairement aux piscines gratuites."

>> Lire aussi le témoignage du comédien américain W. Kamau Bell, qui raconte son quotidien sur le site de Vanity Fair : celui d'un homme qui a peur de se faire tirer dessus par la police car il est noir et mesure plus d'un mètre quatre-vingt-dix. Tout juste comme Michael Brown.

Bigb

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