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A Paris, sous le yoga, la misère

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Juillet 2015, 04:46am

Catégories : #RICHESSE, #PAUVRETÉ

A Paris, sous le yoga, la misère

Des yogis du dimanche s'étirent, en tenue colorée, effectuant leurs salutations au soleil. Quelques mètres plus bas, des tentes Quechua s'entassent, du linge sèche. La séance de yoga se déroule juste au-dessus d'un campement de migrants. « Pour moi, [ce sont] deux mondes qui se côtoient ». C'est en ces termes que Philippe Rochot, l'auteur de ce cliché pris à Paris dimanche 5 juillet, largement partagé sur les réseaux sociaux, analyse la situation. Contacté par Buzzfeed, l'ancien grand reporter à France 2 a expliqué qu'il « voulait montrer le côté insolite[avec] d'un côté des gens qui cherchent à se faire une place, et de l'autre des gens qui vivent correctement ».

Philippe Rochot réalisait un sujet sur les 80 migrants qui se sont installés sous la Cité de la mode et du design, près de la gare d'Austerlitz, dans le 13arrondissement de Paris. Mais il ne s'attendait sûrement pas à immortaliser cette scène saisissante après avoir pris un peu de hauteur.

« J’ai voulu faire des prises de vue d’en haut, et j’ai vu que des gens s’installaient pour faire de la gym, donc j’ai attendu qu’ils s’installent pour faire la photo ».

La photographie met en évidence deux facettes de la capitale, deux mondes qui font semblant de s'ignorer, où le loisir des uns côtoie l'extrême pauvreté des autres.

Emmanuelle Becker, conseillère PCF du 13e arrondissement, qualifie sur Buzzfeedla situation de « troublante ».

« Quand on est sur la terrasse, on ne voit pas forcément ce qu'il se passe en dessous (...). Le soir de la fête de la musique c'était très troublant. Cela fait très lutte des classes : la misère en bas et ceux qui font la fête en haut. »

Schéma qui se répète inlassablement

A Paris, la situation de plusieurs centaines de migrants ou personnes en transit d'origine africaine à Paris s'est compliquée depuis plusieurs semaines. Le même schéma se répète inlassablement depuis le début du mois de juin : livrés à eux-mêmes dans les rues du 18e arrondissement de Paris, ils sont évacués, puis errent jusqu’à trouver un nouveau campement, d’où ils sont délogés, encore.

Le 2 juin, le camp installé sur le boulevard de la Chapelle, qui abritait près de 380 personnes, était évacué. Six jours plus tard, 80 d'entre eux, notamment des Erythréens, des Soudanais et des Ethiopiens qui avaient trouvé refuge non loin de là sur le parvis de la halle Pajol, ont encore été expulsés violemment.

Le 11 juin, une centaine de personnes ont ensuite été évacuées du jardin associatif du Bois-Dormoy, toujours dans le 18e arrondissement, avant d'investir une caserne près de la gare de l'Est. A cela s'ajoutent les quelque 300 personnes installées provisoirement à Calais (Pas-de-Calais) qui tentent quotidiennement de rejoindre l'Angleterre, considérée comme un eldorado, au péril de leurs vies. L'un d'entre eux est mort, mardi 7 juillet, dans le tunnel sous la Manche.

Regardez notre diaporama : Dans Paris, avec les migrants en quête d'un hébergement

Si la Mairie de Paris semble dépassée, le groupe communiste du Conseil de Paris a fait voter un vœu, le 2 juillet, demandant l'ouverture de centres d'accueil et d'hébergements pendant la période de grande chaleur. « La chaleur devient compliquée pour les migrants (...). Mais cela ne dépend pas seulement de Paris mais aussi de l'Etat, et l'Etat tarde », a expliqué Emmanuelle Becker à Buzzfeed. 

 

Le gouvernement avait proposé en conseil des ministre le 17 juin un plan d'action prévoyant la création de :

  • 9 500 places d'hébergement pour les réfugiés et les demandeurs d'asile
  • 1 500 places d'hébergement d'urgence supplémentaires pour les migrants en transit.

Mais dans le même temps le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve, à l'initiative de ce projet de loi, avait ajouté la création de « pôles d'éloignement » destinés à renvoyer plus d'étrangers dans leurs pays d'origine.

Lire notre analyse : Le plan timide du gouvernement face au drame des migrants

Le cliché de Philippe Rochot pris dimanche à la Cité de la mode rappelle une autre image saisissante, capturée en octobre 2014, dans l'enclave espagnole de Melilla, montrant des golfeurs jouant sous le regard de migrants suspendus à un grillage. La photo avait été publiée en une du quotidien espagnol El Mundo, puis avait fait le tour de la Toile, devenant un symbole de l'indifférence de l'Europe au sort des migrants. 

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