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Conseils, science, sante et bien-être


7 bonnes raisons de ne pas aller à l’école

Publié par MaRichesse.Com sur 21 Juillet 2015, 14:15pm

Catégories : #INSOLITE, #ECOLE, #ENFANT

7 bonnes raisons de ne pas aller à l’école

1. Les profs veulent la guerre…

Dans le désormais classique «Entre les murs» de François Bégaudeau, on découvre que la rentrée scolaire ne sert qu’à établir des rapports de force. Un prof de français multiplie les consignes absurdes, comme«Prenez une feuille et séparez-la en deux». Un certain Mezut a eu l’élégance de s’asseoir au premier rang. Conséquence naturelle, il a tendance à se retourner vers ses camaradesLa sanction ne tarde pas:«Tu viendras me voir à la fin de l’heure.»

Le prof-narrateur raconte la suite: «Je surveillais du coin de l’œil Mezut qui se demandait si j’avais oublié ou non mais a préféré ne pas prendre le risque et s’approcher en silence (…).
Je t’écoute. Tu vas être comme ça toute l’année ?
Comme ça comment ?
Comme ça genre je me retourne sans arrêt, et je souris bêtement quand on me parle.
Y a quelque chose j’avais pas compris.
Tu vas être comme ça toute l’année ?
Non.
Parce que si t’es comme ça toute l’année, ça va être la guerre et c’est toi qui vas perdre.»

 

2. … ils se moquent de vous… 

Dans la lignée de Bégaudeau, mais en plus énervé, Yann Quenehen publie chez Grasset «Jours tranquilles d’un prof de banlieue». Le pitch: un prof d’histoire-géo-éducation civique se prend une cannette de Fanta sur la tête alors qu’il grille une cigarette dans le «Fumistan» du lycée polyvalent Louis-Ferdinand-Céline. Cet attentat va bouleverser sa vision des choses. Quenehen a quitté l’enseignement, il est aujourd’hui producteur à France Culture. De toute évidence, il ne regrette ni son job, ni ses collègues, ni ses élèves.

«Lors des contrôles en classe – toujours en quête de distraction –, écrit-il, je m’amuse à l’occasion à compter les boucles d’oreilles en plastique imitation diamant, les gourmettes et les chaînes qu’ils arborent comme autant d’affiquets. Il y en a assez pour ouvrir une boutique Maty. Et que dire de leurs coupes de cheveux brillantes de gel et des vapeurs de parfum musqué qu’ils exhalent? Les classes industrielles sont devenues de véritables instituts de beauté.» Voilà à quoi pensent vos profs.

3. … et ils sont susceptibles, en plus

Dans son lycée, pendant les heures de cours, «les murs vibrent comme la harpe de Richter», les classes pros produisent un bruit de fond qui évoque «des cris de toucan». Voici le genre de comptes-rendus disciplinaires qu’on trouve affichés sur les machines à café: «Alors que je lui interdisais d’entrer en cours avec son bonnet de ski sur la tête, son portable à l’oreille et un grand couteau de chasse, l’élève X m’a dit ‘’Bolos’’, ‘’Ta mère la pute’’, ‘’Je sais où t’habites’’, etc.» Où l'on voit qu'on ne peut même plus menacer son professeur avec un couteau de chasse.

4. On y rêve d’évasion, sans s’évader

«Où irai-je ?», se demande, dans «l’Enfant», le jeuneJules Vallès, enfermé dans une salle de classe. Il emploie le futur, preuve que l’évasion s’impose. «A Toulon. Je m’embarquerai comme mousse sur un navire et je ferai le tour du monde. (…) Si l’on me bat trop fort, je m’enfuirai à la nage dans quelque île déserte, où l’on n’aura pas de leçon à apprendre ni du grec à traduire. Il y a encore une consolation, même si l’on est attaché au grand mât ou enchaîné à fond de cale ; il y a l’espérance d’arriver à être officier à son tour, et l’on a le droit de souffleter le capitaine.» Jules Vallès ne réalisa pas son rêve. Il resta à l’école, et devint un étudiant pauvre. Réfléchissez bien avant de commettre la même erreur.

5. On y côtoie des salauds

Toujours dans «l’Enfant»: «A côté de moi, un petit bonhomme qui est devenu un haut personnage, un grand préfet, et qui à cette époque était un affreux garnement (…). Il faut bien qu’il ait été vraiment un bon garçon, pour que je ne lui aie pas gardé rancune de deux ou trois brûlées que [mon professeur] m’administra, parce qu’on avait entendu de notre côté un bruit comique (…). Chaque fois que je le voyais préparer une farce, je tremblais; car s’il ne se dénonçait pas lui-même par quelque imprudence, et si sa culpabilité ne sautait pas aux yeux, c’était moi qui la gobais.»

Quand les voisins de classe ne sont pas des potaches couards, ce sont des antisémites. Dans «Jours tranquilles d’un prof de banlieue», le prof demande: «Qu’est-ce que les Lumières ?» Un malpoli répond à sa question par une autre question: «Kant, c’est un nom juif ?» Cette question en amène d’autres, comme «Y a des juifs dans notre classe ?», «Pourquoi les banques sont-elles toutes juives ?», «Sarkozy est-il juif ?» ou «Est-il arrivé aux nazis de se tromper, et de tuer des non-juifs ?». A noter qu’une de ces questions a été posée en salle des profs.

6. On y devient un bourreau fasciste

Ne stigmatisons pas les lycées de banlieue parisienne. Dans «les Désarrois de l’élève Törless», de Robert Musil, ledit Törless fréquente un bon établissement, regroupant « les fils des meilleures familles du pays » et destiné à «préserver les adolescents des influences pernicieuses des grandes cités». Il y rencontre Beineberg et Reiting, deux jeunes hommes bien nés. Poussés par une émulation barbare, préfiguration de la passion fasciste, ils s’en prennent au fragile Basini. Ils le cravachent, lui assènent des coups de poing, le déshabillent et le fouettent avec «un objet mince et flexible». Törless dit à Basini: «Tu es couché par terre, devant moi. Tu trembles même : aurais-tu froid ? Je pourrais te cracher dessus, maintenant, si je voulais. Ecrase-bien ta tête contre le sol : la poussière sur le plancher, n’est-ce pas quelque chose d’étrange ?»

Toute la classe finit par lyncher Basini. «Nu, la bouche tordue par l’angoisse, [il] vole d’un bout à l’autre de la salle comme une balle, parmi les rires, les cris de joie, les bourrades des élèves ; il se blesse (…) et s’écroule enfin, sanglant, couvert de poussière, avec des yeux de bête.» Ça ne s’arrange pas pour le pauvre Basini, qui a des épaules de filles : «Pour la nuit suivante, il était prévu d’attacher Basini à un lit et de le fustiger avec des fleurets.»

7. On risque d'y devenir fou

Dans « A deux carreaux de la marge » (éd. Autrement),Philippe Claudel se souvient de son année de terminale, et de sa rencontre avec la philosophie: «Je consacrais beaucoup de temps à la philo, beaucoup trop de temps. Je m’impliquais de façon dévorante alors que je vivais une période de ma vie délicate. J’étais fragile mentalement et intellectuellement pas costaud. J’en venais à me poser des questions vertigineuses et qui semblaient faire se dérober le sol sous mes pieds. Je me suis dit : danger, folie imminente. Entre seize et dix-neuf ans, j’étais de nature assez dépressive.» Comme beaucoup de jeunes gens, auxquels on conseillera de passer ces années à risque loin de l’école.

David Caviglioli

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