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Pourquoi les patrons de Deutsche Bank démissionnent

Publié par MaRichesse.Com sur 8 Juin 2015, 05:17am

Catégories : #ARGENT, #ECONOMIE, #ALLEMAGNE

Pourquoi les patrons de Deutsche Bank démissionnent

Anshu Jain et Jürgen Fitschen ont annoncé qu'ils quittaient la tête de la Deutsche Bank. Une décision prise alors que la première banque privée allemande connaît de mauvais résultats et des scandales à répétition.

Ebranlés par des scandales et des résultats médiocres, les deux patrons de Deutsche Bank, l'Indo-britannique Anshu Jain, 52 ans, et l'Allemand Jürgen Fitschen, 66 ans, ont annoncé par surprise leur démission ce dimanche. Les deux dirigeants étaient à la tête du groupe bancaire de Francfort depuis mai 2012 et leur contrat courrait jusque fin mars 2017. 

Anshu Jain et Jürgen Fitschen seront remplacés à partir de mai 2016 par John Cryan, 54 ans, ex-directeur financier de la banque helvétique UBS de 2008 à 2011 et membre du conseil de surveillance de Deutsche Bank depuis 2013. Son nom avait déjà été évoqué l'an passé pour prendre la tête de la banque. Il lui revient donc la délicate tâche de redresser ce géant allemand du secteur bancaire européen. 

Les investisseurs n'avaient plus confiance 

Anshu Jain va tout de même continuer d'assurer un rôle de consultant jusqu'à la fin de l'année. Afin d'assurer "une transition en douceur", Jürgen Fitschen restera à son poste jusque 19 mai 2016. Cet excellent connaisseur de la banque en Allemagne avait été appelé à la tête du groupe pour épauler Anshu Jain.  

En Allemagne, cette décision était saluée du côté des actionnaires, dont certains avaient tiré à boulets rouges sur les deux codirigeants durant la dernière assemblée générale en mai. "Les investisseurs n'avaient plus confiance en Anshu Jain et en Jürgen Fitschen", a réagi Klaus Nieding, vice-président de la fédération d'actionnaires DSW. 

Près de 6000 litiges

 

Le duo avait pris les rênes du groupe avec la promesse de rompre avec les scandales et l'image des banquiers d'investissement aux dents longues qu'incarnait leur prédécesseur, le controversé Josef Ackermann, ainsi que de le rendre plus rentable. Trois ans plus tard, les résultats ne sont toutefois pas au rendez-vous. Deutsche Bank est toujours aux prises avec près de 6000 litiges. Le groupe vient d'écoper d'une nouvelle amende de 2,5 milliards de dollars (2,25 milliards d'euros) dans une affaire de manipulation de taux. 

Mi-mai, la banque avait par ailleurs confirmé l'ouverture d'une enquête interne au sein de sa division d'investissements en Russie, la presse allemande parlant alors de possibles actes de blanchiment d'argent. Selon l'agence Bloomberg, citant des sources proches du dossier, cette enquête porte sur environ 6 milliards de dollars de transactions sur une période de plus de quatre ans. Jürgen Fitschen lui-même est jugé pour faux témoignage dans une vieille affaire et risque la prison. "Le changement de culture promis n'est pas venu", déplore Klaus Nieding. 

Aspirations internationales

Pour ne rien arranger, en dépit d'efforts importants pour réduire ses coûts et se diversifier, la banque reste distancée par ses rivales anglo-saxonnes et vient de lancer une nouvelle stratégie pour l'horizon 2020, qui passe entre autres par un recentrage des activités et une réduction drastique de la voilure dans la banque de détail. 

Deutsche Bank, qui emploie plus de 98 000 personnes pour 32 milliards d'euros de chiffre d'affaires, est tiraillée entre ses aspirations internationales dans la banque d'investissement - où elle revendique une place dans le "top 5" mondial - et son enracinement dans la banque de détail en Allemagne. Le choix du Britannique John Cryan pour mener à bien la nouvelle stratégie ces prochaines années semble toutefois indiquer que la banque a tranché en faveur de l'international. 

"John n'est pas seulement un banquier chevronné avec une large expérience en matière financière, il épouse également les valeurs professionnelles et personnelles requises pour faire avancer Deutsche Bank", s'est félicité le chef du conseil de surveillance Paul Achleiner. "Notre futur sera défini sur notre capacité à mettre en oeuvre notre stratégie, impressionner nos clients et réduire la complexité" du groupe, a quant à lui estimé John Cryan. 


Lexpress

 

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