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Lionel Zinsou, ce banquier français nommé premier ministre du Bénin

Publié par MaRichesse.Com sur 20 Juin 2015, 02:27am

Catégories : #POLITIQUE, #FRANCE, #AFRIQUE

Lionel Zinsou, ce banquier français nommé premier ministre du Bénin

Le président béninois Thomas Boni Yayi a confié à ce normalien devenu banquier d'affaires les rênes du gouvernement. Retour sur un parcours marqué par le sceau de l'excellence.

Le président béninois Thomas Boni Yayi' a nommé le banquier d'affaires français Lionel Zinsou à la tête du gouvernement du Bénin ce vendredi. Son nom est inconnu du grand public. Mais résonne à l'oreille des banquiers, investisseurs et politiciens de l'Hexagone comme du Bénin. Car Lionel Zinsou est un homme incontournable des coulisses du pouvoir. En France, il préside notamment à la Fondation Africa France, destinée à soutenir l'émergence économique du continent africain.

Né d'un père béninois, médecin attitré de Léopold Sedar Sanghor et d'une mère française le 20 octobre 1954 à Paris, Lionel Zinsou est le neveu d'Émile Derlin Zinsou, président de la République du Dahomey (actuel Bénin) de 1968 à 1969 et condamné à mort par contumace. Enfant, il se rend régulièrement au Bénin, jusqu'à la révolution de 1974. Il ne retournera dans son pays d'origine qu'à la chute du régime militaire au pouvoir en 1990.

Scolarisé au lycée Buffon, l'élève modèle poursuit ses études à Louis-Le-Grand puis intègre la rue d'Ulm. Il y obtient une agrégation en sciences sociales, puis passe par Science po, la London School of Economics. Il prendra lui-même place au pupitre en devenant professeur d'économie à l'ENA et à Normale Sup, où il deviendra la plume d'un de ses élèves, Laurent Fabius. Un parcours singulier marqué par le sceau de l'excellence.

Au milieu des années 80, plutôt que de se consacrer à temps plein à son métier de professeur, Lionel Zinsou demande deux ans de disponibilité et rejoint l'entreprise Danone. «Au moment où le Bénin est redevenu démocratique en 1990, je vivais à l'heure de la conquête du monde avec Danone et Antoine Riboud», expliquait-t-il dans les colonnes du Figaro en 2007. Il est loin alors de ses racines africaines. Il consacrera onze années de sa vie à Danone. Jusqu'à une mise en examen pour «tromperie» dans la fabrication de préparations à base de bœuf à la suite d'un contrôle sanitaire effectué en juillet 1996, qui lui fera quitter l'entreprise.

Au moment de son arrivée chez Danone, il développe aussi un véritable engagement politique et fonde le groupe de réflexion «Solidarités modernes». Objectif: soutenir l'engagement politique de Laurent Fabius tout juste évincé de Matignon en raison de la défaite de la gauche aux législatives.

Le retour du Fils prodigue

En 1997, ce géant qui mesure près de deux mètres est repéré par David de Rothschild. Lionel Zinsou insiste auprès des dirigeants du groupe pour investir en Afrique, pour lui un marché émergent incontournable. Après la Banque Rothschild, il rejoint Paribas Affaires Industrielles (PAI), dont il devient le grand patron en 2009, un an seulement après son arrivée dans l'entreprise.

Mais ses racines béninoises se rappellent à lui, grâce à l'une de ses filles, Marie-Cécile, son aînée férue d'histoire de l'art. «Mes enfants m'ont ramené à mon pays, à mes racines. Et à 48 ans, j'ai compris que j'avais des devoirs vis-à-vis du Bénin et qu'il était temps de les remplir» confiait-t-il encore au Figaro en 2007. Un devoir qu'il remplit en partie en créant de toutes pièces une industrie de produits laitiers frais au Bénin grâce au groupe Yoplait dont il est le banquier conseil. Son obsession: créer des emplois. Mais il se défend de tout «afro-optimisme». En 2006 dans Le Figaro, il confie: «Les aspects déchirants, inhérents à ce continent, demeurent mais il y a une vitalité économique bien présente qui n'est certainement pas à négliger».

À la fois ambassadeur lucide et mécène en son pays, il s'est déjà vu offrir, en 2006, le poste de ministre de l'Économie du Bénin par Boni Yayi, tout juste élu. Lionel Zinsou refuse alors afin de conserver les revenus qui lui permettront de pérenniser ses investissements. Dans l'aventure Yoplait, il a mis un million d'euros sur la table. Il soutient aussi a Fondation Zinsou, créée à Cotonou par sa fille en 2005, dont le budget global avoisine lui aussi le million d'euros par an. Pour ces engagements, il revient un week-end par mois au Bénin et réside à temps plein en France.

En 2013, il rejoint au Quai d'Orsay, le Conseil des Affaires Étrangères. Cette instance d'évaluation et «boîte à idées» créée en 2006 lui permet d'être aux premières loges des relations entre la France et son continent de cœur. En 2015 il crée encore la Fondation Africa France, inaugurée en février dernier à Bercy, en présence du président François Hollande, du Gabonais Ali Bongo ou encore du président ivoirien Alassane Ouatara. Sa fondation veut mobiliser société civile, entreprises et collectivités locales autour de trois programmes centrés sur la formation de chefs d'entreprises et de «dix clubs sectoriels».

Pour le banquier, la fondation est avant tout un «réseau social» destiné à relier projets et entreprises. Depuis de nombreuses années, le banquier-mécène-politicien fait ainsi partie de multiples groupes de réflexions et cercles prestigieux, sources d'un réseau relationnel considérable qui porte aujourd'hui ce proche de Laurent Fabius au poste de premier ministre du Bénin. Vendredi après-midi, le ministre des Affaires Étrangères a d'ailleurs adressé ses «chaleureuses félicitations» à l'intéressé. 

 Lefigaro

 

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