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Les cybercafés sont-ils condamnés ?

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Juin 2015, 07:23am

Catégories : #INTERNET, #ENTREPRISE, #MONDE

En France, mais aussi dans les pays émergents comme l'Inde, la Chine ou encore le Nigeria, le modèle a du plomb dans l'aile. Explications.

 

Les cybercafés sont-ils condamnés ?
 

Les cybercafés sont-ils (déjà) des vestiges d'une époque révolue ? À en juger par les chutes drastiques de fréquentation partout dans le monde et les fermetures à répétition, il semblerait que oui. RIP, les espaces sombres, surchauffés, aux ordinateurs d’un autre siècle dans leurs box exigus. Pour le site Quartz Africa, il n’y a aucun doute, le smartphone a sans ménagement fait la peau des cybercafés au Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique est pourtant célèbre pour ses techniques d’escroquerie, régulièrement mises en œuvre dans ces petits commerces. Mais les chiffres sont sans équivoques. En 2001, le Nigeria comptait un peu plus de 400 000 lignes de téléphone fixe. Aujourd’hui, 85 millions de Nigérians ont un abonnement mobile, soit près de la moitié de la population. Dix ans après le boom des cybercafés, la très grande majorité a dû fermer ou se reconvertir dans de nouvelles activités telles que l’impression et la vente.

Le phénomène est mondial : au Bangladesh, c’est près de 40 % des cybercafés qui ont fermé ces cinq dernières années, rapporte Cybercafes Owners Association of Bangladesh. L’Inde et ses 300 millions d’internautes se lassent tout autant. Selon le Times of India,seuls 5 % des internautes se sont rendus dans un cybercafé en 2013, contre 44 % en 2009. Ces salles en réseau étaient pourtant le symbole de la modernisation indienne à l’aube des années 2000, lieu du chat, du téléchargement, et des jeux en ligne.

Smartphones, haut débit et surveillance

La baisse des coûts des abonnements internet, la généralisation du haut débit et du Wifi en accès libre sont parmi les causes de cette désertion. Les cybercafés ont également été réputés pour surveiller leurs clients, en Inde, mais surtout en Chine, comme le souligne leFinancial Times, où 10 000 salles ont mis la clé sous la porte pour la seule année 2012. Cependant, pour le journal, la principale raison de cette défection reste le « transfert technologique » vers le smartphone. Le mobile présente de nombreux avantages, dont une rapidité de connexion bien supérieure à celles des cybercafés, souvent vétustes, et un coût de moins en moins important. Ainsi, 50 % des Chinois possèdent un smartphone et 191 millions sont déjà munis du haut débit.

La France n’est pas épargnée par cette déroute. Ainsi les cybercafés commencent à se faire rares à Paris, bien que les raisons soient sensiblement différentes. Kowthaman, gérant d’un petit cybercafé du côté de la gare Montparnasse, peine à faire survivre son commerce. « On arrive à manger, à s’habiller, à payer le loyer, c’est tout », explique-t-il. Au moment de la création, l’entreprise familiale possédait plus d’une quinzaine d’ordinateurs et faisait près de 900 euros par jour. Aujourd’hui, la moitié des machines ont été vendues, « parce qu’on était en train de couler », et le cybercafé ne fait plus que 150 euros à la journée. En cause, les loyers de plus en plus élevés, mais aussi les abonnements internet de moins en moins chers. Le petit taxiphone s’est vu dans l’obligation de se diversifier. Services internet, impressions, photocopies, transferts d’argent, vente d’accessoires électroniques et relais colis, tout est bon pour garder le bateau à flot. Kowthaman semble résigné, le domaine du cybercafé est « voué à l’échec ».

Crise

Vraiment ? Rien n’est moins sûr. Quelques rues plus loin, le cybercafé Milklub accueille une myriade de jeunes gamers venus jouer en ligne, des habitués du lieu. David, le manager, serre la main de tous ses clients, les tutoie, et explique le concept de ce commerce aux multiples facettes. Ouverts 24h/24, il propose salle de jeu en réseau, accès à Internet, recharge de téléphone, impressions, prêt d’accessoires, mais aussi cafés et snacks. Pour imprimer un billet d'avion, ils restent indispensables à de nombreux usagers. La clé de la survie : se diversifier. Les internautes se pressent aux portes, « même à trois heures du matin ». « Finalement, on a autant de joueurs que d’internautes », explique David. Selon lui, contrairement à ce qui se passe en Inde ou en Afrique, la crise reste la principale cause du déclin dans l'Hexagone : « La première quinzaine de chaque mois, il n’y a pas de grande différence avec nos belles années. Mais dès le 20, il y a moins d’habitués », reconnaît-il. 

 Lepoint

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