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Marichesse.com

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Conseils, science, sante et bien-être


«Le développement personnel aide ceux qui ne vont pas trop mal à aller mieux»

Publié par MaRichesse.Com sur 14 Juin 2015, 10:56am

Catégories : #DEVELOPPEMENT, #RELATIONS, #HEUREUX, #VIE

«Le développement personnel aide ceux qui ne vont pas trop mal à aller mieux»
NTERVIEW - Le self selp ou développement personnel repose sur la réalisation de soi, une quête d'authenticité qui permet, selon Christophe André, «d'explorer de nouvelles dimensions existentielles qui ne sont pas forcément abordées dans les thérapies académiques ».

 

Christophe André, psychiatre et psychothérapeute, a notamment publié Et n'oublie pas d'être heureux, abécédaire de psychologie positive (Éditions Odile Jacob).

LE FIGARO. - Dans votre clinique, comment distinguez-vous développement personnel et psychothérapie?

Christophe ANDRÉ. - Même si les frontières deviennent poreuses, il y a de vraies différences: la psychothérapie est un outil de soins pour ceux qui souffrent de troubles psychopathologiques, avec des symptômes handicapants à soulager. Aussi est-il important que les techniques qu'elle utilise soient validées scientifiquement, ce qui a notamment été le cas pour l'hypnose, les TCC(thérapies comportementales et cognitives) ou, plus récemment, la méditation.

Le développement personnel (DP), lui, s'adresse à ceux qui sont en quête d'une croissance personnelle, veulent «se bonifier», souhaitent apprendre et progresser tout au long de leur vie. Il ne vise donc pas la diminution des symptômes mais l'acquisition de nouvelles compétences. La plupart de ces méthodes pour y parvenir ne sont pas validées scientifiquement, mais cela ne veut pas dire qu'elles ne marchent pas! Au début de ma carrière, quand mes patients me parlaient de ces approches, j'étais dubitatif. Mais peu à peu, j'ai vu que ça les aidait. Et il m'arrive aujourd'hui de faire du DP avec mes patients!

En quoi cela marche-t-il?

C'est par exemple bénéfique pour les personnes à l'estime de soi fragile. Ou dans les cas de vulnérabilité aux addictions, à l'anxiété ou à la dépression: le DP est alors un bon outil pour diminuer le risque de rechute. Globalement, il aide ceux qui ne vont pas trop mal à aller mieux. S'il n'est pas opportun lorsqu'on est en train de s'enfoncer dans une pathologie, il permet après coup d'explorer de nouvelles dimensions existentielles qui ne sont pas forcément abordées dans les thérapies «académiques».

La psychologie positive, dont vous êtes un grand représentant, a d'une certaine manière validé scientifiquement les découvertes faites il y a trente ans par le développement personnel…

Oui, elle confirme aussi les conseils des philosophes présocratiques et des bouddhistes! Cette éternelle aspiration humaine au bonheur et à l'équilibre intérieur a indéniablement trouvé une légitimité et une validité grâce aux recherches menées notamment sur la gratitude, le pouvoir du sourire, de l'altruisme… Mais la science a aussi écarté certaines prérogatives du développement personnel, en démontrant par exemple que la pensée positive ne fait pas toujours du bien aux personnes qui manquent de confiance en elles!

Certains reprochent au DP d'être culpabilisant, notamment parce qu'il enjoint d'être heureux, de réussir dans un contexte qui ne le permet pas forcément. Qu'en pensez-vous?

Qu'il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain! Le DP à l'européenne est bien plus subtil que ce qu'il est souvent aux États-Unis, où, en effet, nombreux sont ceux qui confondent outil de mieux-être et accès à la réussite et au succès.

Je pense, par ailleurs, que la recherche de l'équilibre intérieur est une démarche saine, à la fois pour l'individu et pour la société. Une personne intérieurement équilibrée et épanouie fera un citoyen plus avisé: progrès psychologiques et conscience politique sont parfaitement compatibles, et même complémentaires! 

Lefigaro

 

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