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La remarquable résilience de Dominique Strauss-Kahn

Publié par MaRichesse.Com sur 18 Juin 2015, 07:31am

Catégories : #PEOPLE, #POLITIQUE

La remarquable résilience de Dominique Strauss-Kahn

On a beaucoup parlé, à propos de Dominique Strauss-Kahn, alias DSK, de tragédie grecque. Une ascension politique foudroyante, un charisme indiscuté, une maîtrise des défis de l’économie mondialisée reconnue par ses pairs, une tentation présidentielle évidente… jusqu’à ce fatidique 14 mai 2011, dans la suite 2806 du Sofitel de New York, dont l’affaire du Carlton, jugée vendredi, était en quelque sorte le pendant hexagonal.

Que dire, dans cette séquence d’intense dramaturgie politique et personnelle, de l’acquittement de l’ancien patron du FMI, survenu au Palais de justice de Lille? Faut-il y voir, comme beaucoup s’empressent de le faire, le début d’une rédemption qui pourrait conduire l’intéressé à briguer de nouveau de hautes fonctions, dans un pays vite oublieux des écarts intimes? Ou doit-on estimer que ce procès, mal ficelé parce que mal instruit, ne fait que clore l’abracadabrante mise en cause d’un homme qui, aussi imprudent et libertin soit-il, ne s’est jamais comporté en proxénète, comme on le lui reprochait?

La réponse à ces deux questions oblige à s’interroger sur l’enchaînement des événements qui ont conduit DSK sur le banc des accusés pour un procès baptisé du nom d’un hôtel où il n’a jamais mis les pieds. L’ancien ministre français n’a, en effet, pas été renvoyé en correctionnelle sur la seule base de faits avérés. Le pari des juges d’instruction, dont le tribunal a étrillé les manquements, était à l’évidence qu’il tomberait de son piédestal face aux anciennes prostituées, devenues parties civiles. C’est à la barre, avaient parié les juges, que la vérité éclaterait et que, derrière les ébats de ce politicien maniaque du sexe, apparaîtraient les blessures, les larmes, et surtout le réseau qui l’approvisionnait en «libertines».

Ce pari, vendredi, s’est fracassé contre deux réalités. Celle de la justice, qui exige des faits recoupés et a pour but de dire le droit, non la morale. Et celle des inégalités de la vie. Même à terre, foulé aux pieds par la presse, humilié par le FBI, Dominique Strauss-Kahn est resté un combattant hors norme, maniant tous les registres: éloquence, arguties juridiques grâce à ses avocats, début d’excuses quand il le fallait, main tendue à ceux de ses coaccusés qu’il continue de considérer comme des «amis».

DSK n’a pas été juste acquitté vendredi. Il a survécu et fait mentir – en discréditant au passage ses accusatrices pourtant réellement blessées – ceux qui le disaient assommé ou déboussolé. Avec toujours, en guise de bouclier, ce mélange de cynisme et d’arrogance calculée qui le protège et le rend détestable à la fois. Strauss-Kahn n’est pas encore de retour. Mais il est sorti debout, là où tant d’autres auraient fini broyés et à genoux. 

Letemps

 

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