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Conseils, science, sante et bien-être


Jessica, comptable pour 1 674 euros par mois et végane en transition

Publié par MaRichesse.Com sur 9 Juin 2015, 04:10am

Catégories : #FRANCE, #ECONOMIE, #EMPLOI, #ARGENT, #TRAVAIL

Jessica, comptable pour 1 674 euros par mois et végane en transition

Au milieu des documents qu’elle nous a joints pour participer à notre rubrique Porte-monnaie, deux plans de la maison qu’elle a achetée en octobre. A savoir 31 m2 en copropriété à Montpellier, avec un jardin, deux arbres et de quoi faire un potager :

« Ce n’était pas prévu. Avant d’être propriétaire, je trouvais mieux de ne pas acheter pour pouvoir déménager plus facilement. »

Elle a aussi envoyé quelques relevés bancaires annotés, pour nous aider à y voir plus clair :

« Je ne commande jamais chez Adam & Eve et je n’ai pas d’abonnement chez Marc Dorcel, donc je n’ai rien à cacher. »

Et assure ne pas être obsédée par ses comptes. Elle y prête attention, mais sans plus :

« Oui, je sais, pour une comptable, c’est un peu bizarre... »

« J’ai un emprunt sur le dos, alors... »

Jessica, 27 ans, se décrit comme « archi-normale ». Pas pauvre, pas riche, pile entre les deux. Depuis trois ans environ, elle travaille dans un petit cabinet d’expertise comptable. Ils sont trois, avec sa boss et la directrice.

« Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un job alimentaire. Non, pas du tout. Mais plus tard, je pourrais très bien changer de métier. »

Elle a fait des études de philo pour devenir professeur, mais a finalement laissé tomber pour un BTS compta en accéléré. Quelques semaines après l’avoir obtenu, elle était embauchée. Si elle ne trouve pas dingue son salaire de 1 600 euros et des poussières, elle le relativise :

« L’ambiance est bonne, les chefs sont sympas et j’ai un emprunt sur le dos alors... »

Et précise :

« J’aimerais bien évoluer dans mon boulot parce que j’ai un peu l’impression de tourner en rond. J’aimerais avoir plus d’autonomie en fait. »

Un abonnement internet à 2 euros

Elle fait la plupart de ses emplettes sur Internet. « Moins de prises de tête que dans les magasins et plus de bonnes affaires. » Conserve systématiquement les factures de ses achats en ligne :

« Une petite déformation professionnelle. »

Son abonnement Internet lui coûte 2 euros. Une trouvaille dans une vente privée, qui lui convient très bien. A part quelques séries en streaming trois heures le week-end (et ses courses, donc), elle ne tue pas le temps sur le Web.

Le téléphone fixe n’est pas branché, mais de toute façon, elle n’est pas très téléphone. « Je n’appelle jamais. » Le portable, c’est pour la forme. Parfois, elle le laisse à la maison :

« J’envoie des textos, mais je ne réponds pas forcément en instantané. »

Ses journées commencent à 8h30 et se terminent autour de 17h30-18 heures, avec une demi-heure de pause pour avaler le déjeuner qu’elle ramène de chez elle. Elle a sa petite routine. Après le boulot, elle va à la la salle de sport. Quatre fois en semaine, une fois le week-end.

Sur ses relevés de comptes, pas mal de mentions « cadeaux ». Pour ses copines et sa famille. Pour elle aussi. Un parfum à 80 euros et un bijou à 47 euros il y a quelques semaines.

« Je sais, c’est mal »

En début d’année, Jessica a décidé de devenir végétalienne. De bannir, entre autres, les produits et les sous-produits d’origine animale. Avant ça, elle était végétarienne. Un nouveau mode de vie, qui implique d’autres modes de consommation :

« Je ne peux plus commander de pizza par exemple. »

Même si parfois, elle flanche encore :

« Ça m’arrive aussi de craquer sur des saletés comme des conneries bourrées d’édulcorants, du Coca Zéro ou des cookies végétaliens mais à l’huile de palme. Je sais, c’est mal. »

Elle se fournit en produits végétaliens essentiellement sur Internet et dans les boutiques bio du coin. Des fruits, des légumes, des céréales :

« J’achète aussi des surgelés et des conserves mais quand on apprend que Bonduelle met des arômes de viande dans ses légumes, ça dégoûte franchement. Du coup, je me suis mise à faire les marchés. Problème : comme je ne cuisine pas, je ne suis pas équipée. »

Shopping responsable

En ce moment, elle est en quête d’un robot mixeur pour préparer des repas à base de légumes. De vêtements aussi, même si ce n’est pas sa priorité absolue :

« En devenant végétalienne, j’ai réalisé que ce serait incohérent de me préoccuper du bien-être des animaux mais de continuer à acheter des merdouilles fabriquées par des enfants ou des gens exploités.

Donc j’ai pris la décision de ne plus acheter que des choses fabriquées dans des pays où les conditions de travail sont décentes. Et il faut aussi que ce soit végan et que ça ne me coûte pas un œil. »

Elle est en période de transition. Le temps de trouver un équilibre entre ses finances et le végétalisme. Du coup, dans les prochains mois, ses comptes devraient évoluer.

Revenus : 1 674 euros par mois

Jessica a été embauchée au smic.

« Je n’avais pas d’expérience. »

Depuis, elle a été augmentée et touche environ 2 100 euros brut (1 611 euros net).

Elle a droit à 25 jours de congés, pas de RTT – elle est aux 35 heures – , une prime d’ancienneté de 26 euros brut. Parmi ses avantages, le remboursement de la moitié des 52 euros que lui coûte sa carte de transports (soit 26 euros par mois).

Quatre Tickets Restaurants de 7 euros par semaine (elle ne travaille pas le vendredi après-midi), pour lesquels son employeur lui déduit 63 euros tous les mois, la moitié de ce qu’il lui-même débourse pour le carnet.

« Je les utilise pour faire mes courses. »

Dépenses fixes : 863 euros par mois

  • Remboursement de son emprunt : 617 euros par mois

Sa maison lui a coûté 117 000 euros. Jessica avait un apport de plus de 30 000 euros. « J’ai gardé l’argent de l’indemnisation que j’avais touchée après un méchant accident. » Son emprunt court jusqu’à 2029.

« Je vois ça comme un investissement. De l’épargne. Peut-être que je vendrai et que j’achèterai ailleurs à ce moment-là. »

Quand elle s’est installée, il fallait meubler. Environ 2 000 euros déboursés en fin d’année, ce qui lui a permis de s’installer convenablement.

  • Assurance de son emprunt : 15 euros par mois
  • EDF : 40 euros par mois. Chez elle, tout est électrique.
  • Assurance habitation : 11 euros par mois
  • Salle de sport : 30 euros par mois

Un abonnement de 179 euros pour six mois, pour lequel on lui prélève 60 euros tous les deux mois. Elle y va au minimum cinq fois par semaine et envisage même une sixième, comme sa salle ouvrira prochainement le dimanche. Des cours de danse, de gym et du cardio, toujours en groupe :

« C’est plus motivant que de faire du tapis toute seule dans son coin. »

  • Transport : 26 euros par mois

Jessica n’a pas de voiture ; elle n’habite pas très loin du centre-ville. De toute façon, elle n’a pas le permis et n’envisage pas de le passer :

« Dans ma famille, on n’a jamais eu de voiture. Ça ne me manque pas. »

  • Mutuelle : 27 euros par mois

Une mutuelle privée. L’an prochain, celle du travail s’appliquera aussi aux non-cadres, mais ça ne l’intéresse pas. Dernièrement, elle est allée quatre fois chez le dentiste :

« Je déteste ça. Mais je suis tranquille pour dix ans. »

  • Abonnement internet : 2 euros par mois
  • Abonnement téléphone mobile : 4 euros par mois

Elle paie 2 euros pour appeler et envoyer des SMS, deux autres pour « un peu de 3G ».

  • Impôt sur le revenu : 91 euros par mois

Son impôt s’élève à 1 085 euros.

« L’Etat m’a aidée quand j’en avais besoin. J’étais boursière à la fac, mes deux parents étaient chômeurs et touchaient des allocations. Je ne me plains pas en payant mes impôts. Je prends ça comme un juste retour. »

  • Charges de copropriété :  0 euro par mois

« On ne m’a rien demandé encore, donc je fais la morte. »

Dépenses variables : 724 euros par mois

  • Alimentation et courses : environ 250 euros par mois

Jessica dépense environ 150 euros en grande surface, 60 dans des boutiques végétaliennes en ligne et 40 dans les magasins bio, les boulangeries et les marchés.

 

Le végétalisme coûte cher, mais elle relativise aussi :

« Au final, il n’y a pas de viande, pas de fromage, pas d’œufs donc ça doit revenir au budget d’un consommateur qui va faire ses courses chez Carrefour. “

  • Taxe foncière :  environ 83 euros par mois

Sur l’année, il lui en coûte de l’ordre de 1 000 euros.

‘J’ai payé le prorata à l’achat en octobre. 830 euros à l’époque.’

  • Coiffeur : environ 10 euros par mois

Une estimation, à raison de 30 euros tous les trimestres.

  • Restaurants, salons de thé végétaliens : environ 40 euros par mois

‘Une fois tous les quinze jours. Rien d’exceptionnel. Un sandwich ou une salade, en général seule. Disons que ce ne sont pas des endroits qui branchent mes amis [Rires].’

  • Sorties : environ 20 euros par mois

‘Un verre en ville de temps en temps avec les copines. Pas de boîtes de nuit, je trouve ça trop bruyant.’

  • Lubies : environ 50 euros par mois

Une grosse boîte de chocolat, du matériel de sport, un bijou ou un parfum (voir ci-dessus). Des occupations passagères aussi. Il y a eu le piano et le tricot à un moment. Là, c’est les cours d’allemand en ligne :

‘On parle en anglais au travail, mais nous avons des clients allemands. Je trouve ça bien travailler une autre langue. Et puis, on ne sait jamais.’

  • Magazines : environ 10 euros par mois

‘Je suis abonnée à des magazines d’actu et d’informatique. Parfois, j’achète en kiosque un magazine de consommateurs’ ou une revue féminine repose-neurones. Mais pas de magazine people, faut pas pousser !”

  • Bouquins : environ 15 euros par mois

Jessica ne lit quasiment que des auteurs classiques, dont elle télécharge les œuvres sur sa liseuse Kindle. Elle précise :

“Dostoïevski est mon préféré.”

  • Cadeau pour la famille et les amis :  environ 90 euros par mois

Des petites choses qu’elle envoie parfois par la Poste. Il lui arrive de faire des courses sur Internet pour ses parents qui vivent dans le centre de la France et de les leur faire livrer.

  • Equipement de la maison : environ 30 euros par mois

De la vaisselle, un micro-ondes, un tapis de sol. Ça peut être n’importe quoi, mais de manière très irrégulière. 30 euros, c’est une moyenne.

“C’est une dépense qui tend à diminuer parce qu’il ne me manque plus grand-chose. Un petit robot de cuisine, des tabourets, une commode, un porte-manteau, un petit four et ce sera bon. Rien d’urgent.”

  • Voyages : environ 42 euros par mois

Des petites escapades régulières lui revenant à environ 500 euros par an

“Je fais des petits week-ends pas très loin tous les trimestres. Ce qui fait douiller, ce sont les billets de train hors de prix.

J’ai déjà fait du covoiturage mais j’ai rarement eu du bol. Une fois, je suis tombée sur un conducteur qui devait se prendre pour Fangio. Mais la pire expérience, ça a été de passer trois heures à l’arrière d’une voiture dont le couple de conducteurs s’est engueulé tout le long....”

  • Vêtements : environ 42 euros par mois

Jessica s’est dressé une sorte de budget prévisionnel de 500 euros par an, puisqu’elle n’a encore rien acheté depuis qu’elle est végétalienne.

“Pas de laine, pas de cuir... C’est compliqué de trouver un manteau ou des vêtements de sport. J’ai repéré des sites et des boutiques. On verra. Ce n’est pas une priorité car j’ai ce qu’il faut pour le moment.”

  • Le gros cadeau annuel : 42 euros par mois

Là aussi, c’est une moyenne et une estimation de l’ordre de 500 euros par an.

“Cette année, c’était un vélo, l’année dernière, un tatouage et l’année d’avant, un iPad.”

Epargne : 0 euro par mois

En général, à la fin du mois, il lui reste entre une trentaine et une petite centaine d’euros quand elle dépense moins :

“Je n’ai pas non plus énormément de latitude en étant endettée à hauteur d’environ 40% de mes revenus.”

D’autres réajustements sont à prévoir. Récemment, Jessica a appris que ses parents pourraient se faire expulser. Elle prévoit de leur donner un coup de main pour payer le loyer. 

 Rue89

 

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