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Conseils, science, sante et bien-être


Hépatite C: la fin d'une maladie ?

Publié par MaRichesse.Com sur 3 Juin 2015, 02:57am

Catégories : #FOIE, #VACCIN, #MALADIE, #MEDICAMENT, #SCIENCE, #SANTE-BIEN-ETRE

Hépatite C: la fin d'une maladie ?

 

Variole, diphtérie, tétanos, fièvre jaune, poliomyélite et tant d'autres… Autant de maladies qui ont pu être contrôlées, voire disparaître dans certains pays, grâce à la vaccination. Mais une maladie chronique qui disparaît sans vaccin, simplement par un traitement de quelques semaines sans effets indésirables majeurs, est-ce possible? Ce serait une révolution dans l'histoire de la médecine! Et pourtant, nous sommes à l'aube de cette avancée majeure. C'est, en effet, l'objectif que la France peut atteindre en 2025 pour l'hépatite C.

L'hépatite C est une infection chronique, qui s'attrape par le sang, le plus souvent silencieuse, due au virus de l'hépatite C qui se multiplie dans le foie pour progressivement conduire à une cirrhose puis un cancer. Il n'existe aucun vaccin contre l'hépatite C. En France, environ 100.000 à 150.000 personnes attendent depuis plusieurs années le traitement qui leur permettra de guérir de cette infection. Car l'objectif est bien celui-là: guérir d'une maladie chronique potentiellement mortelle mais aussi d'une maladie qui se manifeste souvent par une fatigue invalidante responsable d'une altération de la qualité de la vie.

Année charnière

L'année 2014 a été une année charnière dans le traitement de l'hépatite C: l'arrivée de nouveaux traitements très efficaces (la guérison dans plus de 95 % des cas, c'est-à-dire la disparition complète et définitive du virus) sans effets indésirables majeurs. Ces nouveaux médicaments, appelés agents antiviraux directs, agissent en 3 points différents sur les enzymes de réplication du virus de l'hépatite C (inhibiteurs de protéase, inhibiteurs de NS5A ou NS5B). Ces médicaments sont prescrits le plus souvent en association, sous forme d'un à deux comprimés par jour, pendant généralement 12 semaines (parfois 24 semaines).

Malheureusement, ce traitement révolutionnaire a un coût d'environ 50.000 euros par patient. Ce coût a déjà bien diminué par rapport à l'année 2014 mais les négociations de prix doivent se poursuivre pour pouvoir traiter encore plus de patients. Les responsables en charge de la mise à disposition de ces médicaments (le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes et les laboratoires pharmaceutiques) doivent continuer à travailler ensemble pour arriver au prix le plus bas, prix qui permette d'atteindre l'objectif fixé: un pays sans épidémie d'hépatite C.

Aujourd'hui, déjà 7 médicaments sont disponibles et, en 2016, ce sont 9 à 11 médicaments qui pourraient être prescrits. Alors, ce grand nombre de médicaments disponibles va-t-il permettre de réduire le coût du traitement? Plus les prix seront revus à la baisse, plus le nombre de patients traités sera important. En 2014, ce sont environ 14.000 patients qui ont pu bénéficier de ces traitements révolutionnaires et probablement que 15.000 à 20.000 patients pourront être traités et guéris en 2015. Le combat vers la fin de l'épidémie d'hépatite C a bien commencé ; il ne doit pas s'arrêter.

Stratégie de traitement

L'Afef, la société française d'hépatologie, qui groupe l'ensemble des médecins et des chercheurs en hépatologie, publie ce 1er juin 2015 ses recommandations pour la prise en charge des hépatites C. L'objectif de ces recommandations est de mettre en place une stratégie de traitement pour vaincre l'hépatite C: de l'hépatite aiguë à la cirrhose, de l'usager de drogues au patient dialysé, de l'adolescent au patient transplanté hépatique, quel traitement pour quel résultat?

Mais, face à un patient, dans le cabinet de consultation, au-delà des considérations économiques ou financières, est-il éthique de traiter tel ou tel patient en fonction de tel ou tel critère? La maladie est-elle différente chez une personne contaminée par transfusion par rapport à une personne contaminée par usage de drogue? Y a-t-il une différence entre un individu qui a une cirrhose liée à l'hépatite C parce qu'il a abusé d'alcool par le passé et un individu qui, grâce à une hygiène de vie exemplaire, a préservé son foie? Peut-on refuser un traitement à un sujet de 80 ans alors qu'il pourrait être proposé à une femme ayant un souhait de grossesse? Doit-on privilégier le traitement d'un sujet incarcéré car il est un «réservoir» de l'infection au détriment d'un sportif de haut niveau? C'est toute une réflexion éthique, sociologique, sociétale, économique, politique qui doit être menée.

Fidélité au serment d'Hippocrate

Du fait de contraintes économiques bien compréhensibles, le médecin en charge d'un patient à qui il ne peut proposer un traitement de l'hépatite C, pourtant disponible, est-il fidèle au serment d'Hippocrate qu'il a prononcé au moment d'exercer la médecine? «Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.» Peut-on dire qu'on «rétablit» la santé d'un patient si on ne peut lui donner un traitement qui peut le guérir?

Si 15.000 patients sont traités chaque année en France, l'objectif de contrôle de l'épidémie d'hépatite C sera atteint. Et si la France se donnait l'ambition d'être le premier pays au monde à avoir vaincu cette maladie? Le traitement a un coût, la guérison n'a pas de prix.

 Lefigaro

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