Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Canada : Visiteurs de 150 pays, vos papiers et... vos données biométriques!

Publié par MaRichesse.Com sur 4 Juin 2015, 16:02pm

Catégories : #VISA, #CANADA, #VOYAGE

Canada : Visiteurs de 150 pays, vos papiers et... vos données biométriques!

Les visiteurs étrangers qui proviennent d'un pays où un visa est nécessaire pour entrer au Canada devront désormais fournir leurs données biométriques avant de mettre les pieds au pays. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper justifie la mesure par le besoin de prémunir les Canadiens contre le renforcement de la menace terroriste.

La mesure, qui est déjà en place pour les ressortissants provenant d'un groupe de 29 pays - dont l'Afghanistan, l'Égypte, le Pakistan, la Somalie, la Syrie et le Yémen - sera ainsi étendue aux ressortissants de 150 pays.

Les visiteurs devront fournir leurs empreintes digitales ainsi que des photos numériques de leur profil et de leur oeil au cours du processus d'obtention de leur visa. L'infrastructure pour recueillir les données biométriques est d'ailleurs implantée dans quelque 90 pays. De son côté, le gouvernement Harper prévoit que l'ensemble du système sera fonctionnel pour 2019.

« Les frontières ne doivent pas devenir des barrières, mais elles doivent servir de filtre. »— Stephen Harper

Le gouvernement croit que cette nouvelle mesure lui permettra de mettre la main au collet de terroristes, d'immigrants illégaux et de djihadistes revenant au Canada.

Les Américains, les Britanniques, les Français et les Japonais en seront notamment exclus.

Les coûts entourant cette mesure de sécurité sont refilés aux visiteurs, qui doivent eux-mêmes payer - 85 $ par personne et 170 $ par famille - pour la prise des empreintes digitales et des photos.

Des passagers enregistrent leurs bagages à l'aéroport Pearson de Toronto (archives).Des passagers enregistrent leurs bagages à l'aéroport Pearson de Toronto (archives).  Photo :  PC/Michelle Siu

« Les terroristes djihadistes ont proféré des menaces directement contre le Canada et avec une clarté qui ne laisse aucun doute », a déclaré M. Harper. Citant un rapport du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), le premier ministre a révélé qu'une menace avait pesé sur le Parlement canadien le mois dernier.

Plusieurs voix s'élèvent contre cette pratique

L'Association du Barreau canadien déplore que la mesure soit noyée dans l'imposant projet de loi C-59, qui contient le budget. Le projet de loi sera adopté puisqu'il est crucial pour le gouvernement majoritaire. Le Barreau souligne qu'une telle procédure prive la Chambre des communes d'un réel débat approfondi sur une question aussi délicate pour la société canadienne.

De son côté, le commissaire à la vie privée, Daniel Therrien, croit que la mesure, en s'élargissant, devrait comporter un meilleur encadrement de la collecte, de l'entreposage, de l'utilisation et du partage de ces données.

Le chef de l'opposition officielle et du NPD, Thomas Mulcair, abonde en ce sens. Il estime que la nécessité d'une telle mesure n'a pas été démontrée et il prête des intentions politiques au gouvernement Harper.

« Force nous est de constater que cette demande d'avoir cette information a beaucoup plus à voir avec les thèmes choisis par M. Harper pour les élections, affirme M. Mulcair. Il veut que les gens aient peur des gens qui viennent de l'extérieur, mais la preuve n'est pas encore faite que ce soit nécessaire. »

« Depuis quand a-t-on besoin d'avoir des empreintes digitales et le profil détaillé de chaque personne qui vient de 150 pays? s'interroge M. Mulcair. C'est une excellente manière de fermer l'industrie touristique au Canada et de rendre les affaires plus difficiles. »

L'ex-agent du SCRS Michel Juneau-Katsuya souligne pour sa part que l'approche du gouvernement « laisse peut-être des failles dans le système ». Si la mesure n'est pas implantée dans toutes les portes d'entrée, dit-il, « les criminels et les terroristes, qui sont tous aussi malins que les policiers, vont tenter de contourner ces mesures en allant vers les postes les plus sensibles ou les plus faibles ».

Dans le même esprit, le fait que les ressortissants de certains pays amis soient exemptés de fournir des données biométriques constitue « peut-être une mauvaise stratégie », puisque les réseaux terroristes pourraient avoir recours aux filières qui s'y trouvent pour infiltrer le Canada.

M. Juneau-Katsuya souligne également que les données biométriques « auront à être emmagasinées et protégées » par le gouvernement. « C'est aussi gros sinon plus gros que le registre des armes à feu. Ça va être énormément d'informations », affirme-t-il en soulignant que « des dizaines de millions de gens qui devront être contrôlés régulièrement ».

Stephen Harper a fait l'annonce de cette mesure en fin d'avant-midi à Toronto, dans la circonscription du ministre des Finances, Joe Oliver.

Une soixantaine de pays imposent de telles pratiques à leurs visiteurs.

L'aéroport Pearson de Toronto (archives)L'aéroport Pearson de Toronto (archives)  Photo :  PC/Nathan Denette

Lutte financière et stratégique

Le premier ministre a profité de l'occasion pour communiquer deux autres nouvelles mesures afin de lutter contre le terrorisme. M. Harper a annoncé une augmentation du financement accordé au SCRS pour qu'il accroisse sa surveillance et ses mesures antiterroristes.

Le gouvernement veut également mettre l'Agence du revenu canadien à contribution afin de lutter contre le terrorisme sur la scène financière. Le premier ministre a rappelé que des organisations caritatives avaient déjà été fermées pour avoir financé des organismes jugés terroristes par le gouvernement.

Le Canada étudiait, en 2014, la possibilité de mettre en place un système de partage des données biométriques avec des pays comme le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Une pratique que le premier ministre a confirmée. 

Radio-Canada

Commenter cet article

Archives