Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Votre cerveau est une bande-passante et les problèmes d'argent la saturent

Publié par MaRichesse.Com sur 16 Mai 2015, 13:52pm

Catégories : #ARGENT, #FAMILLE, #VIE, #CERVEAU

Votre cerveau est une bande-passante et les problèmes d'argent la saturent

«Si je fais de vous un pauvre du jour au lendemain, vous commencerez probablement à vous comporter comme vous pensez qu’un pauvre se comporte», explique Sendhil Mullainathan, économiste et professeur de Harvard, à la journaliste Cara Feinberg dansHarvard-Magazine.

 

En 2013, l’enseignant a publié avec son collègue Eldar Shafir le livre Why having too little means so much, évoquant l’influence du sentiment de pénurie et de pauvreté sur le processus de décision des individus. Il revient aujourd’hui sur leurs observations et l’écho qu’elles pourraient trouver à présent dans le monde politique et le travail social.

À grands traits, on pourrait résumer la pensée des deux chercheurs ainsi: l’esprit humain est comparable à une bande-passante, laquelle nous permet de faire fonctionner nos facultés intellectuelles et physiques. Le problème, c’est que les soucis matériels y prennent une importance démesurée. Résultat: ce qui ne sert pas à résoudre ces difficultés alimentaires ou monétaires a du mal à se faire une place.

 

L’individu pauvre aura alors la plus grande difficulté à penser sur le long terme et aura tendance à faire de mauvais choix, à suivre des raisonnements moins pertinents.

Action forgée par les circonstances

À partir de 2010, Mullainathan et Shafir ont débuté un cycle d’expérience très simple: ils ont fait venir un groupe d’individus riches et un groupe de personnes en situation plus délicate pour passer un test de QI n’exigeant aucune connaissance particulière. Avant ce test, les chercheurs demandaient aux uns et aux autres d’imaginer leur action si leur voiture nécessitait des réparations coûtant 300 dollars, remboursées seulement pour moitié par les assurances. Si ce cas de figure n’a pas eu d’effet sur le test qui a suivi, la même question avec des réparations réévaluées à 3.000 dollars n’a eu aucun impact sur les individus riches mais a largement décontenancé les plus pauvres. À l’issue d’un nouveau questionnaire, ils avaient perdu en moyenne 14 points de quotient intellectuel.

 

Ces résultats impliquent que des faits qu’on attribue spontanément à des traits de la personnalité (impulsivité, caractère dépensier, mauvaises notes à l’école) peuvent n’être qu’un dérivé de la pauvreté. Plus intéressant, ils s’inscrivent en faux contre le credo de la pensée libérale, au sens large du terme. D’un point de vue libéral, tout individu calcule son intérêt, et les moyens d’y satisfaire, grâce à la raison, indépendamment de ses ressources. Ici, ce schéma est pris à défaut puisque ce sont les circonstances qui forgent l’action et restreignent la réflexion.

En suivant ces enseignements, ce sont surtout les politiques sociales qui seront amenées à changer, comme le résume Cara Feinberg: 

«Si on commence à considérer la bande-passante de l’esprit humain et les facteurs qui l’affectent de la même manière qu’on examine les circonstances économiques, nous pouvons concevoir et évaluer des programmes économiques fondés sur le comportement réel des gens et non sur ce que les statistiques nous disent ce qu’ils devraient faire.»

 

 

Slate

Commenter cet article

Archives