Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marichesse.com

Marichesse.com

Conseils, science, sante et bien-être


Vers une forme inédite de management antistress

Publié par MaRichesse.Com sur 22 Mai 2015, 12:17pm

Catégories : #SANTE-BIEN-ETRE, #TRAVAIL, #RELATIONS

Vers une forme inédite de management antistress

ous parlent de stress. DRH, consultants, syndicalistes et médecins du travail envisagent des plans pour le contrer, rarement les mécanismes qui le génèrent. « Or, le stress toxique est une réaction d'adaptation de l'organisme face aux exigences de l'environnement très bien décrite par la recherche, explique Valérie Cotro, DRH de Botanic. Déclenchée par le système nerveux, elle provoque une phase de résistance du corps qui épuise ses ressources en énergie (magnésium, dopamine, adrénaline, sérotonine, etc.). Le risque ? Susciter un hypercortisolisme, avec pour conséquences des troubles dépressifs, des déséquilibres thyroïdiens, un déficit immunitaire, une neurotoxicité cérébrale. »

Ce discours liminaire, rare, constitue depuis cinq ans la colonne vertébrale du management du réseau de jardineries. Précisément depuis l'intervention magistrale du docteur Jacques Fradin, médecin comportementaliste, chercheur en neurosciences, directeur de l'Institut de médecine environnementale, venu expliquer devant le comité de direction le fonctionnement du cerveau en situation de stress.

Après avoir banni les pesticides de ses rayons en 2008, Luc Blanchet, horticulteur et président de Botanic, souhaitait éliminer toute autre toxine de l'entreprise familiale. « Je cherchais à prévenir pour ne pas être en posture de devoir guérir. Séduit par le concept du management par le calme théorisé par Jacques Fradin, il me semblait que cette démarche pouvait rejaillir sur la performance et la relation client. » Pour attaquer le mal à la racine, le déploiement de ces attitudes « responsables » s'est fait à grande échelle. 

 

Du concret pour abaisser la pression

Selon un process pédagogique, élaboré par Gilles Panteix, comportementaliste et systémiste, les managers ont été formés au management par le calme et à la communication juste au fur et à mesure des ouvertures de magasins. Objectif : « Apprendre à désamorcer les facteurs déclenchants du stress - pressions, tensions, injonctions -, et privilégier la qualité de la relation, créatrice de valeur ajoutée pour les individus et l'entreprise », selon Valérie Cotro. Les techniques utilisées empruntent aux « approches centrées sur la personne », qui appellent à se focaliser sur l'homme et non sur le symptôme, et à la « gestion des modes mentaux », qui mobilise conjointement les deux modes décisionnels - l'intelligence et la mémoire.

Le petit livre jaune, distribué en interne pour raviver les théories managériales du réseau, révèle les moyens concrets pour abaisser la pression : expliquer le contrat, le cadre et le pourquoi aux équipes, superviser avec exigence et bienveillance, respecter l'autre en paroles et en actes, communiquer avec objectivité et équité. Le manuel insiste aussi sur les dernières trouvailles : les salles de « ressourcement » et les séances de massage assis pour prévenir les lombalgies.

Le pouvoir, pas un acte de pression sur les autres

Relaxation, toutefois, n'est pas relâchement. Chez Botanic, les entretiens de recadrage et les sanctions existent. Des modules apprennent à gérer la mauvaise foi et l'intolérance, à reformuler sans tomber dans le jugement, preuve que le ciel n'est pas toujours bleu dans une jardinerie.« Ce qui diffère, c'est la manière de s'exprimer. Chacun doit comprendre que le pouvoir n'est pas un acte de pression sur l'autre », note la DRH.

La greffe prend-elle systématiquement ? « Les résistances existent, car cette politique constitue une contrainte vis-à-vis du respect des objectifs économiques », reconnaît Valérie Cotro. Le recrutement des responsables des 65 jardineries est d'ailleurs normé pour éviter toute erreur de casting. Confié à un responsable RH interne, chaque candidat doit « cocher » les cases maison : « Les primes des managers étant indexées sur le taux de satisfaction managériale et sur leur capacité à créer de bonnes conditions d'exercice, ils doivent avoir l'étoffe, même si l'empathie et l'autocritique s'enseignent. »

Du travail subsiste néanmoins. Si l'absentéisme se résorbe et s'achemine vers les 3 %, le taux de fréquence des accidents de travail reste élevé, autour de 21 %. En entrepôt, le risque est tangible. L'amélioration de la sécurité est le prochain bénéfice attendu du petit livre jaune.

 

Commenter cet article

Archives