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Conseils, science, sante et bien-être


Une personne sur deux sera allergique en 2050

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Mai 2015, 11:53am

Une personne sur deux sera allergique en 2050
De nouvelles recherches suggèrent que des interactions entre l'environnement et nos gènes pourraient expliquer le développement de ces pathologies.

 

Nez qui coule, œil qui gratte, respiration sifflante… Le beau temps de la semaine dernière a libéré les pollens et fait exploser les allergies. Aujourd'hui, 20 % des Français souffrent de rhinite allergique et plus de 10 % des enfants d'asthme. Les allergies respiratoires sont les plus fréquentes, mais, au total, un Français sur quatre est allergique en France. «15 à 20 % des petits enfants sont atteints d'eczéma, 4 à 8 % des enfants d'âge préscolaire ont une allergie alimentaire», précisait le professeur Daniel Vervloet, président de la Fédération française d'allergologie lors du dixième congrès francophone d'allergologie qui se tenait la semaine dernière à Paris. Rien ne semble vouloir arrêter cette maladie du siècle: sur les deux dernières décennies, le nombre d'allergiques a été multiplié par 20 et l'Organisation mondiale de la santé prédit qu'une personne sur deux sera allergique à l'horizon 2050.

Mais pourquoi nos systèmes immunitaires ont-ils de plus en plus tendance à se dérégler et à vouloir nous défendre contre des molécules de notre environnement, au départ inoffensives? Nos modes de vie sont largement en cause: exposition à la pollution, confinement dans des intérieurs remplis d'acariens et de moisissures, apparition de nouveaux allergènes avec la multiplication de cosmétiques, solvants, produits alimentaires…

L'hérédité joue aussi un rôle puisqu'un enfant dont les deux parents sont allergiques a un risque de 60 % de le devenir également. «Mais l'augmentation importante des allergies alimentaires sur un laps de temps aussi court ne peut pas être expliquée par le seul facteur génétique. Ni les facteurs génétiques ni les facteurs environnementaux n'ont permis d'expliquer la cause des maladies allergiques», explique Valérie Siroux, épidémiologiste à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Épigénétique

Pour expliquer cette envolée du nombre d'allergiques, les chercheurs explorent donc une nouvelle piste: celle de l'épigénétique. «Notre mode de vie pourrait laisser dans nos cellules une “trace épigénétique”, éventuellement transmissible d'une génération à l'autre», affirme Jonathan Weitzman, directeur du Centre épigénétique et destin cellulaire de l'université Paris-Diderot, lors de la session consacrée à ce sujet. Avec l'épigénétique, nous sortons du «tout génétique»: ce que nous mangeons, buvons, ce que nous respirons et même notre comportement peuvent influencer l'expression de certains gènes dans l'organisme et faire le lit de maladies. Notre mode de vie va entraîner deux types de changements chimiques: des méthylations de l'ADN et des modifications des histones qui sont des protéines sur lesquelles s'enroule l'ADN pour former la chromatine. Ces «marques épigénétiques» vont moduler l'activité des gènes en les «allumant» ou les «éteignant».

Dans les allergies, les éléments scientifiques qui étayent le rôle des mécanismes épigénétiques sont de plus en plus nombreux. «Des expositions environnementales précoces, comme celles liées à la pollution atmosphérique, à l'exposition au tabagisme passif in utero, à l'environnement fermier ou encore à la prise d'acide folique (vitamines) pendant la grossesse, sont associées d'une part à des modifications de signatures épigénétiques et d'autre part à l'asthme», explique Valérie Siroux.

À titre d'exemple, la consommation de folates et de vitamines B1, B2, B12, peuvent augmenter la méthylation globale de l'ADN. Résultat: les enfants dont les mères ont consommé 500 microgrammes ou plus de folates par jour ont plus d'eczéma que ceux dont la mère en a consommé moins de 200 microgrammes.

Plus étonnant, ces modifications épigénétiques peuvent sauter les générations: en 2005, une étude a montré que les petits-enfants de grands-mères fumeuses avaient plus de risque d'être asthmatiques même si leur mère ne fumait pas!

Grossesse sans tabac

«Le lien entre pollution atmosphérique ou une exposition à la diversité bactérienne n'a pas été démontré dans l'allergie alimentaire. En revanche, des études épidémiologiques ont montré qu'un terrain allergique chez la mère est un facteur de risque d'allergie à l'arachide chez l'enfant. Parallèlement, des études chez la souris ont montré que cela était lié à des modifications épigénétiques», souligne Karine Adel Patient, chercheuse à l'Institut national de la recherche agronomique.

Pour cette dernière, ces données récentes pourraient permettre de mieux comprendre les effets des interactions entre la génétique et l'environnement et déboucher sur de nouvelles stratégies préventives et curatives. Mais le chemin est encore long avant d'y parvenir. Imaginez: il est maintenant admis qu'il existe des périodes critiques pour les modifications épigénétiques (la période in utero, la naissance et l'adolescence) et l'on sait que, contrairement aux mutations génétiques, les marques épigénétiques sont réversibles. Mais les mécanismes épigénétiques sont complexes et nous n'en sommes encore qu'aux balbutiements de la recherche. «Et attention de ne pas tomber dans le “tout épigénétique”», met en garde Valérie Siroux. En attendant l'avènement d'applications cliniques, les spécialistes de l'allergie délivrent un seul conseil: ne pas fumer pendant la grossesse. 

lefigaro.fr

 

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