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Une intelligence différente à chaque âge de la vie

Publié par MaRichesse.Com sur 28 Mai 2015, 19:39pm

Catégories : #CERVEAU, #LONGÉVITÉ, #SANTE-BIEN-ETRE

Une intelligence différente à chaque âge de la vie
Non seulement les capacités du cerveau ne déclinent pas systématiquement avec la vieillesse, mais elles peuvent même s'améliorer au long de l'existence.

 

Ce qu'on appelle l'intelligence, conçue comme un tout, est en réalité le résultat de nombreuses facultés mentales superposées. Il est courant de penser qu'elles évoluent selon une même courbe tout au long de la vie, avec un pic atteint entre 20 et 30 ans, à la manière des aptitudes physiques.

Mais le cerveau n'est pas un muscle, et selon une étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis, parue mi-mars dans la revue Psychological Science, les facettes de l'intelligence ne «vieilliraient» pas de la même façon, certaines ne faisant même que s'améliorer au fil des années.

Pour parvenir à cette conclusion, les professeurs de psychologie Joshua Hartshorne et Laura Germine ont recueilli les données de deux sites Internet (Gamewithwords.org etTestmybrain.org) proposant des tests de QI, de mémoire et de langage. Les réponses de 48537 individus âgés de 10 à 89 ans ont été analysées en fonction de l'âge et de la capacité mentale utile à la résolution de l'exercice demandé, de l'arithmétique à la perception des émotions.

Fluide ou cristallisée

Jusqu'ici, les spécialistes s'accordaient pour distinguer deux types d'intelligence, définis en 1971 par le psychologue britannique Raymond Cattell: l'une dite «fluide», comprenant la logique et la résolution de problèmes, l'autre dite «cristallisée», qui augmente tout au long de la vie par accumulation de savoirs ou d'expériences. «Mais d'après nos résultats, l'intelligence ne saurait être réduite à cette seule distinction», souligne Joshua Hartshorne.

Selon ses travaux, l'intelligence fluide, qui comprend les capacités de mémoire à court terme, de vitesse et de codage (remplacer des nombres par des symboles dans un temps limité, reproduire un dessin géométrique après 10 secondes d'observation), serait optimale entre 19 et 20 ans et diminuerait ensuite rapidement. «Ce résultat est concordant avec ce qu'on observe du cerveau par imagerie», indique le professeur en neurobiologie Bernard Sablonnière, de la faculté de médecine de Lille. «Le développement des connexions neuronales s'effectue jusqu'à 25 ans environ, mais les facultés cognitives rapides sont maximales de plus en plus tôt avec l'avènement d'Internet et des jeux vidéo», explique-t-il.

L'intelligence dite cristallisée, illustrée par des tests de vocabulaire, de culture générale, de compréhension, d'arithmétique et de similitude (savoir en quoi deux objets sont semblables), s'améliorerait au contraire tout au long de la vie et ne chuterait qu'avec la sénilité.

Autant de neurones mais moins de neurotransmetteurs

«Contrairement à une idée reçue, le cerveau ne perd que très peu de neurones en vieillissant. En revanche, la capacité de fabriquer des neurotransmetteurs diminue et le cerveau ralentit, pour ainsi dire», précise le Pr Sablonnière. «Mais certaines capacités peuvent rester performantes dans la vieillesse si elles ont été entretenues. C'est le cas de la mémoire des chauffeurs de taxi avant l'apparition des GPS, et c'est sûrement ce qui se passe avec le vocabulaire si l'on continue de lire, ou l'arithmétique si l'on a manié les chiffres pendants de nombreuses années», poursuit-il.

D'autres facultés ne pouvant être associées aux deux types d'intelligence connus ont émergé de ce traitement de données. Les meilleurs résultats dans les tests nécessitant une analyse de la situation (retrouver la partie manquante d'un objet, ou encore assembler des images pour retracer une histoire) et ceux impliquant la mémoire dite de travail ont été obtenus par les participants âgés de 25 à 35 ans. «La mémoire de travail nécessite le recours à plusieurs fonctions cognitives, dont les mémoires de court et long terme, pour réagir rapidement face à un problème donné», précise Claire Grand, psychologue libérale spécialiste du cognitif à Pringy en Haute-Savoie.

L'intelligence émotionnelle culmine à 48 ans

L'intelligence émotionnelle ne semble pas non plus dépendre des autres capacités intellectuelles. Mesurée dans cette étude par la faculté de reconnaître l'émotion d'un individu en ne regardant qu'une photo de ses yeux, elle culmine à 48 ans et ne décroît ensuite que très lentement.

«Nous avons démontré combien nous étions ignorants dans les domaines du développement intellectuel et du vieillissement. Mais cet axe de recherche est encore jeune et je pense que notre méthodologie, utiliser les données Internet pour la recherche, permettra beaucoup d'autres découvertes», explique le Pr Joshua Hartshorne. En effet, le test du quotient intellectuel permet de comparer les capacités mentales entre les individus plus que d'en définir les ressemblances. «Nous savons que l'intelligence cristallisée augmente tout au long de la vie car nous apprenons toujours même si la mémoire peut diminuer», indique Claire Grand. «Mais pour ce qui est des processus de logique ou de rapidité, par exemple, nous ne les relevons qu'au cas par cas chez les individus. En ce sens, l'agrégation massive de données Internet pour trouver des tendances est inédite», ajoute-t-elle. 

 Lefigaro

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