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Conseils, science, sante et bien-être


Mais qu'est-ce qui se passe dans nos têtes ?

Publié par MaRichesse.Com sur 11 Mai 2015, 10:44am

Mais qu'est-ce qui se passe dans nos têtes ?
Le directeur de l'Institut Pasteur de Lille publie l'histoire inédite des 100 milliards de neurones que constituent notre cerveau et de ses dysfonctionnements.

 

Il a le poids moyen d'une bouteille de 1,5 l d'eau (pour une baleine, il faudrait compter un pack de 6). Il ne représente que quelques pour cent de l'organisme complet mais «dévore» 20 % de son énergie. Ses cellules sont dotées d'une activité électrique intense. Il peut être victime de «sortilèges», entraînant «d'étranges maladies». Qui est-il? Pour le Pr Patrick Berche, auteur de Les Sortilèges du cerveau, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, passionné d'histoire de la médecine, «toute notre humanité gît en son sein». Les, à la louche, 100 milliards de neurones au travail dans le cerveau constituent bien plus qu'une «mécanique». Le «tout» est bien différent du fonctionnement individuel de chaque cellule. La complexité de leurs relations fait qu'il reste en grande partie une énigme. Pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayer de le comprendre aussi bien que nos autres organes. Et c'est d'ailleurs là comme pour les autres et aujourd'hui comme hier, que l'étude de ces maladies cérébrales va faire avancer les connaissances. Mais à quel prix.

Cette histoire «illustre la versatilité de la pensée médicale, influencée par les contraintes sociales, religieuses et culturelles. Les maladies changent de visage au cours du temps, selon les croyances, les préjugés ou les interdits», estime Patrick Berche.

Il est instructif de se remémorer les vives controverses et débats qui, de tout temps, ont entouré la «tête». À commencer par la pensée et l'âme. Où se situent-elles? Cœur, cerveau ou dans l'immatériel? Des premières descriptions anatomiques du cerveau à la découverte, même rudimentaire, de son fonctionnement, des neurones, des neuroleptiques, plusieurs siècles vont s'écouler. Au cours desquels tout et son contraire du plus fou au plus rationnel (on sait maintenant quels étaient les plus justes) seront affirmés, débattus parfois dans des ambiances explosives…

L'épilepsie en est un exemple. Le «grand mal» ou «mal sacré» est attribué aux démons et sorcières. Puis à la masturbation. D'où la recommandation d'un médecin anglais, vers 1880, d'utiliser la castration pour le combattre. Mais parallèlement, les études cliniques avancent. Même si certains médecins croient que la maladie est contagieuse. Au début du XIXe siècle apparaîtront les premiers traitements.

De son côté, la dépression a longtemps été appelée mélancolie, terme forgé à partir de la bile (cholé) noire (melan), produite par la rate (spleen) puisqu'un excès de cette substance est parfois signalé. Elle est décrite depuis l'Antiquité. Les remèdes proposés pour la combattre vont des saignées, des bains, des massages, de la musique, du lait d'ânesse aux régimes ou… au mariage. À l'émergence du christianisme, la mélancolie est associée au péché. On soigne donc les personnes atteintes par l'exorcisme, l'immersion ou l'épreuve du feu… Mais au XIXe siècle, on est pratiquement revenu aux traitements de l'Antiquité. Au début du XXe siècle, on utilise des traitements très agressifs, drogues, électrochocs ou lobotomie jusque dans les années 1970. Parallèlement, de nouvelles molécules apparaissent jusqu'à ce que leProzac ne devienne la drogue miracle de la dépression.

Les Sortilèges du cerveau, Pr Patrick Berche, Éd. Flammarion, 448 pages, 22 €.

 

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