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Conseils, science, sante et bien-être


Grossesse : Arrêtez d'embêter les futurs parents avec vos conseils foireux

Publié par MaRichesse.Com sur 17 Mai 2015, 02:38am

Grossesse : Arrêtez d'embêter les futurs parents avec vos conseils foireux

Cela va du bon conseil d'amie sur l'allaitement au top 10 des choses à éviter pendant la grossesse, en passant par les injonctions sociales qui irriguent la société en profondeur. C'est ainsi: devenir père ou mère fait de vous un sujet de débat permanent. Or beaucoup de ces conseils véhiculent, plus ou moins à dessein ou parfois totalement inconsciemment, une certaine vision de la parentalité. Souvent, cette vision est sexuée et fonctionne comme un rappel à l'ordre qui procède d’une forme d’essentialisation subite et brutale pour les deux sexes. 

 

1.Être un sujet de débat permanent

Pour les mères, la maternité est une expérience singulière d’essentialisation: être vue comme une mère avant d’être une personne, c’est un sacré changement. La grossesse, le fait de se faire sans cesse adresser la parole par des inconnues qui font des commentaires sur votre corps ou que des individus prennent des initiatives étranges comme toucher votre ventre, est déjà de ce point de vue un moment très particulier: votre état dépasse votre personne.

Pendant ce temps, le futur père vit une expérience moins visible mais tout aussi troublante… Les injonctions commencent à pleuvoir: il faut savoir que sur ce grand plateau de débat improvisé (imaginez une arène à la David Pujadas ou Arlette Chabot avec dix tables qui se font face), les pères sont pris pour des idiots.

Ça commence aux cours de préparation à l'accouchement –le cauchemar des couples pudiques qui pensaient jusqu'ici conserver un certain mystère dans leur vie quotidienne. Là, dans les salles feutrées d'une maternité, on s'adresse quasi exclusivement aux femmes, en n'oubliant jamais d'évoquer le rôle des futurs papas:«Bon, et il faudra être gentil avec elle hein, lui faire des massages, lui préparer des bons dîners...» ou «Pour aider la maman, vous pouvez commencer à préparer le sac de maternité avec elle, d'accord?».

Par petites touches, on installe un état de fait: les pères sont d'abord et avant tout considérés comme «annexes» et «complémentaires». Ils ne sont pas au centre du jeu. La mécanique est en place. Et, tout commence là, il faut trouver sa place au père. Mais que faut-il partager et que faut-il garder pour soi? Faut-il discuter épisiotomie et césarienne avec son compagnon? Et par exemple, comment gérer la délicate phase de l’accouchement?

En soi, l'accouchement est une vaste période d'objectivisation du corps. Ces moments sont laissés à la discrétion des médecins, qui ont alors le pouvoir. Il faut leur faire confiance. Ainsi, on se retrouve dépossédée, alors que le recours à la césarienne ou même à la péridurale diffère selon les pays. On ne parle plus d’infantilisation mais de biopouvoir, pour reprendre le terme de Foucault. Rien de grave si l’accouchement se passe bien. Mais la frustration de ne pas être associée à des choix qui concernent votre propre corps est difficile à vivre.

Le mieux reste d’en parler à ses paires. Quitte à entendre tout et n'importe quoi. Enceinte, c’est ainsi, on écoute les pires récits d’accouchement de copines, de collègues, de cousines etc. On préserve les pères de ces histoires sanglantes, terribles, fatales parfois. Les militantes de l’accouchement naturel qui ont éprouvé un bonheur fou à maîtriser ce moment en parlent, les fans de l’allaitement comme celles qui sont contre s’adressent aux futures mères, cherchent à les influencer. Et déjà des modèles, des visions du corps, de la place de chaque parent, se dessinent et se contredisent.

Mais rassurez-vous: les pères aussi font l'objet de sollicitudes. Ils peuvent même trouver des oreilles attentives et compréhensives aux «réunions papas». Si, si, ça existe. Organisées dans certaines maternités à l'heure de l'apéro, elles réunissent des pères anonymes qui peuvent ainsi confier leurs doutes les plus intimes devant des inconnus. Là, on reprend tout à la base, pour «conscientiser», disent les sages-femmes. Autour d'un plateau de cacahuètes, les pères qui ne se connaissent ni d'Ève ni d'Adam converseraient ainsi gaiement, sans honte ni tabou. Une véritable infantilisation qui paniquerait même ceux qui, jusqu'ici, se sont fait confiance. 

 

2.Apprivoiser son futur enfant

C'est là que les papas échangent sur l’haptonomie:

«Tu as parlé à ton gosse pendant la grossesse? Tu as touché le ventre de la mère ?»

Mais personne n'a trouvé ça bizarre de parler à un nombril?! Ces questions qui brisent l'espace privé pour faire entrer le ventre de la femme dans un espace public font monter la pression. Pour certains couples, elles peuvent s'avérer oppressantes, gênantes. Car, même sans leur attacher une importance démesurée, on se pose forcément ces questions. On angoisse.

On se remet en question: suis-je en train de louper quelque chose? Et on finit malheureusement par culpabiliser: suis-je vraiment normal dans le fond? Avant même la naissance, cette atmosphère nous imprègne, qu'on le veuille ou non.

En réalité, on n’est pas obligé d’avoir besoin d’une méthode ou d’une tierce personne pour sentir la présence de son bébé. On peut aussi, tout simplement, ne pas en avoir envie.

Dans les magazines, c'est tout l'inverse: les conseils concernant l'accouchement sont souvent étranges. Celui-ci par exemple:

«Pendant l’accouchement, certains hommes servent de punching-ball aux futures mamans, qui se mettent en colère contre eux, les agressent, s’agrippent nerveusement à eux… Alors, si c’est ce dont votre femme a besoin dans ce moment difficile, prenez sur vous, et acceptez de jouer le jeu.»

Lire la suite... http://www.slate.fr/story/100589/parents-conseils-foireux

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